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Pierrick Sorin

Une rencontre

Nantes, le Lieu Unique

Du 11/06/10 au 29/08/10

Un café, tout à côté de sa galerie, rue Vieille du Temple, à l'ombre des jardins du musée Picasso. Pierrick Sorin commande un pastis et s'assoit. Juste avant de reprendre son train pour Nantes où il vit et travaille. Aller-retour sur Paris. Pour rajouter deux nouvelles pièces à son exposition. C'est l'heure du déjeuner. Le café bat son plein. "A Paris, j'ai du mal à m'habituer à ce qu'il y ait des gens partout.  En tant que fils unique, j'ai été habitué au calme... A.K.

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"Pierrick Sorin. Rétrospective/ Prospective !", Le Lieu Unique, quai Ferdinand-Favre, 44000 Nantes. www.lelieuunique.com. Du 11/06/10 au 29/08/10.

Gérard Gasiorowski

L’art à mort

Nîmes, Carré d'Art

Du 19/05/10 au 19/09/10

Il se posait sans cesse des questions. Interrogeait sans cesse l’histoire de l’art. Les Anciens. Les contemporains. Il passe avec une facilité déconcertante de la figuration hyperréaliste à l’abstraction ou la fiction, de la virtuosité à la croûte. Et n’en peux plus de jongler avec l’irrévérence, l’hommage, la gravité, l’ironie… ! « Très vite et instinctivement je me suis fait une sorte d’Histoire de l’Art. … J’ai toujours une édition de poche d’Elie Faure afin de l’emmener. J’ai même mis de la peinture sur la couverture et j’ai peint les tranches, pour que cela soit comme une objet de peinture, et je tripote ça tout le temps, c’est même ma bible », expliquait l’artiste en 1986, quelques mois avant sa mort. L’exposition montre tous ces allers-retours, ses rapprochements et ses disgressions, ses contradictions. Et l’on retrouve ses célèbres séries comme « Kiga » (1976-1983), Fatalité (1971-1972), Fertilité (1986)…. C.C.

Pascale Marthine Tayou

Toi, moi, nous !

Lille, Gare Saint Sauveur

Du 25/03/10 au 13/06/10

L'artiste d'origine camérounaise Pascale Marthine Tayou ne cesse de nous emmener en voyage. Dans les siens comme les nôtres. Il poursuit son rêve comme pour mieux nous dévoiler le nôtre. Pascale Marthine Tayou travaille comme un magicien. Il vit l’art comme la vie et la vie comme l’art. Il met l’homme au centre de son oeuvre. Lui, toi moi, nous. Et dans les 2500m2 de la Gare Saint Sauveur de Lille, il nous inonde de ses œuvres multiples, fragiles et animées. Il arrive à mettre le visiteur au cœur d’une exposition qui parait 

monumentale mais qui pourtant est aussi tellement intimiste. Ici tout se joue. Double. Triple. A l’infini. Toutes les cultures se mélangent. La sienne. Noire. La nôtre, blanche. Et toutes les autres. Car pour Pascale Marthine Tayou, la vie apparaît comme un immense carrefour en plein embouteillage, d’où le titre de l’exposition « Traffic Jam ». Et il s’offre à cœur ouvert. Filme sa petite fille retrouvant la culture noire et perdant ses repères. Il mutilplie les vidéos dans une hutte en bois pour mélanger les mondes dans la joie et le mystère. Il s’interroge encore sur l’avenir de nos objets du quotidien, qui dominera le monde ?, que trouveront ceux qui fouilleront notre sol en l’an 3000 ? Et il parle, raconte, comme un conteur, une télévision cassée par sa femme, ses rêves de monde ou les mots ne soient pas des maux… Trois semaines d’installation pour quatre mois de bonheur dans l’univers incroyable et détonnant qui se joue et déjoue tous les supports, de tous les médias. Dans ce théâtre du monde : qui suis-je, qui sommes nous ? D’où venons nous et où allons nous ? Des questions fondamentales qui se posent encore encore et toujours. A.K.

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« Pascale Marthine Tayou, Traffic Jam », Gare Saint Sauveur, Lille. www.mairie-lille.fr/fr/Culture/gare-saint-sauveur. Du 25/03/10 au 13/06/10.

 

Video ouvretesyeux

 

Mark Brusse

Délicate révolution

Dunkerque, Laac

Du 07/03 /10 au 19/09/10

Il est des hommes comme des voyages. Qui laissent un souvenir impérissable. Telle fut la rencontre avec Mark Brusse. Cet artiste de 73 ans d’une amabilité et d’une gentillesse remarquable. Et cela se voit dans son œuvre. Une œuvre d’un raffinement exquis. D’une recherche sans faille. D’une quête de la beauté inébranlable, jusqu’à emprisonner un papillon ou une plume, symboles du sublime et de liberté. Ses recherches sur l’espace, ses travaux à partir d’objets de récupération, ses êtres hybrides symboles de la nature toute puissante, ses collages réalisés au Japon d’une immense qualité et ses incomparables estampes… Tout concorde chez cet artiste qui voyagea à travers le monde, s’arrêta à New York, Berlin, en Asie, en Corée et au Japon. Puis c’est encore l’Amérique du Sud, Porto Rico, la Réunion qui nourriront cette œuvre à la révolutionnaire délicatesse. A.K.

« Mark Brusse. Heureusement l’art n’est pas raisonnable », Laac, 59140 Dunkerque. 03 28 29 56 00. www.ville-dunkerque.fr; Musée du Dessin et de l’Estampe originale, Château Arsenal 59820 Gravelines. 03 28 51 81 00. boutique.musée@ville-gravelines.fr Du 07/03/10 au 19/09/10.    (Marta Minujin et Mark Brusse, "La Chambre d'amour II", 1963-2008, courtesy galerie Lara Vincy, paris, Photo DR, courtesy ADAGP, Paris, 2010; Nous remerçions vivement monsieur Mark Brusse d'avoir donner au site ww.ouvretesyeux.fr son autorisation pour la reproduction des images dont celles du portfolio ainsi que l'autorisation de laisser le sujet en ligne après l'exposition)

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Lire la Rencontre au Laac de Dunkerque

Basquiat

S’en fout la mort

Bâle, Fondation Ernst Beyeler

Du 09/05/10 au 05/09/10

1988. A peine 27 ans, Jean-Michel Basquiat, ex-SAMO, est retrouvé mort dans son loft de New York. Tué par la drogue. Par trop de vie tout simplement. Trop d'exigence, de brûlures, d'égarement. Au milieu du désastre conceptuel et du no man's land pictural, il avait poussé un cri. Un cri venu du plus profond des égouts, des labyrinthes, de la jungle tropicale et urbaine. Un cri épouvantable et épouvanté, comme s'il avalait pour mieux le rejeter, le poison qui était en lui. Jean-Michel Basquiat mêlait les sangs haïtiens et portoricains. Cette mixture détonante  avait d'abord éclaboussé les murs du métro. De tags. De sa célèbre couronne, si hiératique et si fière. Entre Brooklyn et Manhattan. Puis il avait aspergé ses toiles où se projetaient les ombres des rites vaudous,

de visages aux yeux exorbités, aux dents carnassières, portant des heaumes africains. Et partout des colonnes de mots comme des colonnes d'insectes écrasés envahissaient des plages de couleurs aussi noires que hurlantes.  On aurait dit les balbutiements d'un Dubuffet. D'un Twombly aussi. Cette même  force conjuguée à cette même fragilité. Enfant chéri  d'une Amérique en crise, le roi de l'underground new-yorkais choisit pourtant l'insolente liberté.  Avant de s'en aller pour le grand voyage, cela faisait déjà un an qu'il avait lâché les pinceaux. La Fondation Beyeler consacre une grande rétrospective à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’artiste.

« Basquiat », Fondation Ernst Beyeler, Baselstrasse 101, CH-4125 Riehen/Bâle, 41 061 645 97 19. Du 09/05/10 au 05/09/10. www.beyeler.com (Image : Jean-Michel Basquiat dans son atelier de Great Jones Street, New York, 1985 devant Untitled, 1985 Acrylique et pastel gras sur bois, 217 x 275,5 x 30,5 cm (détail), Collection privée, Photo: Lizzie Himmel ©, © 2010, ProLitteris, Zurich)

L'actualité d'Edgar

par Anne kerner

L'actualité artistique du magazine Edgar, partenaire d'Ouvretesyeux.

Par Anne Kerner

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Kitano

Rien que pour les enfants !

Paris, fondation Cartier

Du 11/03/10 au 12/09/10

Pendant trois mois, nous avons été inondé d’informations sur Christian Boltanski. C’était trop ! Pour un artiste qui a une œuvre aussi reconnue, aussi forte et intime, trop de parole étaient de trop. C’est reparti pour Kitano ! Là, l’artiste étant par son activité en constante ébullition sur tous les fronts… cela parait plus logique. Mais encore ! Et le voilà de faire son numéro spécial dans le journal Libération ! Donc voilà le cinéaste, acteur, animateur d’émissions télévisées, comique, peintre, écrivain qui s’est lancé à la Fondation Cartier dans son délire

habituel de fantaisie et d’humour ! Cette exposition presque faite rien que pour les enfants, petits et grands, montre son univers fantastique de « gosse de peintre ». Cette gigantesque installation amuse donc et étonne. Et c’est presque dans une fête foraine que l’artiste nous fait rentrer ! En effet, on y trouve de tout ! Une énorme locomotive  en marche, des sortes de jeux comme l’installation où l’on appuie sur des boutons pour faire tourner des ventilateurs indiquant les vents des différentes régions de France, des énormes poissons remplis de sushis, toute une ribambelle d’animaux avec une tête en fleur, un théâtre de marionnette qui s’anime joyeusement …! Et au sous-sol, pour la première fois montrées dans une institution, Kitano dévoile ses dessins considérés jusqu’à présent comme une pratique personnelle ainsi qu’un salle entièrement dédiée à son activité d’amuseur avec une série de vidéos. Et les gags de s’enchaîner. Les clins d’œil à son enfance de fils de peintre en bâtiment malmené par ses copains et à sa vie tumultueuse de se multiplier. Bref, toutes les facettes comiques teintées de nostalgie de l’artiste sont là. Comme un gigantesque autoportrait dont le but et de faire entrer les enfants dans le jeu. Et les faire rêver ? A.K.

« Beat Takeshi Kitano. Gosse de peintre », Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261, boulevard Raspail, 75014 Paris. www.fondationcartier.com. Du 11/03.10 au 12/09/10. (Image courtesy Office Kitano Inc)

« Takeshi Kitano, l’iconoclaste », rétrospective au Centre Pompidou, 75004 paris. www.centrepompidou.com. Du 11/03/10 au 26/06/10.

« Kitano par Kitano », avec Michel Temman, Grasset, 330p, 20,90euros.

 

 

 

Films Christine Barbe

 

Christine Barbe

Barbizon, Espace Culturel

Du 01/05/10 au 31/07/10

Christine Barbe adore jongler avec les contradictions. Et donne à voir des œuvres sublimes de mises en abîme des états d’âme. Dans ses dessins, ses peintures et ses photographies,  elle manipule merveilleusement ses thèmes de prédilection comme « l’attraction-répulsion » ou « la vie réelle et la vie rêvée » pour mieux révéler cette « paix dans les brisements » dont parle si bien Henri Michaux. Ici point d’appel. L’artiste manipule, balafre, rature, griffe ! Et elle retravaille les dessins encore et toujours jusqu’au  malaise. Jusqu’à ce que la beauté si évidente devienne trouble. Troublante. Angoissante. Bouleversante.

