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Erik Samakh

L'homme nature

De son travail fondu dans la nature

à ses oeuvres alliant la haute technologie

Paris, Galerie Michèle Chomette

Du 11/03/10 au 07/05/10

 

   

   

 

   

    

 

 

Visite de son exposition par Erik Samakh, galerie Michèle Chomette, le 12/03/10.

E.S. : « Au début l’exposition commence par la rencontre de deux cannes sonores posées à même les murs de l’entrée. Elles font partie d’un ensemble de 34 cannes sonores en aluminium thermolacté.  Elles sont modulaires et je peux les adapter complètements à une salle. Elles sont acoustiques, mais je peux aussi rajouter des sons numériques, de la voix, de la flûte… Souvent je les suspend dans l’espace. Ici, grâce à elles, le visiteur  entre dans directement dans mon univers. Le regard se porte ensuite immédiatement sur une vidéo, face à l’entrée, qui montre le détail d’un lézard qui respire. Et puis il y a deux images aux murs réalisées au Cameroun : ce sont une les clés de l’exposition,  mais le visiteur ne le découvre qu’en lisant le titre. C’est d’ailleurs un voyage que j’ai fait l’hiver dernier.

Dans cette exposition, il y a des images que je n’ai jamais montrées. Ce sont des autoportraits. Je les fait depuis très longtemps puisque celles-ci datent successivement de 1976, 1986, 1988, 1989, 2000, 20006, 2001, …. Il y en a une réalisée à Kyoto dans le jardin des  mousses avec des bambous qui sont une de mes passions. Là c’est à Verdun, dans une forêt qui a été plantée et qui est comme une brousse. Ici c’est chez moi, dans les Hautes-Alpes,  en 2001. J’ai toujours réalisé ce type d’autoportraits.

Celui là, est un des derniers portraits. C’est chez moi et je viens de dépecer un sanglier. J’ai mis la peau sur moi. Est né tout à coup ce personnage à la fois mi humain mi animal. C’est une expérience que je veux poursuivre. Sauf que c’est très difficile à faire. C’est une synergie. Cela se passe ou pas. Avoir une peau molle d’animal, une tête fraîche, la pleine lune, mes enfants autour, c’est toute une bande qui est là ( !), c’est chez moi, et il fallait que cette photo se fasse. C’est cette photographie qui a donné envie à Michèle Chomette de suivre cette expérience et de dévoiler ce choix d’images. Je voulais exposer quelque chose que je personne n’avait jamais encore vu.

De plus, dans cette exposition,  nous sommes aussi entourés d’une expérience sonore. J’ai tout simplement sonorisé l’extérieur pour que ce soit comme un véritable paysage sonore. Le visiteur entend la rue Beaubourg avec des enregistrements de voitures mêlés à des chants d’oiseaux. Il se fait attraper par cela. Pour continuer les photographies… là je suis avec ma perche de travail. Souvent je demande à quelqu’un de faire la photographie. Je me mets en situation, je crée la scène. Ce sont des conceptions. Comme le fait Philippe Ramette. Je suis dans la nature mais il me reste les signes de la technologie, mon matériel, ma montre, ma ceinture qui ne me quitte jamais. Ici c’est Chambord, avec un sanglier pendant une battue… Là cela se passe sur la côte espagnole…. Là en Amazonie…

La deuxième salle apparaît totalement différente, nocturne, avec les Lucioles de Chaumont-sur-Loire et la réalisation d’un bassin dans une étable énorme. Quand on arrive dans l’exposition, on tombe aussi sur cette porte ouverte de la photo du Bassin. C’est symbolique.  Il y a tout dans cette exposition. Le travail en situation et des réalisations.

Par la suite, j’ai un très beau projet avec le Centre d’art d’Embrun.  Je vais y créer des serres solaires. L’exposition s’intitule « Effet de serre ».  Les serres sont comme des modules de verre, à la fois transparentes, à la fois lieu d’expérimentation, habitacle, lieu d’habitation, sonore et lumineux. Mon œuvre se trouvera sur un belvédère. Il y aura un effet à la fois aquatique et lumineux. Ce travail se verra à partir du 4 juin C’est un projet qui va me mener sûrement en Italie. Cela me fait plaisir de travailler là où j’habite dans le Hautes Alpes.Dans mes autres projets il y a celui de la Nuit Blanche. Martin Bethenod m’a fait une superbe proposition autour de l’Ile saint Louis…. » Et Erik Samakh de citer Paul Ardenne pour conclure cet entretien : « Erik Samakh ne pénètre pas la nature, il ne l’investit pas comme nous autres le faisons le plus clair du temps, en passagers. Plutôt, il est habité par elle autant que fusionné à sa manière, jusqu’à ce point, l’énigme ».   