Toujours sur le fil du rasoir, la plasticienne manipule aussi ses sujets comme dans ses séries « Glam’food » où les nourritures terrestres transformées, métamorphosées, transmuées, se retrouvent prises dans un maelstrom, un magnifique mouvement, un incessant tourbillon, un irrésistible flux  On l’a compris. Christine Barbe aime à se remettre sans cesse en question pour livrer une autre réalité. Sa propre vision de la condition humaine. Contemporaine. Imaginaire. Parfois terrible. Souvent mélancolique. Où les réminiscences de ses voyages et de son long séjour aux Etats-Unis émergent dans une iconographie où se multiplie les images de Los Angeles et ses palmiers, des corps flottant dans des piscines… comme si David Hockney s’était un peu penché sur son épaule. Toujours, entre impulsion et préméditation, cette virtuose des apparences témoigne magnifiquement, de l’ « admirable tremblement du temps » (Gaëtan Picon).  A.K.

Voir le portfolio en cliquant sur l'image.

Christine Barbe, Salon "Chic dessin", Stand Cherry Gallery, Atelier Richelieu, 60, rue de Richelieu, 75001 Paris. Du 26/03/10 au 29/03/10.  

Christine Barbe, « 100 artistes pour l’Angelus. Exposition de sculptures, peintures, photographies, vidéos », Espace Culturel de Barbizon, Place Marc Jacquet, 77360 Barbizon. 01 60 66 41 92.  Du 01/05/10 au 31/07/10. Voir www.christinebarbe.com

 

ARCHIVES

 

Loïc Le Groumellec

 

Jusqu'auboutiste

Paris, Galerie Daniel Templon

Du 29/04/10 au 29/05/10

Né en 1957 en Bretagne, Loïc Le Groumellec produit depuis plus de tente ans une quête personnelle où il décline ses thèmes de prédilection, le mégalithe, la croix et la maison. Son œuvre sobre et monumentale  veut avant tout mettre en échec toute interprétation esthétique ou religieuse. Pour sa toute nouvelle

exposition à la galerie Daniel Templon, il présente son dernier travail, trois triptyques monumentaux, noirs et blanc, face auxquels, pour la première fois, il introduit la couleur. Cette couleur puissante, déposée par aplat, de manière chromatique, évoque l’alphabet runique des Celtes.

« Loïc Le Groumellec », Galerie Daniel Templon, 30, rue Beaubourg, 75003 Paris. Du 29/04/10 au 29/05/10. www.danieltemplon.com (Image : Loïc Le Groumellec, Suite Carnac, 2009, laque sur toile, lacquer on canvas, 203 x 466 cm, 80 x 183 1/2 in.)

Doubles Lumières

 

Sérénité japonaise

Paris, Maison de la culture du japon

Du 14/04/10 au 26/06/10

Deux artistes. Deux œuvres. Avec des installations qui parlent du temps qui passe. L’une travaille avec des matières éphémères comme la naphtaline ou le sel. L’autre dessine des « paysages » monochrome tellement subtils. Se crée un dialogue sur l’impermanence des choses dans une rare sérénité. Ainsi Aiko Miyanaga reproduit par des moulages à la naphtaline, des objets de notre quotidien chinés aux puces et en garde ainsi la mémoire. Tandis que Naoko Sekine dans

la simplicité du geste du crayon sur le papier, offre avec ses jeux d’ombres et de lumières, des évocations de montagnes, de mer, de ciel… Un art japonais de l’extrême… poésie.

« Doubles lumières. Aiko Miyanaga & Naoko Sekine », Maison de la culture du Japon, 101 bis, quai Branly, 75015 Paris. 01 44 37 95 00. Du 14/04/10 au 26/06/10. www.mcjp.fr.

Paul Rebeyrolle

Violenter la peinture pour mieux l’aimer

Paris, galerie Maeght

Du 11/03/10 au 24/04/10

Paul Rebeyrolle commence à être l’un des plus grands peintres français dès ses premières expositions dans les années 50. Son œuvre apparaît comme un combat perpétuel au service de l’homme et de la nature face aux multiples dérives de la société et des pouvoirs. Du coup, il arrache, violente, tourmente sa peinture. Son pinceau rageur, ravageur, apprécié par Jean-Paul Sartre et Michel Foucault, dévoile des paysages, des nus, des animaux qu’il aime bafouer avec des matières collées sur la toile comme la terre, le crin ou la ferraille. La galerie

Maeght qui l’expose depuis 1967, montre ses thèmes de prédilection  et livre à notre regard ce corps à corps inouï avec les éléments. C.C.

« Paul Rebeyrolle », galerie Maeght, 42, rue du Bac, 75007 paris. 01 45 48 45 15. www.maeght.com. Du 11/03/10 au 24/04/10.(Image : Manipulation, lithographie originale, 1979, 59,5 x 80 cm, 75 exemplaires © Photo Galerie Maeght)

Erik Samakh

Paris, galerie Michèle Chomette

Du 11/03/10 au 07/05/10

Dans les Alpes du Sud, Erik Samakh a crée son paradis d’expérimentation et pactise avec la nature. Un art qui touche les mystères du monde. Intervention minimale. Magie maximale. Pénétrer chez Erik Samakh, c’est un peu comme entrer en religion… ou en sorcellerie… Car ici, rien n’est visible ou presque.  Entre terre et ciel, anges et démons veillent, fées et druidesses rôdent. Dans la forêt touffue ou entre les plantations de bambous.  Au sommet des montagnes abruptes et noires

ou dans l’onde ruisselante qui borde son domaine quant ils ne jettent un sort bénéfique aux ordinateurs peuplant l’atelier... A.K.

Lire l'article et l'interview dans la rubrique Rencontres et les images d'Erik Samakh en plein travail dans la nature dans la rubrique Labo-création sans compter un portfolio sur ses oeuvres dans la rubrique portfolio.

« Images bruissantes. Mirages sonores. 1976-2010 », Galerie Michèle Chomette, 24, rue Beaubourg, 75003 Paris. 01 42 78 05 62. Du 11/03/10 au 07/05/10. (Image, photo d'une oeuvre d'Erik Samakh à Chaumont sur loire)

Rachid Khimoune

Paris, Maison de l'Afrique

Jusqu'au 28/04/10

 
Film Christine Barbe

"Rachid Khimoune", Maison de l'Afrique, 90, rue Bonaparte, 75006 Paris. www.maisondelafrique.com

 

George Condo

Paris, galerie Jérôme de Noirmont

Du 31/03/10 au 26/05/10

Féru d’histoire de l’art et de musique, George Condo né en 1957 vit et travaille aujourd’hui à New York. Depuis bientôt 30 ans ses peintures et sculptures sont exposées dans le monde entier et dans les plus grands musées américains. Son but ? Donner une version « abstraite-figurative » de l’histoire de l’art. Et le voilà qui reprend les images de Velasquez, David, Picasso, Bacon…Pour sa troisième exposition personnelle à la galerie, il a inventé un tout nouveau groupe de peintures s’inspirant des personnages des « cartoons » des années 50 et 60. Nouveau tournant ? Nouvelles recherches ? L’artiste en tous les cas multiplie les personnages si sympathiques de Tex Avery ou Hanna et Barbera comme ceux de Looney Tunes… :

« il figure ici les silhouettes originelles de ces personnages comme le point de départ central de sa peinture, prolongeant les traits noirs que dessinent leurs contours pour faire naître une composition abstraite qui va couvrir le reste de la toile ». Son désir ? « Etablir une chronique de l’imagerie américaine ». Claire Celine.

« George Condo. Cartoon Abstractions », galerie Jérôme de Noirmont, 38, avenue Matignon, 75008 paris. 01 42 89 89 00. www.denoirmont.com. Du 31/03/10 au 26/05/10. (Image : George Condo, Sylvester, 2009, acrylique sur toile de lin, 203,2 x 203,2 cm, © George Condo. Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont, Paris.)

Rui Moreira, connaisance par les gouffres

Paris, galerie Jaeger Bucher

Du 20/03/10 au 22/05/10

L’artiste portugais Rui Moreira ressemble un peu à Henri Michaux. Ses dessins ne sont pas de simples dessins. Ce sont des moyens de traduire des expériences physiques et psychiques. Né en 1971 à Porto, le jeune artiste voyage. Voyages soigneusement choisis car il fait vivre à son corps des expériences physiques intenses, sources d’inspiration et de création. Il cherche sans cesse des situations de survie. Et il se plonge dans la jungle amazonienne. Et il vit dans le désert brûlant. « Aucun paysage n’est plus beau et plus proche de la mort que le désert ou le silence s’impose et la perception est à son paroxysme ». Chaque œuvre apparaît aussi comme une ascèse. Une expérience. « l’artiste – et ses assistants pour les plus grands dessins – remplissent patiemment, longuement, inlassablement chaque contour jusqu’à l’épuisement du corps soumis à des conditions excessives d’immobilité et de gravité. Le but est de « perdre de vue » jusqu’à fonder une expérience visible plus profonde, une « attention sans mélange » que Simone

Weil nommait « prière »  ». L’exposition se construit autour de trois ensembles d’œuvres évoquant des divinités, des paysages et des abstractions géométriques. Ces « paysages intérieurs » dont raffolait également Henri Michaux notamment dans « Connaissance par les gouffres ». La cerise sur le gâteau ? Le film « Conquérir le concave », sur la réalisation d’une coupole réalisée en 2008 pour une église en Algarve. A.K.

Voir le portfolio en cliquant sur l'image.

« Rui Moreira. Exposition Inner Monsoon », galerie Jaeger Bucher, 5 et 7, rue de Saintonge, 75003 Paris. 01 43 20 12 10. Du 20/03/10 au 22/05/10. (Image : Rui Moreira, "Our Lady of the Abortion II", 2007, gouache sur papier, 240 x 160 cm, courtesy Castro Caldas, courtesy galerie Jeanne Bucher)

Valérie du Chéné et le Tir à l'arc

Paris, galerie Martine Thibault de la Châtre

Du 20/03/10 au 30/04/10

Voici cinq pièces. Cinq pièces qui condensent le travail de Valérie du Chéné. Spécialement conçues pour l’exposition, elles provoquent l’espace dans lesquelles elles s’inscrivent. La source d’inspiration de la jeune artiste née en 1974 ? Le Tir à l’arlequin découvert en Belgique. Elle livre ici une interprétation de ce rituel ancestral  en détournant la cible. C.C.

« Valérie du Chéné. Alacrités et autres dérives », galerie Martine Thibault de la Châtre, 4, rue Saintonge, 75003 Paris. 01 42 71 89 50. www.lachatregalerie.com. Du 20/03/10 au 30/04/10. ( Image : Valérie de Chéné, Gouache, 2010, courtesy de l'artiste et de la galerie)

Boltanski sous toutes les coutures !

A Paris, Monumenta, Grand-Palais

A Vitry-sur-Seine, Mac/Val

Jusqu'au 28/03/10

Une visite de Christian Boltanski dans son atelier de Montreuil par Anne kerner.

Et une interview d'Alexia Fabre, conservatrice en chef du Mac/Val sur sa rencontre avec l'artiste par Béatrice Andrieux.