Lire l'annonce dans le Mag et le portrait réalisé en 2002 dans la rubrique Rencontres.

« Images bruissantes. Mirages sonores. 1976-2010 », Galerie Michèle Chomette, 24, rue Beaubourg, 75003 Paris. 01 42 78 05 62. Du 11/03/10 au 07/05/10. (Légendes :1, 2, 3 - Portrait aux trois lézards, Saint Georges de Didonne  1976  1/7, Impression jet d'encres aux pigments noir et blanc sur papier Hahnemühle, Photo Rag Baryta, 40 x 60 cm, sous passe partout  60 x 80 cm; Equilibre d'un lézard sur une pierre, autoportrait  1989  1/7  et lézard ocellé, biennale de Barcelone, Impression jet d'encres aux pigments sur papier Hahnemühle, Photo Rag Baryta, marouflé sur Dibond, avec châssis arrière  108 x 80 cm; Côte Sauvage, autoportrait  1985 1/7; Impression jet d'encres aux pigments noir et blanc sur papier Hahnemühle, Photo Rag Baryta, 60 x 40 cm, sous passe partout 80 x 60 cm, Prise de vue Krista Nemcsok; 4, 5, - "les flûtes de papawitish", 2007, Chicoutimi Québec; 6 - "Les flûtes des fées"; Rencontres art nature 2007, Cotteuge, Massif du Sancy, photographie Marc Dommage; 7 - les flûtes de Lontan, ile de la réunion, 2008: 8-9-10 - Lucioles; Château de Chaumont sur Loire, 2008, photographie Marc Dommage; 11, 12, 13 - "Deux pièces d'eau", abbaye de Maubuisson, 2006, photographie Marc Dommage; 14 - "Palais d'eau et crapauds", Parc metropolitan Santiago du Cjili, photographie Erick Samakh; 15 - "Lézard vert N°1", 2007, installation vidéo de plasma 03, château de Lauris, France, collection du FNAC.)

 

 

 

 

Montage de l'exposition

"Marnie Weber

Grenoble, le Magasin

Du 07/02/10 au 25/04/10

 

 

Film : copyright:  Magasin - Centre National d'Art Contemporain de Grenoble.

"Marnie Weber", Magasin, Centre National d’art Contemporain, Site Bouchayet-Viallet, 155 cours Berriat, 38000 Grenoble. Tél. : 04 76 21 65 25. Du 07/02/10 au 25/04/10. www.magasin-cnac.org.

Pour voir l'article dans le Mag, rubrique art contemporain en cliquez ICI

Pour voir le Portfolio, cliquez ICI

 

 

 

 

 

 Performance d'Alex One et Oxmo Puccino

à l'Espace culturel Louis Vuitton

le 18/06/09

 

Vidéos Christine Barbe

 

« …Nous avons reçu Skki qui fait parti des grands noms du graffiti en France.  Il a commencé à travailler sur le mur de Berlin à l’époque où il fallait le faire et où on pouvait encore le faire. Aujourd’hui, nous accueillons Alexone, le premier Alexandre après Alexandre Le Grand ( !) qui va exprimer son art de manière oedipienne…. Si je dit cela ce n’est pas parce qu’il a un problème avec sa mère,  mais parce qu’il a développé un style reconnaissable parmi tous. Comme vous le savez, le graffiti c’est d’abord le signe. Il faut avant tout développer une manière d’écriture qui puisse se reconnaître avant toutes les autres. Ces écritures oedipiennes ont quelque chose de très aérien, très elliptique et qui forment un alphabet  indéchiffrable tout comme les plaque Rongo de l’île de Pâque, qui sont à la base de cette exposition et à partir desquelles celle-ci a été construite. On part  donc du plus ancien pour arriver au plus jeune. Il  a toute liberté pour aller sur les murs, le sol,  le plafond, le graffiti ayant l’art de déborder !  Et puis au fur et à mesure de son travail nous allons rejoindre Oxmo Puccino  et ses poèmes… »