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"Christian Boltanski, Après", Mac/Val, Place de la Libération, 94404, Vitry-sur-Seine. 01 43 91 64 20. Jusqu'au 28/03/10. www.macval.com

Marnie Weber

Art & rock’n’roll !

Grenoble, le Magasin

Du 07/02/10 au 25/04/10

L’artiste américaine a inventé dans son imaginaire un groupe de rock de filles,  les « Spirits Girls ». Ces adolescentes mortes tragiquement dans les années 70 reviendraient sur terre pour délivrer un message. Emancipation avant tout ! déclarent-elles, du fond de leur trépas ! L’univers poétique et subversif  à souhait de l’artiste de 51 ans où pullulent les esprits, ce monde onirique où les fantômes se bousculent, s’inspire notamment du mouvement spiritualiste américain du

milieu du XIXème siècle où les femmes avaient enfin leur place !  Pour la première fois, les films, installations et musiques rêvées de ce groupe virtuel sont rassemblés. Amoureux de spiritisme, de sensation douces et fortes, rêveurs et idéalistes… Courez-y !   A.K. 

Voir le montage de l'exposition dans la vidéo de la rubrique "Labo-création" en cliquant sur l'image.

Voir le portfolio en cliquant ICI.

« Marnie Weber », Magasin, Centre National d’art Contemporain, Site Bouchayet-Viallet, 155 cours Berriat, 38000 Grenoble. Tél. : 04 76 21 65 25. Du 07/02/10 au 25/04/10. www.magasin-cnac.org. (Image : "The Campfire song", 2009, Mixed media installation with DVD projection of film, Weber Studio inventory MW09.27)

Sons d’artistes

Paris, Maison Rouge

Du 19/02/10 au 16/05/10

Du son, encore du son, rien que du son ! Grâce à la collection de Guy Schraenen, la Maison Rouge rassemble une collection unique et très spécialisée autour du son. En effet, depuis les années 20, les pratiques artistiques se sont élargies autour du domaine du son. Et les artistes ont bien évidemment crées des pochettes pour leurs propres œuvres sonores. Et c’est avec une curiosité extraordinaire que le visiteur traverse le temps au travers d’œuvres jamais vues de Dada à aujourd’hui en passant par le Futurisme, Fluxus, le pop art, l’art conceptuel…. Et l’on se laisse aller aux poésies sonores de Dubuffet, Dieter Roth, Joseph Beuys, Laurie Anderson, ou Allen Ginsberg. C.C.

« Vynil, Disques et pochettes d’artistes – collection Guy Schraenen », La Maison Rouge, Fondation Antoine de Galbert, 10, bd de la Bastille, 75012 Paris. Du 19/02/10 au 16/05/10. www.lamaisonrouge.org

C’est ma chambre !

Strasbourg, musée d’art moderne et contemporain

Jusqu’au 30/06/10

« Lorsque j’organise l’espace scénique d’une exposition, j’ai toujours présent à l’esprit le désir qu’un individu va entrer et pénétrer ce même espace », dit Sarkis. Alors, pénétrer dans sa chambre ! Quel évènement ! L’artiste né en 1938 à Istambul vit depuis les années soixante à Paris. Ses installations multiplient depuis des années lumière, rayons laser, jeux de miroirs, bandes magnétiques et des mises en espace comme il en réalise ici, à Strasbourg. C’est donc sa chambre qu'il a

occupé lors de son séjour de professeur à l’Ecole des arts décoratifs de Strasbourg dans les années 80 qu’il nous présente, nous dévoile. Au musée, cette pièce symbolise le microcosme, le monde en tout petit. Et on y trouve un buffet calciné, un tigre en bronx, six maquettes de ce fameux endroit, on entend des mots, on voit des irradiations colorées. Bref sa chambre devient théâtre ! Une belle et poétique réalisation. A.K.

« Sarkis ma chambre de la krutenau en satellite, 1989 », Musée d’art Moderne et contemporain. Du 01/11/09 au 30/06/10. www.musees-strasbourg.org (image,Sarkis, Ma chambre de la Krutenau en satellite, 1989, Photo : M. Bertola, © ADAGP Paris 2009 )

Mathilde Rosier

Romantisme ultra contemporain

Paris, Jeu de Paume

Du 09/02/10 au 06/06/10

Mathilde Rosier adore jouer avec le théâtre, jongler avec la réalité, s’imprégner de la nature et s’enivrer de culture. Pour le Jeu de Paume, elle a réalisé une installation en trois parties composée d’un film, d’une scène de théâtre et de multiples accessoires. Elle invente des jeunes filles habillées avec des robes où se confondent des caniches blancs. Elle masque ses personnages en smoking… Mathilde Rosier entraîne dans son monde. Un monde où s’entremêlent l’insolite et les légendes, les rêves et l’histoire, les histoires,  les costumes et le fantastique.  Elle ne laisse jamais le visiteur tranquille, le chahute, le perturbe. Ainsi le voici dans un univers toujours merveilleusement inquiétant et sophistiqué, d’une poésie à voir, revoir, s’étourdir. Toujours. Toujours. Encore et encore. A jamais… A.K.

« Mathilde Rosier. Find circumstances in the antechambre », Jeu de Paume, 1, place de la Concorde, 75008 Paris. Tél. : 01 47 03 12 50.  Du 09/02/10 au 06/06/10. info@jeudepaume.org. (Image : "Play for a stage of the natural Theatre of Cruelty", 2008, performance en trois parties, à Silberkuppe, Berlin, courtesy Galerie Iris Kadel, Allemagne, courtesy Mathilde Rosier)

Voir la vidéo en cliquant sur l'image

Richard serra

Paris, galerie Lelong

Du 01/04/10 au 15/05/10

Il a fait de la littérature puis les Beaux-Arts à Yale de 1961 à 1964. L’artiste américain, né en 1939,  finance ses études en travaillant dans une aciérie ce qui influencera énormément son travail. En effet, ses premières œuvres réalisées sont des projections de métal fondu sur les murs directement inspirées par l’expressionnisme abstrait. Mais très vite, il se tourne vers le minimalisme et réalise d’imposantes sculptures en acier. Ses œuvres ont pour but de renouveler la

vision d’un lieu et d’engager un subtil dialogue avec leur environnement.  Avant Boltanski cette année, en 2008, il avait magnifiquement investi la nef du Grand Palais à Paris. Travaillant depuis toujours l’encre et le papier, il présente à la galerie Lelong des estampes de grand format montrées pour la première fois en France. A.K.

« Richard Serra. Weight and Level, grandes estampes”, Galerie Lelong, 13, rue de Tehéran, 75008 Paris. 01 45 63 13 19. Du 01/04/10 au 15/05/10. www.galerie-lelong.com (image : Serra, Untitled, 2008, Gravure, 38 exemplaires, 120x180cm) 

Rosa Barba

« Road movies » en Limousin

Vassivière, centre international d’art & du paysage

Du 27/02/10 au 04/07/10

Remarquée à la dernière Biennale de Venise, l’artiste sicilienne vit et travaille à Berlin. Elle s’est penchée sur la très belle île de Vassivière au cœur du Limousin où se trouve le Centre du paysage d’art contemporain. Lieu unique. Nature unique. Pour cet endroit magique, elle a crée une manifestation totalement inspirée par ses constituant primordiaux, l’eau du lac et la lumière qui s’y réfléchit. La jeune femme dévoile plusieurs propositions dans tous les lieux importants de Centre, le phare, la Nef … où elle montre des films fantastiques, sortes de « road movies »

à l’américaine, des voyages jusqu’alors inconnus et superbes dans cette île pas comme les autres.  C.C.

« Rosa Barba. Est-ce que c’est une analogie à deux dimensions ou une métaphore ? », Centre international d’art & du paysage, Ile de Vassivière, F – 87120. www.ciapiledevassiviere.com. Du 27/02/10 au 04/07/10.

Baselitz, à la renverse

Baden Baden, Musée Frieder Burda et Staatliche Kunsthalle

Jusqu'au 14/03/10

Dans les années 60, alors que Beuys réhabilite l'art allemand en le lançant dans le courant conceptuel, vingt ans avant la génération des "nouveaux fauves", Georg Baselitz réinvente une peinture de la figure humaine. Portrait d'un des artistes les plus provocateurs de cette fin de siècle.

"J'exige tout de moi. Je n'exige à vrai dire rien des autres. Je ne travaille pas avec les autres. Je ne sais pas ce que font les autres". Malgré Hitler et le nazisme. Avec Goethe et Weimar. Dans les années 1970, alors que Beuys réhabilite l'art allemand, Georg Kern dit Baselitz, l'agresse et le violente. Alors que Wahrol et le Pop Art glorifient aussi bien Marylin Monroe que Coca Cola et Campbells, cet originaire de Haute Lusace, épanche ses pires instincts. Alors que les abstraits se vautrent dans leurs taches et leurs dégoulinades, l'artiste ne cesse de 

travailler la figure. Et quel corps. Sa peinture entre dans les musées ? La sculpture le prend et le dévore.  Plus le terrain apparaît balisé, plus ce démon du pinceau, réplique et  s'interroge. Peintre de la solitude et du questionnement, mais surtout du défi et de l'opposition, il élève l'art du  "contre" comme un étendard au-dessus de l'Allemagne bon chic bon genre d'Adenauer et de Brandt. Et brouille, désoriente, rompt, choque, angoisse. En "killer". Qu'importe ! Ce dernier cracheur de feu de cette peinture fin de siècle a tout pris, chamboulé et tourneboulé. Pour l'amour du risque. Sexe, anamorphoses et renversements. Avec Baselitz, rien ne va plus !... A.K.

La suite de l'article en cliquant sur l'image

"Baselitz. une rétrospective", Musée Frieder Burda et Staatliche kunsthalle, Lichtentaler Allee, Baden Baden. Allemagne. www.museum-frieder-burda.de; www.kunsthalle-baden-baden.de. Jusqu'au 14/03/10. (Image : "Ein Maler modern (Remix). Un peintre moderne", 2007, huile sur toile)

 

 

Tanguy & la biscuiterie

Baroquissime !

Nantes, Le Lieu Unique

Du 10/03/10 au 25/04/10

Cédric Tanguy apparaît comme un sacré personnage ! Il dévoile son exposition au visiteur en un costume fou, mélange savant sorti tout droit d’un Vélasquez ! Ici, plus rien ne compte et surtout pas la réalité ! Tanguy s’amuse et ne se prive pas. De surfer sur les siècles, d’amalgamer les artistes, de plonger dans le temps, de « copier créer » les images. Sorte d’alchimiste baroque alternatif, il s’amuse avec la vidéo, la photo, les installations comme cette énorme robe éclairée par le dessous par un lustre ! Cédric joue comme un DJ. Il mixe. Il remixe. Le romantisme, les orientalistes, les préraphaélites, le surréalisme.. ! Tout y passe. De ce bric à brac il tire un langage fascinant qui ne peut pas nous échapper ! C.C.

« Tanguy et la biscuiterie, exposition de Cédric Tanguy », Le lieu unique, Quai Ferdinand-Favre, 44000 Nantes. www.lelieuunique.com. Du 10/03/10 au 25/04/10. (Image, courtesy de l'artiste)

 

C’est la vie !

« S’en fout la mort » !