Emmanuel de Brantes

 

Texte d''Oxmo Puccino tiré de "Mines de cristal", éditions Au Diable Vauvert :

Un jour Tony m’a dit « Ox, t’as trouvé plus de joie

Dans la tristesse que toi dans la joie »

Plus qu’un p’tit coup de pouce de l’extérieur

Mon flow réconforte ceux dont les pics poussent

    vers l’intérieur

J’tire ta peine vers le haut

Que ton plasir atteigne des sommets

Grimpe, c’est moi le capitaine de ce bateau

Ma sève est mélodique, savais-tu qu’un cactus avait

     une fleur

Au milieu des piques se cache un cœur

On t’a offert un cactus de Sibérie

En effet c’est moins pénible

Qu’un bouquet qui fane

Pourquoi je garde mes fans

Car les yeux fermés, les aiguilles

Se transforment en pétales

Espace culturel Louis Vuitton, 60, rue de Bassano, 75008 Paris. www.louisvuitton.com/espaceculturel

 

 

 

 

 

Betty Bui

Candel’arbres, un projet de Ré-Union

Leu Tempo Festival à Saint-Leu, L'Île de la Réunion, mai 2009

 

 

 

     

   

   

 

"Candel’arbres, un projet de Ré-Union

Leu Tempo Festival à Saint-Leu, L'Île de la Réunion, mai 2009

Réalisé en collaboration avec Vincent Athéa

 

Descriptif :

Deux plans en contreplaqué s’emboîtent pour former des arbres, tous identiques.

Système de tuyau à l’intérieur des plans bouteilles de gaz butane

Quantité : 10

Dimensions : 250 x 111 cm

 

 

In-tensions :

 

Une forêt d’arbres en contreplaqué est installée au milieu de palmiers et de cocotiers du Parc du 20 Décembre, à Saint-Leu, La Réunion. Ils émettent du feu, vecteur de chaleur et de lumière, comme des guides lumineux, le soir, pendant le Festival. Cette forêt est devenue à la fois un lieu de rendez-vous et un moment d’apprentissage du feu. Le libre accès au lieu, rendu possible grâce à la présence d’un pompier et au bon vouloir du service de sécurité, a permis aux enfants comme aux plus grands de pouvoir se familiariser avec les flammes émises par les Candel’arbres, de les toucher, frôler, tester, sentir… L’air et le vent ont été le jeu d’allumages et de réglages des flammes par les visiteurs eux-mêmes qui pouvaient « jouer avec le feu », sans interdiction, mais avec vigilance.

 

Conçu comme un dispositif sculptural qui a comme intention de Ré-unir les visiteurs d’une île aux divers métissages de races, de religions et de cultures, dans un parc qui commémore l’abolition de l’esclavage (le Parc du 20 Décembre), ces arbres aux formes simplifiées nous lient par le feu, élément d’attraction collective. Ils utilisent leur inflammabilité non comme une faiblesse mais bien comme un signe de force. Ces arbres symbolisent notre position d’homme en révolte, droit debout, en groupe ou seul.

 

Cette mini-forêt a été le lieu de rencontres, discussions, promenades, de jeux… Pendant cinq nuits et aussi le rendez-vous des amoureux dont les arbres tenaient la chandelle."

Betty Bui

Images, de haut en bas et de droite à gauche : Avril 2009, plans: avril 2009, maquette; avril 2009, préfigurations; le 3 et 10 mai, réalisation des "Candel'arbres" et essais sur site; grande image, du 12 au 16 mai, soirées du festival Leu Tempo; film 11 mai, mise au point de l'installation au Parc 20 décembre, courtesy 2009, après production/ en quêtes production;courtesy Betty Bui.   

 

 

 

 

 

Aki Kuroda

La naissance de l'oeuvre "You are a secret garden"

Galerie Maeght du 14/05 au 18/07/09

 

 

            

            

            

            

            

            

   

Aki Kuroda : « Ma dernière série de tableaux s’intitule « Cosmojungle ». Et celui-ci plus précisément « You are a secret garden ». Mon sujet depuis une vingtaine d’année était « cosmogarden ». Ce qui veut dire que tout est jardin : le corps, la ville, le jardin, vous, moi…Tout y existe. Son histoire, celle du monde. Et tout cela bouge. Il y a des vagues, des changements en permanence. Tout se passe entre la troisième et la quatrième dimension. Et il faut toujours trouver une pièce sans limite. Toujours trouver autre chose, encore autre chose…

Le mot clé de mon travail est « inside out/ Outside in »… Vous savez, j’aime me promener en ville. Celle-ci m’envahie. Et, au bout d’un moment, c’est mon esprit qui vient à elle. Une sorte d’intériorité qui sort. Là, je crée mon coin secret. C’est un endroit où la vie quotidienne devient plus forte, plus dynamique. Car je ne suis ni japonais, ni français. Je suis déraciné. Donc j’ai besoin d’avoir toujours le sentiment de vivre de manière plus dynamique avec cette ville qui devient de plus en plus mon sujet.  

Au départ, mes « tableaux jardins » étaient travaillés morceau par morceau. Maintenant existe plutôt l’accumulation de toutes les choses. Le jardin se métamorphose ainsi en une jungle. Ceci correspond d’ailleurs à mon travail fait avec la chorégraphie, les grandes statues, le Minotaure, le vaisseau spatial…tout comme mon travail réalisé en collaboration avec des architectes. Il y a une fusion très forte entre nous tout en restant totalement autonomes. Donc, je travaille aussi réellement « dans » la ville puisque, entre autre, je viens de  réaliser l’année dernière trois collaborations avec des architectes au Japon. Aujourd’hui, je propose mon idée à l’architecte. Et nous avançons toujours morceau par morceau. C'est comme une promenade. J’ai ainsi participé au Japon à Tokyo Dôme, une salle de concert rock. J’ai commencé par la création de 20 mètres sur 5mètres et ils m’ont donné ensuite un mur de 70 mètres puis le sol et le plafond ! C’était formidable. Nous avons ajouté et transformé des choses. Il faut ainsi que la ville tourne autour de l’art…. il faut intégrer des installations complexes qui communiquent avec les gens. Car des liens doivent se tisser entre les gens et la sculpture. La peinture doit agir de la même façon.

C’est pour cela que je travaille toujours sur des choses simples, avec peu de moyens et je crée de l’espace…

Comme je l’ai déjà dit, j’aime la ville et ses cafés. J’attends toujours, chaque jour, la découverte de quelque chose à la terrasse d’un café. Je croise des visages différents, des expressions d’étonnement que j’aime.

Maintenant, j’ai envie de créer mon propre plan de Paris. Là, çà devient beaucoup plus intéressant. J’aime aussi me promener car je circule dans l’espace et l’espace c’est aussi le théâtre, la peinture, la vie.

Dans ce tableau, « You are a secret garden », il y a de nombreux détails. Ici, une tasse de café. Là, mon lapin qui a pris dans mes tableaux la place du Minotaure devenu trop historique et faisant référence à la revue "Minotaure" qu’achetait mon père. Le lapin est une sorte de guide comme dans « Alice au pays des merveilles » mais dans le labyrinthe d’Aki Kuroda ! Le labyrinthe, c’est la peinture, moi, vous… Il y a aussi plusieurs figures avec toujours les mêmes ombres portées. Et de nombreux animaux, des monstres. Au milieu du tableau, il y a un grand animal architectural. Il fume et possède une porte qui s’ouvre. Bien sûr, il y a aussi les bulles, Ce sont des sphères parfaites dans le chaos, et autour des sphères, d’autres bulles,  de savon cette fois, imparfaites, comme de la gélatine, très « suit ». Et en même temps, c’est l’univers, la terre. En haut, on voit des poissons qui sautent. Et encore des plantes vertes qui sortent de la ville. Partout dans la toile, on retrouve aussi des gens en gribouillis, le visage étonné. C’est une expression que j’aime bien. Comme également le visage d’une jeune fille en extase.

En fait ce tableau est la représentation de ma conception de « la ville », de son histoire, de l’Histoire, de l’histoire de l’art, etc… Il se résume à l’histoire de trois jeunes filles qui rêvent et de la fusion de leur rêve avec celle de l’artiste et de celui qui regarde le tableau. C’est la base même de la peinture lorsque l’on travaille avec la vie réelle.