Paris, Musée maillol

Du 03/02/10 au 28/06/10

"S’en fout la mort ", hurlait Basquiat ! Et il avait bien raison. Du coup, la nouvelle directrice du musée, Patrizia Nitti a relevé le défi en intitulant son exposition « c’est la vie » ! Un beau pari qui nous montre que ce thème n’a jamais cessé de hanter, de fasciner, d’interroger… des mosaïstes de Pompéi aux artistes les plus provocateurs de l’époque en passant par les Vanités du XVIIème siècle. Ici, l’hymne à la mort devient donc un hymne à la vie avec des œuvres de Damien Hirst, Robert Mapplethorpe, Cindy Sherman, Luigi Miradori, Georges Braque… en objets, tableaux, vidéos et tutti quanti … A.K.

« C’est la vie ! Vanités de Caravage à Damien Hirst », Fondation Dina Vierny-Musée Maillol, 59-61, rue de Grenelle, 75007 Paris. Tél.: 01 42 22 59 58. Du 03/02./10 au 28/06/10. www.museemaillol.com. (Image : Damien Hirst, "For the love of God, laught", sérigraphie avec poussières de diamants, coll. particulière, 2007)

 

Jeppe Hein. Le grand cirque !

Atelier Calder et FRAC Centre

Du 12/12/09 au 04/04/10

Accueilli cinq mois à l’Atelier Calder, Jeppe Hein a travaillé sur un thème cher à l’artiste, le cirque. Pour la création de ce projet, l’artiste a invité une trentaine de plasticiens, designers, architectes, photographes… à participer à son projet. Tous réaliseront une performance inspirée des numéros de cirque traditionnels. Et bien entendu, tout l’univers du cirque sera reconstitué avec son ambiance, ses affiches, ses barbes à papa !!!! La première représentation sera donnée le samedi 12 décembre à l’atelier Calder de Saché et au Frac Centre à Orléans. C.C.

« Jeppe Hein. Circus Hein », Frac Centre, du 12/12/09 au 04/04/10 et Atelier Calder du 12/12/09 au 13/12/09. FRAC Centre, 12, rue de la Tour Neuve, Orléans. 02 38 62 52 00. www.frac-centre.fr. Atelier Calder, 12, Route du Carroi, 37190 Saché. 02 47 45 29 29. www.atelier-calder.com (image : Circus Hein à l'Atelier Calder, 2009, courtesy Jeppe Hein, 2009)

Martine Schildge et Renato Bezerra de Mello

Lyon, galerie Caroline Vachet

Du 03/12/09 au 23/01/10

En résonance avec la Biennale de Lyon, Caroline Vachet présente le travail de deux artistes, Martine Schildge et Renato Bezerra de Mello. La première vit et travaille à Paris. Elle montre des pièces diaphanes et ouatées qui contrairement aux apparences disent tout le tragique de notre condition. Et nous met face au vide. Et nous laisse nous perdre dans des labyrinthes transparents aux parois parfois menaçantes.. « … voilà qu’observés par rien, écrasés de légèreté, sans personne à qui parler, il va nous falloir apprendre à broyer du blanc », écrit Claude Meunier. Né, en 1960, de 10 ans plus jeune que Martine Schildge, Renato Bezerra de Mello, qui vit et travaille actuellement à Rio de Janeiro, raconte une histoire plurielle qu’il disperse et éparpille. Il travaille les matières, les malaxe, les brise. Fragments de verre, fragments de banderoles comme autant de fragments de l’histoire… Il cherche les matériaux transparents, fragiles, voués à disparaître. Nous voilà

face à un dialogue d’oeuvres renvoyant vers des univers qui laissent des traces. Celles de la vie, de la mort, de l’amour. A.K.

Galerie Caroline Vachet, 23, rue Burdeau, 69001 Lyon. 04 78 30 64 38. Du 03/12/09 au 23/01/10. www.galeriecarolinevachet.com (image : courtesy de l'artiste et galerie Caroline Vachet, 2009)

 

Accrochage multiple

Paris, galerie Alexis Lartigue

Jusqu’au 31/01/10

Une galerie pas comme les autres. Ouverte depuis le 1er janvier 2008. Son directeur ? Alexis  Lartigue, 26 ans à peine, fils de la maison de ventes Massol. Dans un ancien magasin de grossiste métamorphosé en galerie d’art contemporain, le jeune homme dévoile une partie de l’art du XXème siècle en présentant des sculptures, peintures, photographies et du design. S’il présente des artistes de renommée internationale comme Arman, César, Debré ou Monory, avec un goût prononcé pour la Figuration narrative et le Nouveau Réalisme,  il ne se consacre pas moins aux jeunes talents dont Taling, El Pradino ou Xian Liqing.  

Et pour l’expositon permanente de l’hiver, les cimaises accueillent Combas, Klasen et autres grandes figures. A.K.

Galerie Alexis Lartigue, 64, rue du Temple, 75003 Paris. Tél : 01 42 78 91 16. www.artcontemporaingalerie.com (image courtesy galerie Alexis Lartigue et l'artiste).

Jean-Michel Alberola, la liberté absolue

Paris, galerie Daniel Templon

Du 09/01/10 au 20/02/10

Il y a 30 ans, Jean-Michel Alberola osait la figuration libre et une « peinture cultivée ». Paroles ambiguës, prophéties provocatrices ou mots duchampiens se combinaient dans ses œuvres où l’abstraction laissait tout de même deviner des personnages ou des géographies. Son œuvre protéiforme qui revendique une liberté absolue dévoile toute la fragilité de l’homme. A 56 ans, après une rétrospective en province et à la BNF, le voici sur les cimaises de la galerie Templon.  A.K.

« Jean-Michel Alberola », Galerie Daniel Templon, 30, rue Beaubourg, 75003 Paris. Du 09/01/10 au 20/02/10. www.danieltemplon.com. (image : "Celui qui sentimental", 2009, huile sur toile, courtesy de l'artiste et galerie Daniel Templon, ADAGP, Paris, 2009)

 

Michel Paysant, à vos microscopes !

Paris, Louvre

Du 26/11/09 au 01/03/10

Cette exposition relie le travail d’un artiste contemporain, Michel Paysant, à celui des conservateurs du musée, des chercheurs et des laboratoires partenaires. L’artiste aime aborder comme ici, les pratiques collaboratives, l’archivage, la muséologie, le statut de l’œuvre d’art et l’apport des nouvelles technologies dans l’art. Résultat : une série de micro et nano-sculptures à peine visibles à l’œil nu, copies de chefs d’œuvre du département des Antiquités orientales et des plans des sites du Proche Orient. Bref, voici l’existence d’un musée de l’an 3000 qui repose en partie sur la croyance des visiteurs ! Pour une scénographie de l’imperceptible. C.C.

« Michel Paysant. OnLAB », Musée du Louvre, Aile Sully, hall Colbert, Salle de consultation du département des Antiquités orientales.  Du 26/11/09 au 01/03/10. www.louvre.fr (image : Nano-fabrication, courtesy OnLAB - Michel Paysant/G.Faini et C.Ulysse, LPN-CNRS)

Troublante Isabelle Lévénez

Angers, musée des Beaux-Arts

Du 04/12/09 au 28/03/10

« La fabrique du portrait, Rodin face à ses modèles », reprend, après Paris, dans un autre lieu et avec une autre artiste. Le lieu : le musée des Beaux-Arts d’Angers. L’artiste : Isabelle Lévénez. La jeune femme de 39 ans, professeur aux beaux-arts d’Angers depuis 8 ans, explore le corps et l’espace autour de l’œuvre de Rodin. L’artiste qui manipule avec la même dextérité vidéo, dessin et photographie, aime à montrer ce qui se dérobe en manipulant les contraires et l’ambiguïté.

David Ancelin, drôles d’échaffaudages !

Nice, galerie a

Jusqu’au 16/01/10

Désormais, la Galerie a de Nice expose de tout jeunes artistes notamment issus de la célèbre Villa Arson. Ainsi, David Ancelin projette ses sculptures et ses installations dans les espaces de la galerie. L’artiste âgé de 31 ans s’amuse à élaborer des histoires, à échafauder des plans où le réel jongle avec la fiction. Ici, une espèce de bolide se plante dans le mur devant un semblant de plage ou de route inondée. Là, une ancre échoue dans un mouchoir… L’artiste invente des situations qui nous transportent dans son imaginaire où règne une inquiétante étrangeté qui bouscule et interroge. C.C.

« David Ancelin, Free Entrance », Galerie a, 4, rue Sainte-Réparate, 06300 Nice. 04 93 80 07 48. Jusqu’au 16 janvier. (Image : "Avis de grand frais, 2006, Motoculteur, tomettes, huile de lincirca : 60m2, exposition personnelle Module I Palais de Tokyo Paris 2007, Courtesy Galerie Olivier Robert, Paris.)

Olivier Millagou, choc urbains

Nice, Galerie de la Marine

Jusqu’au 16/01/10

Olivier Millagou voit en grand et en petit ! En grand car il expose pas moins de six diaporamas constituées de 80 images ! En petit car les photographies projetées ont la taille d’une carte postale. C’est ainsi que les murs de la galerie ont été badigeonnés par les six couleurs de l’arc-en-ciel comme autant d’écrans de projection qui accueillent chacun les suites d’images. Des images en noir et blanc où se multiplient des arbres abattus ou tronqués, des voitures de luxe crashées, des plages couvertes de détritus… A 35 ans, Olivier 

Millagou qui vit et travaille à Bandol, dans le sud de la France, mélange ainsi bien les couleurs que les univers. Et crée de drôles de rencontres urbaines. De l’autre côté du réel !  C.C.

« Olivier Millagou. Over the rainbow », Galerie de la Marine, 59, quai des Etats-Unis, 06300 Nice. 04 93 91 92 91. Jusqu’au 16/01/10.(image : Over the Rainow, Courtesy Galerie Baumet Sultana, Paris)

Philippe Cognée, épuiser l’image

Paris, galerie Daniel Templon

Du 31/10/09 au 31/12/09

Pour sa toute nouvelle exposition à la galerie Templon,  Philippe Cognée annonce des « Passages ». Depuis plus de vingt ans, il explore l’art contemporain à sa manière. Par une recherche sur le regard, l’image et la mémoire. Ce surdoué du pinceau ayant vécu au Bénin, prix de Rome en 1982, Lauréat de la Villa Médicis en 1990, offre une technique toute particulière : « il s’agit d’une mise en danger de l’image, à la limite de sa propre disparition dans un flash. Je veux pousser à l’extrême la lumière dans une surexposition pour ne retenir de l’image

que l’essentiel », dit-il. Mieux encore, il photographie ou filme ses sujets qu’il projette sur un support de toile ou de bois. Arrive alors la peinture à l’encaustique nourrie de cire d’abeille et de pigments de couleurs. Et sur cette œuvre, l’artiste dépose un film plastique qu’il chauffe au fer à repasser. Naissent ces formes liquéfiées, déformées, étalées qui donnent à son travail pictural l’impression d’une image enfouie sous une surface glacée. Après ses séries de vues urbaines ou de chambres d’hôtels, Philippe Cognée dévoile à travers une douzaine de toiles panoramiques, les lieux de passages les plus ordinaires de notre quotidien comme les grandes surfaces, les passerelles d’aéroports, les hall d’immeubles ou les couloirs d’hôtels. A.K.