 

Entretien réalisé par Anne Kerner le 05/05/09

"Aki Kuroda. Cosmojungle", galerie Maeght, 42, rue du Bac, 75007 Paris. 01 45 48 45 15. Du 14/05 au 18/07/09. www.maeght.com

Le 29/05/09, Ballet d'Anjelin Preljocaj et Aki Kuroda, Pavillon Vendôme, Aix-en-Provence.

Images : photos Christine Barbe, (diaporama Julien Canavezes), courtesy Aki Kuroda, galerie Maeght.

 

 

 

 

 

Damien Aspe

La réalisation de l'oeuvre "Breakout" 

de l'exposition "Update 1.0"

A Lieu Commun et à la galerie Sollertis à Toulouse

du 07/05 au 06/06/09

 

     

     

     

 

 

 

 

Damien Aspe nous avait habitué à des œuvres colorées comme « From Russia with fun », une représentation en volume du célèbre jeu vidéo « Tétris » montrée au Centre Pompidou en juin 2008. Toujours obsédé par le monde numérique, il dévoile à Toulouse de nouvelles œuvres où il jongle à nouveau dans sa sphère préférée. Des jeux vidéos vintage des années 80 aux standards derniers cri, il sort de leur monde figé les formes pixellisées et gravées dans les machines pour réaliser des œuvres qui entraînent le visiteur dans un univers mystérieux et totalement stylisé. Attaché aux courants artistiques conceptuels et minimaux, il s’en détache pour matérialiser la plateforme informatique ou dénoncer l’instabilité de l’industrie informatique. Dans l’œuvre en construction montrée ci-dessus, intitulée « Breakout - 2009 », il a aménagé un mur en briques de 3 X 2 mètres associé à une boule d’acier chromé d’un mètre de diamètre. Cette œuvre sort tout droit d’un jeu vidéo intitulé "Le casse-brique" paru en 1976. Il est également directement inspiré du « Pong », premier jeu vidéo commercialisé en 1972. Cette pièce symbolise la libération des systèmes de productions, de communications et de connexions que nous connaissons actuellement grâce à l’évolution de l’informatique. Ici, d’une part, l’on peut imaginer l’isolement social dévolu à l’informatique avec le mur. Et d’autre part,  l’ouverture sur un nouveau monde, cette fois, par le trou dans le mur.

"Damien Aspe, Update 1.0", Lieu Commun-Espace d'art contemporain, 25, rue d'Armagnac, 31500 Toulouse. 05 61 23 80 57. www.lieu-commun.fr et Galerie Sollertis, 12, rue des Régans, 31000 Toulouse. 05 61 55 43 32. www.sollertis.com. Du 07/05 au 06/06/09. Images : photos Damien Aspe 

 

 

 

 

L'artiste SKKI

réalise une performance autour de l'oeuvre du

graffeur SUN7

à l'Espace culturel Louis Vuitton le 12/05/09

 

Aux côtés d' "Ecritures silencieuses", une salle consacrée à des performances. Le 12 mai, ce fut au tour de l'artiste SKKI de réaliser une "action" à partir de l'oeuvre du graffeur SUN7.  SKKI s'est partiellement "emballé" de film plastique transparent, aspergé au pinceau de peinture rouge et s'est lançé contre le mur. Ecriture du corps se mêlant à l'écriture de la main, avec des airs de graffiti des années 70 et de happening des années 60... SKKI écrivant à la fois sur une feuille et dans l'espace. Danse aussi sur une musique orientale. Gestes "performeurs". Méditer, peindre, se mouvoir, écrire dans un mouvement unique de plus d'une heure. Telle est apparue cette expérience finissant par une installation totale de la pièce du sol au plafond. Le "bleu Klein" métamorphosé en rouge ?

"Espace Culturel Louis Vuitton", Dans le cadre "Ecritures silencieuse", la performance de l'artiste SKKI le 12/05/09, 60, rue de Bassano, 101, avenue des Champs Elysées, 75008 Paris. 01 53 57 52 03. www.louisvuitton.com.

 

 

 

 

Valery CHTAK

 

En exclusivité, l'élaboration de son installation

"Anarchisme. Hassidisme. Agnostisme" à la galerie.