« Philippe Cognée. Passages », galerie Daniel Templon, 30, rue Beaubourg, 75003 Paris. www.danieltemplon.com. Du 31/10/09 au 31/12/09. (image : courtesy philippe Cognée et galerie Templon, Paris, ADAGP, Paris, 2009)

Rebecca Bournigault, rock attitude

Paris, Galerie Frédéric Giroux pendant la FIAC du 22 au 25/09/09

Canada, Québec jusqu’au 13/12/09

Suisse, Thun jusqu’au 22/11/09

Dans ma dernière exposition à Bruxelles, mes peintures ont été installées de manière très précise avec des cadres bord à bord. C’est une installation complexe. L’ensemble de l’exposition se passe dans le noir complet. Les spectateurs sont amenés à prendre une bougie dans un présentoir et se déplacent dans l’espace en regardant les peintures à l’aide de leur bougie. Le contenu des peintures apparaît comme un mélange de phrases que j’ai pris dans les journaux. On y trouve aussi beaucoup de têtes coupées, des images de tortures de

Guantanamo, des femmes en burqa, des images assez sombres. Mais ces œuvres sont traitées à l’aquarelle et elles donnent ainsi un sentiment de légèreté. A.K.

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"Rebecca Bournigault" - Fiac, galerie Frédéric Giroux du 22 au 25/09/09. www.fiac.com  - « Emporte moi/ Sweep me off my feet », Musée National des Beaux-Arts du Québec, Canada. www.mnba.qc.ca              - « Pièce de résistance », Kunstmuseum, Hofstettenstrasse 14, 3600 Thun, Suisse. 41 33 225 84 20. www.kunstmuseumthun (image : courtesy Rebecca Bournigault, ADAGP, Paris, 2009. l'artiste nous a autorisé à reproduire une image libre sur facebook)

« Mer d’huile » d’Yves Chaudouet

Biennale internationale du verre de Strabourg

Musée zoologique de Strasbourg

Du 15/10/09 au 14/01/10

"Je ne me résume pas à différents médiums. Mes œuvres n’ont pas la même apparence, ce qui n’est pas essentiel. Je ne manie pas les mots, les objets, les couleurs, les sons, de la même manière. C’est l’attitude que j’ai vis-à-vis d’eux qui est importante. L’originalité de ma démarche est que j’essaie de construire un univers complet. Des objets peuvent coïncider avec des textes… C’est un univers où les éléments se répondent. Dialoguent. Par exemple, en écrivant j’essaie d’imaginer des images que je n’ai pas envie de réaliser en vidéo. Comme pour les « Poissons » que j’expose à Strasbourg. J’ai fait de nombreux dessins sur des animaux, j’ai écrit un livre « Inaliénable », puis il y a eu un déplacement, une concrétisation en trois dimensions de cet univers. L’important est la vibration, le dialogue, les passerelles spatio-temporelles qui font appel à différentes perceptions. Je fais appel au maximum de différents niveaux de conscience.." Yves Chaudouet.

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Yves Chaudouet à la "Biennale internationale du Verre", Strasbourg, du 14/10/09 au 30/11/09. « Mer d’huile », Musée zoologique de Strasbourg, du 15/10/09 au 14/01/10.  Coffret Yves Chaudouet contenant cinq ouvrages, Actes Sud.  et le site d'Yves Chaudouet : www.whysea.net (Image : Les Méduses, courtesy Yves Chaudouet, courtesy Yves Chaudouet)

Panorama de la sculpture contemporaine

Issoudin, musée de l'Hospice 

du 16/10/09 au 24/05/10

Le musée de l’Hospice d’Issoudin montre un véritable panorama de la sculpture contemporaine de 1947 à 2005. Bien sûr, le visiteur  trouve l’Histoire avec Soto, Agam et César. Bien sûr, il y voit les plus que célèbres Bernar Venet, Bertrand Lavier ou Pablo Reinoso. Dans la tendance actuelle, l’exposition lui dévoile Jean-Michel Othoniel, Pierrick Sorin et Xavier Veilhan. Et leur font écho les œuvres moins connues mais tout aussi intéressantes de Christine Crozat ou de Samuel Buri. Un parcours passionnant dans un ancien hôtel-Dieu du XIIème siècle. Et pour compléter la visite, l’amateur peut découvrir aussi bien des œuvres des surréalistes, d’artistes relevant de l’art brut ou même une reconstitution de l’appartement de Leonor Fini !

« Panorama de la sculpture contemporaine », Musée de l’Hospice Saint-Roch, Rue de l’Hospice Saint-Roch, 36100 Issoudin, 02 54 21 01 76. Du 16/10/09 au 24/05/10. www.issoudin.fr (image : Christine Crozat, "Sans titre", 2001, porcelaine, Commande publique du ministère de la Culture et de la Communication, Centre Nationale des arts plastiques, courtesy photo Bruno Scotti, Paris/CNAP)

Fabienne Verdier

Paris, galerie Jaeger Bucher

du 23/10 au 09/01/10

« Mes toutes dernières recherches m’amènent à réfléchir sur la genèse du vivant, l’émergence spontanée des structures, mouvements, plissements et dynamiques naturelles de la naissance des reliefs. Avec le pinceau pour compagnon, le flux de la matière devient le paysage, la toile devient cartographie physique, sorte de géographie de l’esprit qui nous amène à percevoir l’ossature du monde ». Dans l’univers actuel  de l’art contemporain, Fabienne Verdier pourrait apparaître comme un OVNI ! Tout simplement parce qu’elle poursuit une tradition qui vient à la fois de l’art occidental et oriental. Car elle a su conjuguer des études aux Beaux-Arts de Bourges poursuivies par des études supérieures d’art à l’institut des Beaux-Arts du Sichuan dont elle sort diplômée avec un prix d’excellence. Au fait de l’Unique Trait de Pinceau du célèbre peintre chinois Shitao, plongée dans la culture chinoise jusqu’à devenir de 1989 à

1991, attachée culturelle auprès de l’ambassade de France à Pékin, elle crée une œuvre à son image. Unique. Et ses grandes peintures noires de naître du plus profond de la tradition chinoise et de poursuivre les recherches des américains Pollock, Kline, De Kooning ou des français comme Michaux ou Degottex. Mais justement, loin d'un OVNI, ses oeuvres sont aussi proches des recherches d’artistes contemporains comme Robert Ryman et « ses touches chargées d’énergie et d’intériorité »,  Brice Marden qui « a inventé dans ses dessins, encres et peintures, une nouvelle expression picturale méditative avec ses lignes aléatoires dans l’espace » ou Anish Kapoor et « sa phénoménologie de l’univers » (Fabienne Verdier).  Ainsi, ses œuvres dévoilent un monde totalement spirituel, inspiré par le Souffle, l’équilibre, la Vie. Elles donnent à voir les mouvements intérieurs dont parle Henri Michaux et cette « paix…. dans une douceur de soie, m’élevant sans privilèges tous les feuillages de la forêt de la terre ont le frémissement à l’unisson duquel je frissonne… »

« Fabienne Verdier. Peintures », Galerie Jaeger Bucher, 5 & 7, rue de Saintonge, 75003 Paris. 01 42 72 60 42. Du 23/10 au 09/01/10. www.galeriejaegerbucher.com et www.fabienneverdier.com. (Image, photo d'atelier, courtesy Philippe Chancel, courtesy Fabienne Verdier et la Galerie Jaeger Bucher, Paris, 2009)

Hugues Reip

Chamarande, centre d'art contemporain 

du 18/10/09 au 07/02/10

Après Philippe Ramette et Delphine Coindet, Hugues Reip s’empare du château et de la chapelle de domaine de Chamarande sur le fil du rasoir entre réalité et fiction ! Il faut dire que l’artiste nous a habitué à jouer avec la science et le fantastique toujours présents dans ses « voyages » où se croisent Jules Verne, Jonathan Swift, les mangas, l’histoire de l’art ou même le cinéma désuet futuriste ! Le point de départ de l’exposition ? Un tableau d’Hubert Robert représentant le

château de Chamarande, reproduit et réinterprété par l’artiste pour l’occasion : « En prenant cette peinture pour point de départ, l’idée est de jouer avec le romantisme que ce tableau évoque, de le faire basculer dans quelque chose de plus noir… ». Sur une trentaine d’œuvres présentes Hugues Reip a crée douze pièces spécifiquement dédiées à chacune des salles d’exposition. Se croisent ainsi des œuvres « in situ » avec d’autres faites ces trois dernières années. Réalisées avec toutes sortes de techniques, ce touche à tout génial comble le regard de créations qui sont aussi bien des vidéos, des sculptures, des installations, des découpages, des collages… qui interrogent la réalité de notre quotidien. « J’aimerai que le spectateur se trouve baigné dans une atmosphère peu rationnelle, avec des ruptures d’échelles, des mondes que l’on connaît tous intimement sans y avoir mis les pieds, comme une intuition. J’aime bien l’idée développée par les précurseurs de la littérature fantastique : partir du réel et le vriller à tel point pour qu’il ne soit plus envisageable ».

Voir le portfolio en cliquant sur l'image.

"Hugues Reip. Le Château", exposition monographique, Domaine départemental de Chamarande, Centre d'art contemporain, 38, rue du Commandant Arnoux, 91730 Chamarande. 01 60 82 52 01. Du 18/10/09 au 07/02/10. www.chamarande.essonne.fr: www.reip@free.fr. (image "Deep night music (Hommage à Oyvind Fahlstrom), illustrations sur aimants/tôlt peinte, courtesy Masanori Ikeda, Courtesy de l'artiste et galerie du jour agnès b).

Orlan, corps à corps

Maubuisson, Abbaye de Maubuisson 

jusqu'au 08/03/10

Les Selfs-Hybridations d’Orlan ?  Une recherche que l’artiste mène depuis 20 ans déjà. Une recherche approfondie. Fondamentale. Qui ne cessent de parler du corps, du sacré, de la féminité, de la beauté. Et grâce aux nouvelles technologies, Orlan s’amuse. Et cette jusqu’auboutiste de convoquer les grandes figures de l’histoire de l’Amérique comme celle de l’histoire de l’art américain. Recherches corporelles et faciales qui donnent des images puissantes et d’une picturalité photographique remarquable où se fondent les portraits de l’artiste. Après avoir incarné la Maya de Goya et l’Odalisque d’Ingres, elle se tourne désormais vers les cultures non occidentales pour mieux poursuivre son brassage de l’espèce humaine.  Pour l'abbaye de Maubuisson, elle présente de nouvelles sculptures dans lesquelles apparaît AKA, son double artistique. Et dénonce à sa manière l'utilisation des médias.