Galerie Orel Art du 27/03 au 30/05/09

 

      

    

              

    

 

 

 

Depuis plusieurs décennies, l’art russe montre ses dents ! Des artistes internationaux comme Oleg Kulik et Andrei Molodkin se sont révoltés et se révoltent encore dans leurs œuvres, photo, peintures ou vidéos. Et choquent encore comme Molodkin en ce moment même au Royaume-Uni. Les jeunes artistes comme Valery Chtak poursuivent cette violence sur l’état de l’art et de la société. Et à 27 ans, son art ose. Ose fort. Par des installations spectaculaires qui ressemblent à des « Merzbau » d’aujourd’hui. Un sorte d’univers, de monde chaotique qu’il invente avec tout ce qu’il trouve et qui l’intéresse. Peinture, cartons, dessins, meubles qu’il visite et revisite jusqu’à les incorporer dans ses installations qui envahissent des pièces entières comme à l’exposition « Moscopolis » à l’espace Louis Vuitton et aujourd’hui à la galerie Orel Art qui lui propose sa première exposition personnelle en France. Chtak projette aussi dans son œuvre son personnage nourrit de plusieurs cultures, de plusieurs langages, de plusieurs vecteurs. Et le jeune homme de se coiffer d’un chapeau comme Beuys, de graffer comme Basquiat, de construire son univers comme Schwitters. Ici, l’art se projette sur les murs, le sol, des cartons accueillent des inscriptions magiques, kabbalistiques. Et se mélangent l’anglais, le français, l’hébreu, le russe dans un amalgame qui montre l’éclectisme apocalyptique du monde. Et l’artiste d’attendre que l’on déchiffre ses codes, que l’on découvre son œuvre pour mieux se l’approprier. S’en investir.   

"Valérie Chtak. Anachisme. Hassidisme. Agnostisme", Galerie Orel Art, 40, rue Quincampoix, 75004 Paris. 01 47 20 22 54. Du 27/03 au 25/04/09. www.orelart.com. Images : photos de l'artiste et de la galerie Orel Art.

La galerie ouvre un deuxième espace de 350m2 à Londres avec une expositions d'Andrei Molodkin, "Liquid Modernity", 7, Howick Place, London SW1. A partir du 22/04/09.

 

 

 

 

"Jean-Luc Bichaud, Le Bal décisif

(hommage à Raymond Hains)",

Musée Robert Dubois-Corneau, Brunoy.

Du 20/03 au 08/11/09.

 

Jean-Luc Bichaud présente les différentes étapes de la réalisation de son oeuvre "Le Bal décisif (Hommage à Raymond Hains)",  exposée au Musée Robert Dubois-Corneau.

Avec le lieu et la salle où va être exposée son oeuvre, les dessins préparatoires et le travail final in situ. Un texte de l'artiste et de la conservatrice du musée Anne-Laure Saint-Clair, donnent également les explications sur la réalisation de son travail.

 

     

 

Photo : Thomas Hennocque

Le bal décisif (hommage à Raymond Hains*).

Par Jean-Luc Bichaud

 

La ville de Brunoy est liée historiquement à la forêt de Sénart toute proche où Louis XV aime à chasser et à Etiolles car la future marquise de Pompadour est, par son mariage, Jeannne Antoinette d’Etiolles. C’est dans la forêt de Sénart que Louis XV voit pour la première fois sa future maîtresse. Quand louis XV invite La Pompadour au bal masqué (dit le bal des ifs) immortalisé par Cochin, louis XV est déguisé en if taillé et la Pompadour en bergère…

Le bal décisif / le bal des six ifs est la rencontre de la nature " à la française" et d’une bergère. C'est une sculpture qui met en rapport le végétal cultivé, un élément de mobilier qui, outre le déguisement qu’arbore la Pompadour ce fameux soir, renvoie à la culture raffinée de cette époque et d’un carottage de milieu vivant (tube d’eau et de poissons) ; ce dernier renvoie évidemment au nom de jeune fille de la Pompadour comme il symbolise aussi l’élément incongru, déplacé (au sens propre du terme ici) de ce rapprochement entre la royauté et la bourgeoisie, comme aussi peut être l’idée d’un sang neuf (rouge) différent du sang bleu, etc

L’ensemble peut évoquer la chaise à porteur, très en vogue à cette époque. L’aristocratie et la grande bourgeoisie se fait transporter ainsi ; plus prosaïquement, l’acte sexuel est aussi l’occasion d’un transport, ce qui conforte la métaphore sexuelle.