"Orlan", Abbaye de Maubuisson, 10, rue Richard-de-Tour, Saint-Ouen-l'Aumône. 01 34 64 36 10. Jusqu'au 08/03/10. www.orlan.net (courtesy Orlan, Orlan est représentée par l'ADAGP, Paris, 2009)

Voir la vidéo en cliquant ICI

Bernar Venet, passion métal

"TILT", oeuvre du Centre des arts plastiques en région centre

Jusqu'au 01/03/10

Voir la vidéo en cliquant ICI 

Bernar Venet, "TILT", oeuvre du Centre des arts plastiques en région centre. Jusqu'au 01/03/10 (Courtesy Bernar Venet, ADAGP Paris, 2009)

Deadline, la mort aux trousses

Paris, Musée d’art moderne de la ville de Paris

du 16/10 au 10/01/10

La mort les a tous rattrapée. Et il en étaient conscients. Leurs œuvres s’en retrouvent perturbées. Car à l’approche de la mort, en raison de la vieillesse ou de la maladie, les artistes choisis et disparus au cours de ces 20 dernières années, s’ouvrent à une nouvelle intensité, une autre plénitude. Comme Absalon qui réalise des vidéos dans lesquelles il se met en scène jusqu’à la révolte. Comme Willem de Kooning qui peint dans la solitude des toiles libres et totalement épurées. Comme Chen Zhen qui invite à scruter les organes, les cycles de vie,

dans leurs rapport aux différentes médecines. Et encore Robert Mapplethorpe, Martin Kippenberger, James Lee Byars, Gilles Aillaud, Hannah Villiger ou Felix Gonzalez-Torres…

« Deadline », Musée d’art moderne de la ville de Paris, 11, avenue du président Wilson, 75116 Paris. www.mam.paris.fr.  Du 16/10 au 10/01/10. (Image :2000, Cristal, fer, vitre, 95 x 190 x 70 cm, Collection Xu Min, Paris, Courtesy Galleria Continua, San Gimignano /Beijing / Le Moulin, © Ela Bialkowska, © ADAGP Paris. L'artiste étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre sera retirée du site à la fin de l'exposition) 

 

Elles, l'art contemporain au féminin

Paris, Centre Pompidou

du 27/05 au 24/05/10

Un évènement. Unique. Un an d’exposition ! Pour la première fois dans le monde, un musée présente ses collections au féminin. Pas l'ombre d'un homme ne plâne donc sur cette manifestation ! Beaubourg désire montrer ainsi son engagement vis-à-vis des artistes femmes de toutes nationalités et disciplines confondues, du XXème comme du XXIème siècle. Ainsi, plus de 500 œuvres et 200 artistes se réunissent dans un accrochage à la fois thématique et chronologique. Enfin le visiteur peut se rendre compte que les révolutions et les évolutions artistiques se sont toujours faites avec les femmes. Et aussi par les femmes !

 

L’exposition commence au 5ème étage avec les « pionnières » auxquelles sont consacrées huit espaces où se côtoient les incontournables et sublimes Shirley Jaffe, Joan Mitchell, Sonia Delaunay, Natalia S. Gontcharova, Frida Kahlo, Dora Maar… Puis le visiteur descend au quatrième étage où se bousculent d’autres magnifiques pièces.  Avec en appéritif, une installation gag d'Agnès Thurnauer qui sur des badges géants de couleurs féminise les grands noms de l'histoire de l'art ! Tout commence ensuite avec « Feu à volonté » de Niki de Saint-Phalle !

Place donc d’abord aux  « féministes » avec Karen Knorr, Rosemarie Trockel qui offrent leur propre vision de la réalité. Suivent les premières photographes et vidéastes comme Orlan, Atsuro Tanaka ou Ana Mendieta obsédées par la représentation  du « corps-slogan ». En arrivant doucement à la salle consacrée à de grandes vidéos montrant des performances physiques et  nues de Carolee Schneemann et Gina Pane, un petit chef-d’œuvre de Maïder Fortuné,  une vidéo toute simple mais magique d’une jeune femme qui saute et dont ont voit le visage bouger de manière absolument poétique. Sans oublier le catalogue de gestes de Natacha Nisic dévoilant dans chacune de ses vidéos deux mains de femme en train de réaliser un travail quotidien. Arrivent les artistes intéressées par l’ « organisme », le conceptuel et le sensuel avec Louise Bourgeois, Valérie Jouve ou Agnès Martin. La visite se poursuit par les plasticiennes dont l’art s’attache au « privé », à une « chambre à soi », comme Dorothea Tanning ou Sophie Calle. Les deux dernières salles s’adressent l’une au thème de  l’ « autobiographie » avec Natacha Lesueur ou Jenny Holzer, l’autre à la « dématérialisation de l’œuvre d’art » avec Tacita Dean, Geneviève Asse ou Matali Crasset, Au milieu de ce foisonnement, retenons quelques « perles ». Ici, l’étonnante « robe de chair pour Albinos anorexique » de Jana Sterbak. Plus loin,  la superbe tapisserie couverte de bijoux et de fils de toutes sortes de Milvia Maglione. Ailleurs,  l’espace de Kee Jeang-A et le superbe tableau d’Amelie von Wulfen. Et du côté du design, les blocs sanitaires de Charlotte Perriand. Surtout n’oubliez pas de marcher, de remarcher  et vous laisser emporter par la vidéo de Pipilotti Rist intitulée « A la belle étoile ». Tout un programme donc  pour cette exposition qu’il faut voir. Revoir. Dont il faut s’imprégner. S’imbiber. S’abreuver. Un pari donc réussi avec aussi bien les figures incontournables de l’art au féminin comme de très intéressantes découvertes. Et oublions les contoverses femmes-hommes, hommes-femmes... L'essentiel soit que la conservatrice chargée du projet, Camille Moreau, a, même si certains sujets restent trop ancrés dans les clichés féminins comme les activités manuelles du tricot, le thème de la beauté ou de la famille, etc... , éviter les éccueil du glamour. Ici, place à l'engagement, au féminisme et à la liberté.

 

 

« Elles@centrepompidou. Artistes femmes dans les collections du Centre Pompidou », Du 27/05/09 au 24/05/10. www.centrepompidou.fr  (Image, Matali Crasset, MIXtree Salon d'interface musicale, 2005. Centre Pompidou, Musée national d'art moderne/Centre de création industrielle. Photo Patrick Gries. )

Wild Feature, un nouvel expressionnisme américain

Paris, galerie Zürcher

Du 14/11/09 au 30/12/09

Ils ont tous entre 29 et 35 ans. Ils travaillent tous à Brooklyn à l’initiative de l’un d’entre eux, Brian Belott. Tous aussi revendiquent une « fauve attitude » et s’inspirent de la fameuse « Cage aux Fauves » du Salon d’Automne de 1905. C’est ainsi que Melissa Brown pratique la gravure sur bois comme les expressionnistes allemands des mêmes années. Brendan Cass surdimensionne ses paysages en se revendiquant de Vlaminck.  Ou encore John Hodany réalise des peintures en papier découpés-assemblés tandis que James B. Franklin donne dans une précision bien énigmatique. Une exposition qui ouvre les yeux sur de nouvelles perspectives américaines remplies de fraîcheur.

« Wild Feature 2 », Galerie Zürcher, 56, rue Chapon, 75003 Paris. 01 42 72 82 20. Du 14/11/09 au 30/12/09. www.galeriezurcher.com (image James B. Franklin, courtesy de l'artiste et galerie Zürcher)

Alain Séchas

Paris, Galerie Chantal Crousel

Du 12/12/09 au 23/01/10

Depuis 2008 et surtout 2009, Alain séchas présente dans ses expositions de part le monde, un travail auquel il ne nous avait pas habitué. C’est donc cette fois plus proche de nous, à Paris, galerie Chantal Crousel, qu’il dévoile ses tableaux. Des tableaux expressionnistes, colorés, balafrés, coulants, d’une jubilation extrême ! Fini les chats de Séchas ? En tous cas rien en vue. Sauf dix toiles soigneusement marouflées où le peintre s’est lâché, s’est laissé allé au plaisir de geste, au plaisir de la couleur et de la matière. Alors qu’importe qu’il change ou que ce soit passager ! Alain Séchas nous montrer qu’il est peintre. Et un très bon peintre !

« Alain Séchas », Galerie Chantal Crousel, 10, rue Charlot, 01 42 77 59 00. Du 12/12/09 au 23/12/10. www.crousel.com (image : Alain Séchas, Mexico, 2009, acrylique sur papier marouflé sur toile, courtesy Alain Séchas et la galerie Chantal Crousel, ADAGP, Paris)

 

Albert Oehlen, abstraction expérimentale

Paris, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris/ARC

du 01/10/09 au 03/01/10

Jusqu’à présent, Albert Oehlen semblait vouloir autant être peintre que haïr la peinture. Une contradiction que l’artiste allemand exprimait par des massacres et des tortures de la toile à n’en plus finir. Et il la désacralisait à l’image de son maître Sigmar Polke. Et il la galvaudait avec un cynisme punk pour faire ce qu’il appelait « une mauvaise peinture ». Pas de technique. Rien que des balafres, des coups, des frottements, des giclures, des coulures… Naissent des barbouillages, des œuvres opaques, des toiles apocalyptiques. Mais depuis 2007, fini la révolte des années 80 et 90. Albert Oehlen se calme. S’assagit. Désormais il ne veut plus peindre « que ce qu’il trouverait réellement merveilleux ».

Aux amalgames se succède la transparence. A la violence du geste vient la seule rapidité. Même les masses de couleurs s’équilibres, s’harmonisent, jubilent. Il faut absolument suivre le parcours de ce peintre allemand significatif de sa génération qui raconte ici son histoire de l’abstraction. Avec des œuvres récentes pour la plupart totalement inédites.  

« Albert Oehlen », Musée d’Art moderne de la Ville de Paris/ARC, 11, avenue du Président Wilson, 75116 Paris. Du 01/10/09 au 03/01/10. www.mam.paris.fr (Image : huile sur toile, 280X300 cm, collection privée, courtesy Albert Oehlen, photo Stephan Rohner. Albert Oehlen étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre sera retirée du site à la fin de l'exposition)

 

Noli me Tangere

Paris, Galerie Olivier Robert

Du 05/12/09 au 09/01/10

Question de religion ou pas ? Tous les artistes de l’exposition, en tous cas, joue de l’ambiguité, de l’espoir et du questionnement. Et contre toute attente, ils s’y attaquent ! En le frôlant, le touchant, l’abordant franchement. Et se multiplient les crucifix, les saintes ou la Vierge… Et les images d’être martyrisées par Boogie, les signes de se multiplier chez Lionel Scoccimaro, on torture et blasphème du côté d’Eric Pougeau  et plongeon dans les origines de la croyance avec Haley. Une exposition très intéressante qui plonge plonge le visiteur dans un questionnement toujours sans fond.

« Noli me Tangere », Galerie olivier Robert, 5, rue des Haudriettes, 75003 Paris. 01 43 25 31 87. Du 05/12/09 au 09/01/10. www.galerieolivierrobert.com (Photographie de l'exposition, courtesy galerie Olivier Robert)

 

Emmanuelle Villard, la peinture faite désir

Modène, Galerie Artema

du 10/10 au 13/12/09

Depuis 1998, Emmanuelle Villard invente une peinture pas comme les autres. Une peinture mouvante, dégoulinante, débordante, gluante, qui se moque bien du cadre. Souvent, ses toiles sont toutes petites. Il faut s’en approcher. Presque se laisser séduire. Lentement. Tout doucement. Et le visiteur se laisse conquérir par les couleurs acidulées, pailletées et sursaturées qui lui rappellent bonbons et sucres d’orges à se lécher les babines !  L’artiste, née en 1970, travaille toujours à l’horizontal. Puis laisse la peinture et le vernis agir. Naissent des boucles, des ondulations, qui viennent
d’un geste toujours répétitif. Verser, laisser se répandre, contrôler la coulure. Puis Attendre. Une semaine souvent. « A partir du moment où la peinture est déposée sans repentir possible, le tableau devient un corps autonome », explique Emmanuelle Villard…. Ce qui m’intéresse, c’est la manière dont circulent le désir, le regard ». En 2004, sa série sur les boules conquiert un nouvel espace. Ici la laque coule sur le polystyrène. Et l’on imagine quelque lampion ou nuage lumineux d’une joyeuse fête foraine. Une œuvre par-dessus tout tentatrice et précieuse.