Placée dans ce salon décoré de roses (qui renvoie à la favorite dont c’est la fleur d’élection), la sculpture conserve sa force subversive grâce à l’incongruité des matériaux qui la composent et par sa situation dans la pièce.

Cette sculpture est aussi l’histoire d’un équilibre, physique et visuel :

Placée de biais dans la largeur de la pièce, elle barre visuellement et physiquement la pièce. La linéarité induit une direction, le mouvement de la promenade est rendu par le va-et-vient des poissons rouges dans le tube.

Deux masses posées au sol soutiennent la troisième, suspendue, en équilibre, en pleine lumière devant la fenêtre.

J-L Bichaud

* il existe une installation de Raymond Hains sur autour du logo Citroën (vue chez Templon, il y a des années) où, entre autres, il y a « six troènes » en pots comme élément dans l’exposition ; j’ai toujours gardé cela en mémoire… mon installation y fait explicitement référence.

 

Le Bal Décisif. Jean-Luc Bichaud. 

Par Anne-Laure Saint-Clair.

 

Ifs en pots, fauteuil bergère, tube de méthacrylate et pvc, pompe, métal, eau et  poissons rouges, 2009

Fille d'une sangsue et sangsue elle-même,

Poisson, d'une arrogance extrême,

Étale en ce château sans crainte et sans effroi

La substance du peuple et la honte du roi.[1]

Inspirée du dessin de Charles Cochin, Le Jeune (1715-1786) - Décoration du bal masqué donné par le roi dans la grande galerie du château de Versailles à l'occasion du mariage de Louis, dauphin de France, avec Marie-Thérèse, infante d'Espagne, la nuit du 25 au 26 février 1745 - l'installation de Jean-Luc Bichaud fait écho au célèbre "Bal des Ifs", dans une mise en scène décalée où les protagonistes de premier rang, Louis XV et Madame d'Etiolles, future marquise de Pompadour, apparaissent sous des formes incongrues.

Louis XV revêt l'allure d'un if, accompagné de cinq semblables, alors que Madame d'Etiolles, costumée en bergère, se fond parmi les jolies femmes qui entourent le monarque. Cet if timide, contant fleurette à cette ravissante personne, est une allusion certaine à l'idylle naissante entre le souverain et la belle chasseresse, récemment rencontrée en forêt de Sénart.

Calembour visuel, le bal décisif orchestré par Jean-Luc Bichaud convie avec humour six ifs, un fauteuil bergère et quelques poissons rouges nageant en eau trouble, dont la présence rappelle subtilement les origines roturières de la maîtresse royale, née Jeanne-Antoinette Poisson, dont l'ascension fulgurante donna lieu à de nombreuses "poissonnades".   

Jean-Luc Bichaud s'inspire et joue du lieu qu'il investit, recouvrant la bergère d'une tapisserie aux motifs floraux agrémentés de nœuds, en élégante résonance aux moulures et boiseries du petit salon. La guirlande de roses ornant le trumeau pourrait alors évoquer les rubans de fleurs qu'aimait porter Madame de Pompadour.

Anne-Laure Saint-Clair

[1]   Extrait d'un pamphlet de Bernard Marie Jules, comte de Résséguier (1788-1862), poète français emprisonné à Pierre-Ancise pour ses vers contre Madame de Pompadour.

 

"Jean-Luc Bichaud, Le Bal décisif (hommage à Raymond Hains)", Musée Robert Dubois-Corneau, 16, rue du Réveillon, 91800 Brunoy. Tél : 01 60 46 33 60. http://www.ville-brunoy.fr. Du 20/03 au 08/11/09.
Accès : RN6/Centre ville - RER D/Brunoy
Plan :
http://tinyurl.com/museebrunoy
Entrée libre
Ouvert tous les jours sauf les lundi, mardi, jours fériés et mois d'août.
Du 1er octobre au 30 avril : de 14h à 17h
Du 1er mai au 30 septembre : de 14h à 18h
www.jeanlucbichaud.fr