"Emmanuelle Villard. Sooto i lustrini", Galeria Artema, Corso Canalchiaro 34, 41 100 Modena, Italie. Du 10/10/09 au 13/12/09. www.spazioartema.com; www.emmanuellevillard.com (image : courtesy Emmanuelle Villard, et galeria Artema, 2009)

Tout, tout, tout sur la FIAC

Grand Palais, Tuileries, Cour Carrée du Louvre

du 22/10/09 au 25/10/09

Pour tout savoir sur la FIAC, un article et les évènements incontournables à ne pas manquer qui accompagne la Foire. Par Anne Kerner.

FIAC, Grand Palais, cour Carrée du Louvre, Tuileries, du 22 au 25 /09/09. www.fiac.com

 

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Damien Cabanes, juste un trait sur une toile…

Alex, Fondation salomon 

du 11/07 au 08/11/09

Ici pas de démonstration événementielle. Pas d’artifice. Mais simplement la nécessité du faire. Et l’humilité. Beaucoup d’humilité. Sur de grands morceaux de papier pas très bien découpés, quelques traits de couleurs brossés rapidement avec un large pinceau. Naissent de tendres portraits. Tout simples. Tout beaux. Des gouaches et des huiles sur toiles aux teintes privilégiées de Damien Cabanes. Des oranges et des pourpres. Des verts et des roses délicieux.  De celles qui emportent déjà depuis quelques années le spectateur dans le ravissement, que ce

soit avec les grandes sculptures de polystyrène ou celles, minuscules, en pâte à modeler. Le peintre croque son entourage ou donné quelques scènes de genre. Désormais le format est souvent devenu immense. Et dans ses tableaux magnifiques s’étendent des corps, des personnages isolés. Une sorte de passion raisonnée hante ses œuvres dont l’artiste de 50 ans aux allures juvéniles affirme « ce ne sont pas les sentiments du modèle que j’exprime mais les miens ». La Fondation présente ce travail superbe que suit le galeriste Eric Dupont depuis 1992, avec aussi bien ses sculptures, ses œuvres sur papier, ses gouaches, ses huiles, ses esquisses…

« Damien Cabanes. Corps à corps », Fondation pour l’art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon, château d’Arenthon, 74290 Alex. 04 50 02 87 52. Du 11/07 au 08/11/09. www.fondation-salomon.com (courtesy Damien Cabanes et Galerie Eric Dupont, Paris)

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Né dans la rue. Graffiti.

Paris, Fondation Cartier pour l’art contemporain

jusqu’au 29/11/09

Le graffiti en ce moment est partout On l’a vu au Grand Palais, à l’espace culturel Louis Vuitton, dans de nombreuses galeries. La Fondation Cartier, de son côté, lui laisse tous ses espaces, cimaises, jardins, façade, pour déployer la vitalité de ce mouvement qui a pris son essor dans les rues de New York au début des années 70. C’est donc de sa naissance à aujourd’hui que la fondation cherche à retracer l’histoire de ce vaste territoire qui à force d’être tellement montré devient parfois flou.

Tout commence donc dans les rues de New York à la fin des années 60. Ils ont 15 ans et essayent d’inscrire leurs noms sur les murs. Le mouvement commence avec le tag, signature souvent accompagnée du numéro de la rue. A partir de 1971, les taggeurs étendent leur territoire au métro. Pour être vus par un maximum d’usagers. La taille des dessins augmente. Les motifs se singularisent. Et bien vite dès les années 80, le monde de l’art s’y intéresse. La fondation Cartier rend hommage aux fondateurs du graffiti comme Part 1 et Seen mais également à Basquiat et Keith Haring. La génération actuelle des JonOne, Cripta, McGee, Evan Roth…  investit les façades du bâtiment. De nombreux films sont programmés comme le graffeur suédois Nug, le brésilien Stephan Doitschinoff, le graffeur new-yorkais Katsu ou encore le film de la cinéaste Agnès Varda consacré à l’art urbain à travers celui des muralistes de Los Angeles dans les années 80. Bref une exposition qui se veut absolument riche et éducative avec une profusion d’œuvres, de documents et de films.

« Né dans la rue. Graffiti ». Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261, bld Raspail, 75014 Paris. 01 42 18 56 50. Jusqu’au 29/11/09. www.fondation.cartier.com (Image : Henry Chalfant, Stalingrad, Paris, 1985, Photo courtesy Chalfant)

David Lefèbvre, la réalité dans le désordre

Paris, Galerie Zürcher

du 05/09/09 au 25/10/09

 

En 2008, David Lefebvre, inondait la galerie de ses petits formats. Aujourd’hui, grâce à un atelier plus grand, il peut développer ses possibilités. De grandes toiles, donc, cette fois-ci, envahissent la galerie Zürcher, où l’artiste, comme à son habitude, montre ses sujets, souvent banals de  la vie quotidienne. Car pour David Lefebvre, tout est presque bon à prendre. Les images de magazines, des paysages de styles urbains, des photos prises par téléphones ou sur le net…. Sa technique ? D’abord une classique mise au carreau qui permet l’élaboration du dessin. Puis il laisse la peinture « se faire d’elle-même », dit-il. Apparaissent des coulures qui permettent la place à l’aléatoire, à l’accident, au hasard. Et qui rappellent d’autres artistes de la galerie comme Marc Desgrandchamps. Un œuvre qui nous plonge dans notre réalité.

« David Lefebvre. Dans le désordre », galerie Zürcher, 56, rue Chapon, 75003 Paris. 01 42 72 82 20. Du 05/09/09 au 25/10/09. www.galeriezurcher.com Image David Lefebvre, "Sans titre", 2009, huile sur toile, 80X60, courtesy David Lefebvre et galerie Zürcher, Paris

Gérard Traquandi, au coeur du monde

Paris, galerie Laurent Godin

du 12/09 au 17/10/09

Dans le vieux port de Marseille, entre ciel et mer, Gérard Traquandi s’inspire de la nature « non balisée, inquiétante et idéale des Alpes du Sud » pour créer une œuvre sur le fil du rasoir de l’abstraction et de la figuration. Visite au cœur de son univers.

« Choisir d’être peintre, aujourd’hui, c’est choisir un mode de vie... la liberté. », avoue comme un secret Gérard Traquandi  buvant son pastis sur le pas de porte de l’atelier. Dans un moment de pause sacré sous le soleil ruissellant de Marseille. Suspendu entre ciel et mer.

La suite de l'article dans la rubrique "rencontres" en cliquant sur l'image.

"Gérard traquandi, galerie Laurent Godin, 5, rue du Grenier Saint-Lazare, 75003 Paris. 01 42 71 10 77. Du 12/09 au 17/10/09. www.laurentgodin.com (Image : vue de l'atelier, courtesy Gérard Traquandi et Galerie Laurent Godin Paris, ADADP Paris. Gérard Traquandi étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée du site à la fin de l'exposition. Idem dans la partie Zoom)

Vincent Beaurin, Comme une maison

Paris, Galerie Frédéric Giroux

du 12/09 au 31/10

« Mon exposition c’est la visite d’une maison aux plafonds très hauts, qui auraient pu être celle d’un collectionneur de statues antédiluviennes et autres curiosités ». Après avoir fait un très beau détour vers le design, Vincent Beaurin se consacre à nouveau à son œuvre d’artiste. Il a réalisé ainsi plus d’une vingtaine de sculptures pour la galerie. Et il poursuit, «  Je répète longtemps les même gestes. Je dissous des nœuds. Je m’attache à la symétrie. Je ne sais pas très bien si cette activité est régressive ou méditative mais ça m’apaise. J’élabore une méthode autant que des typologies, des dispositifs. Ensuite, il y a le résultat ». Apparaissent des structures simples qui appellent le vide. Des formes  hybrides, organiques qui cherchent l’équilibre. Intensément.

« Culte. Une exposition de Vincent Beaurin », galerie Frédéric Giroux, 8, rue Charlot, 75003 paris. 01 42 71 01 02. Du 12/09/09 au 31/10/09. www.vincentbeaurin.com et www.fredericgiroux.com (Image : courtesy Vincent Beaurin, galerie Frédéric Giroux, l'artiste étant représenté par l'ADAGP, la photo de l'ouevre a été retirée à la fin de l'exposition)

Grand herbier d’ombres, hommage à Lourdes Castro

Paris, Centre culturel Calouste Gulbenkian

du 14/10 au 12/12/09

Née en 1930, Lourdes Castro est une artiste d’origine portugaise qui s’installa à Munich puis Paris. Le Centre dévoile ici pour la première fois en France son «Grand herbier d’ombres »,   véritable travail scientifique et méticuleux, qui convoque sur le papier l’ombre projetée d’une centaine de plantes différentes. Elle a ainsi la volonté d’unir l’objet et son double, le corps et le même, le réel et le magique qui entraîne l’observateur vers la beauté absolue. Un travail d’une rare finesse et d’une rare sagesse qui dématérialise avec élégance le réel. 

« Grand herbier d’ombres de Lourdes Castro », Centre culturel Calouste Gulbenkian, 51, avenue d’Iéna, 75116 Paris. 01 53 23 93 93. Du 14/10/09 au 12/12/09. www.gulbenkian-paris.org (image : courtesy Lourdes Carstro)

Winshluss, à hurler de plaisir et d’effroi

Paris, Galerie Vallois

du 11/09/09 au 10/10/09

Ici çà grince et çà dérape. Cà glisse avec délice. Le dessinateur de BD Winshluss s’amuse avec des albums bruts d’amour, des histoires soit disant amorales, des contes hilarants à dormir debout ! Et personne d’en sortir indemne ! Il joue aux jeux de massacre avec Pinocchio ou Mickey, il détourne codes et usages et se révolte contre tout ce qui le révulse dans la vie ! Bref l’auteur, primé à Cannes et Angoulême, est loin de laisser indifférent. Il offre sa vision du monde. Telle quelle. Parle de notre univers et de notre culture avec son trait incisif et virulent. Un univers génial « A hurler de plaisir et d’effroi » dit David Rosenberg.

« Winshluss. Amours », Galerie Vallois, 36, rue de Seine, 75006 paris. 01 46 34 61 07. Du 11/09/09 au 10/10/09. www.galerie-vallois.com (Image, Winshluss, "angoisse", courtesy de l'artiste et galerie Vallois Paris)

Peter Kogler, ballade kafkaïenne

Paris, Galerie JGM

du 16/10/09 au 28/11/09

Des fourmis. Encore des fourmis. Partout des fourmis !!! Peter Kogler n’a peur de rien et surtout pas de ces petites bêtes qui envahissent son œuvre à n’en plus finir. Auteur de nombreuses commandes, l’artiste viennois développe donc depuis plus de vingt ans une démarche sur un motif recréant l’univers mental. Modélisés par ordinateur, tous ces éléments constitutifs à son répertoire, fourmis, cerveaux, globes terrestres, ampoules, entrelacs…. s’organisent ensuite sur

toute surface utile ou dans l'espace. Ainsi, pour l’exposition, l’artiste intervient aussi bien sur les murs jusqu’au mobilier usuel, banc, table…. «Ce qu’il entreprend à chaque intervention n’est pas qu’une volonté de différer, de déplacer, non pas dans le sens des arrangements avec du même, mais dans le sens purement dialectique des avancées depuis toujours propres au modernisme viennois », explique le curateur Ami Barak. Une ballade dans un univers kafkaïen.

« Peter Kogler. Des fourmis et des signes ». Galerie JGM, 79, rue du Temple, 75003 Paris. 01 43 26 12 05. Du 16/10/09 au 28/11/09. Voir www.kogler.net et www.jgmgalerie.com (Image : Peter Kogler, "bench", courtesy Peter Kogler et galerie JGM Paris)

 

Betty Bui

Candel’arbres

Leu Tempo Festival à Saint-Leu, La Réunion

 

mai 2009

Une forêt d’arbres en contreplaqué est installée au milieu de palmiers et de cocotiers du Parc du 20 Décembre, à Saint-Leu, La Réunion. Ils émettent du feu, vecteur de chaleur et de lumière, comme des guides lumineux, le soir, pendant le Festival..

La suite en photo et vidéo  dans la rubrique  http://www.ouvretesyeux.fr/labo/art-contemporain.html

 

"Candel’arbres, un projet de Ré-Union,  Leu Tempo Festival à Saint-Leu, La Réunion, mai 2009. Réalisé en collaboration avec Vincent Athéa.(images Betty Bui)

JonOne fête les dix ans de

paris, la galerie de Magda

le 04/07/09

 

Beaucoup de monde à la galerie Magda Danysz pour fêter les dix ans de la galeriste. Et pour célèbrer cet anniversaire, le travail de JonOne envahit les cimaises de cet espace qui défend le Street Art depuis ses débuts. En même temps, son coup de foudre pour Shanghai se concrétise avec l'ouverture d'une deuxième galerie en Chine !

"JonOne", Galerie Magda Danysz,  78, rue Amelot, 75011 Paris. 01 45 83 38 51. Le 04/07/09(image : courtesy Jonone, galerie Magda Danisz, ADAGP, Paris, 2009)

18Gallery, Bund18, 18 Zongshan East Road (E1), 4F, Shangai, 200002, China. magda@magda-gallery.com

Performance d'Alex One et Oxmo Puccino

Paris, Espace Culturel Louis Vuitton

le 18/06/09

Emmanuel de Brantes : « …Nous avons reçu Skki qui fait parti des grands noms du graffiti en France.  Il a commencé à travailler sur le mur de Berlin à l’époque où il fallait le faire et où on pouvait encore le faire. Aujourd’hui, nous accueillons Alexone, le premier Alexandre après Alexandre Le Grand ( !) qui va exprimer son art de manière oedipienne…. Si je dit cela ce n’est pas parce qu’il a un problème avec sa mère,  mais parce qu’il a développé un style reconnaissable parmi tous.

Comme vous le savez, le graffiti c’est d’abord le signe... La suite en vidéo sur http://www.ouvretesyeux.fr/labo/art-contemporain.html

Performance à l'Espace culturel Louis Vuitton, 60, rue de Bassano, 75008 Paris. www.louisvuitton.com/espaceculturel (image Christine Barbe)

Parreno, parcours initiatiques

Paris, Centre Pompidou

du 03/06 au 07/09/09

Une rétrospective ? Mieux ! Ou pire ? C’est un « voyage dans le temps » que propose, à 49 ans,  Philippe Parreno ! Sur les 1200 m2 qui lui sont donnés, l’artiste multimédia laisse la lumière et la ville de Paris inonder l’espace. Comme pour mieux dialoguer avec son œuvre.  Et délibérément, il aboli donc les cimaises. Pour s’en donner à cœur joie ! Pour inventer un nouvel espace de liberté où se mêlent les nouvelles technologies de l’image, la télévision, le cinéma, la musique pop….  Son parcours de l’exposition ? Libre, aléatoire, où chacun  

peut composer sa propre histoire et vivre des expériences.  Mais finalement, la liberté n'est-elle pas trop grande ? La proposition trop aléatoire ? L'artiste donne quelques repères, des dates de rappel historiques comme la mort de Kennedy en 1968, l’ouverture du Centre Pompidou en 1977 et son œuvre « Speech Bubbles » de 1993. Le visiteur est ainsi accueilli par une marquise, grande sculpture lumineuse qui surplombe l’entrée de l’exposition inspirée des anciens « Movie Houses » américains annonçant une séance de cinéma. Puis, il découvre au plafond une nouvelle version rouge de « Speech Bubbles » de 1997, des ballons gonflés à l’hélium en forme de bulles de BD. La promenade sur une moquette rouge imense, vide, se poursuit ainsi entre quelques œuvres comme un sapin,  le regard circule sur l’énorme fresque en peinture phosphorescente « Fade to black »… Tandis que des évènements inédits se réalisent tous les matins avec des enfants et des adolescents autour du fameux sapin de Noël en fonte d’aluminium.  Et toute cette exposition de tourner autour de la projection sur un immense écran d’un film en 70mm, certes d'une grande puissance d'une grande beauté. Bien sûr Philippe Parreno n’en reste pas là ! Toutes les 10 minutes, l’espace plonge dans la pénombre pour révéler de nouvelles pièces… Une exposition totalement à l’image de son instigateur à la fois acteur, producteur, metteur en scène et directeur artistique … Mais qui laisse un peu en haleine.

« Parreno », Centre Pompidou, 75004 Paris. 01 44 78 12 33. Du 03/06 au 07/09/09. www.centrepompidou.fr. (image : The Writer, 2007, Installation vidéo : écran LCD 7pouces, 17,4 x 12 x 2cm, vidéo numérique sur DVD, coul, son, 3’58’’, Courtesy l'artiste.)

A lire, le catalogue de l’exposition et un conte pour enfants écrit par Philippe Parreno et illustré par Johan Olander.

 

Baselitz, à la renverse

Toulon, Hôtel des Arts

du 13/06 au 27/09/09

Dans les années 60, alors que Beuys réhabilite l'art allemand en le lançant dans le courant conceptuel, vingt ans avant la génération des "nouveaux fauves", Georg Baselitz réinvente une peinture de la figure humaine. Portrait d'un des artistes les plus provocateurs de cette fin de siècle.

"J'exige tout de moi. Je n'exige à vrai dire rien des autres. Je ne travaille pas avec les autres. Je ne sais pas ce que font les autres". Malgré Hitler et le nazisme. Avec Goethe et Weimar. Dans les années 1970, alors que Beuys réhabilite l'art allemand, Georg Kern dit Baselitz, l'agresse et le violente. Alors que Wahrol et le Pop Art glorifient aussi bien Marylin Monroe que Coca Cola et Campbells, cet originaire de Haute Lusace, épanche ses pires instincts. Alors que les abstraits se vautrent dans leurs taches et leurs dégoulinades, l'artiste ne cesse de 

travailler la figure. Et quel corps. Sa peinture entre dans les musées ? La sculpture le prend et le dévore.  Plus le terrain apparaît balisé, plus ce démon du pinceau, réplique et  s'interroge. Peintre de la solitude et du questionnement, mais surtout du défi et de l'opposition, il élève l'art du  "contre" comme un étendard au-dessus de l'Allemagne bon chic bon genre d'Adenauer et de Brandt. Et brouille, désoriente, rompt, choque, angoisse. En "killer". Qu'importe ! Ce dernier cracheur de feu de cette peinture fin de siècle a tout pris, chamboulé et tourneboulé. Pour l'amour du risque. Sexe, anamorphoses et renversements. Avec Baselitz, rien ne va plus !...

(Suite de l'article sur http://www.ouvretesyeux.fr/zoom/art-contemporain.html

"Baselitz", Hôtel des Arts de Toulon, 236, Boulevard Général leclerc, 83093 Toulon. 04 94 91 69 18. Du 13/06 au 27/09/09. www.hdatoulon.fr (Image : "Ein Maler modern (Remix). Un peintre moderne", 2007, huile sur toile)

 

Per Kirkeby, au coeur des fragments du monde

Londres, Tate Modern

du 17/06 au 06/09/09

Quand on parle peinture danoise, on évoque balafres de couleurs et bestiaire fantastique. Bref Asjer Jorn. D'où l'ignorance de ses épigones, et Per Kirkeby en particulier. Or, depuis près de 30 ans, cet homme aux multiples facettes peint, sculpte et filme, écrit poèmes, romans et essais. Féru de sciences, cet ancien géologue projette dans ses oeuvres la même vision fondamentale pour la nature. En peinture, il ne se laisse pourtant entraîner ni par la figure, ni par la non figure : car parmi les touches abstraites, l'oeil s'enchante à discerner ici un paysage, là les contours d'un arbre, plus loin celui d'un visage. Jetant généreusement les couleurs, il barbouille ses toiles avec fureur. Emerge alors un espace et une lumière toute scandinave. Depuis 1973, Kirkeby construit des sculptures en briques, monumentales, destinées à des espaces publics. Leurs racines ? Un mélange détonnant : le minimalisme et les constructions danoises. Le résultat ? Des formes bien connues : une maison, un autel, un arc de triomphe. En 1981, il s'attaque au bronze.

Plus organique, plus gestuel, ce travail le rapproche de la peinture. Et les morceaux de corps humain  qui en résultent de Rodin. Sa trouvaille ? La synthèse des traditions de l'art européen : l'homme, la géométrie, l'architecture classique.

‘Per Kirkeby”, Tate Modern, International modern and contemporary art, Bankside
London SE1 9TG. 020 7887 8888.  Du 17/06 au 06/09/09.
visiting.modern@tate.org.uk Image : affiche de l'exposition( Per Kirkeby étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée du site à la fin de l'exposition)

 

Oliver Debré. Quand le geste fait l'homme.

LAAC de Dunkerque

jusqu’au 20/09/09

En 1945, à 25 ans, Olivier Debré commence sa série de signes-personnages. Son but ? Traduire son émotion face à l’irreprésentable : Dachau, les nazis, la souffrance et la torture qui mènent à la mort. Naît un signe, quasi abstrait, brutal, frénétique. Très vite, son geste devient langage. Sa pâte s’épaissit. Ses couleurs se restreignent. A partir de 1950, le peintre ne cherche plus la forme mais la perception qu’il en a.

Désormais il capte l’âme et non plus le corps. Bientôt ses signes deviennent verticaux. Intuitifs. Directs. « L’homme réfléchit dans l’espace et l’espace conçu le façonne en retour. Le cadrage se resserre davantage sur le signe, lui-même étiré jusqu’aux bords de la toile », explique t-il. A partir de 1985, les signes-paysages l’occupent totalement. Et partout fusionnent le motif et le fond. En écho à l’exposition, le LAAC rassemble des œuvres d’artistes proches d’Oliver Debré, du signe et du geste comme Jean Fautrier, Karel Appel, Gaston Chaissac….

« Olivier Debré. Signes-personnages ». LAAC, Dunkerque. Jusqu’au 20/09/09. art.contemporain@ville-dunkerque.fr (Olivier Debré étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée du site à la fin de l'exposition)

 

Les portraits de Warhol. Le jeux de la série

Paris, Grand Palais

du 18/03 au 13/07/09

 

Depuis 1962, Andy Warhol, le pape du Pop Art réalise des dizaines de portraits Stars du cinéma, de la musique, artistes, collectionneurs, marchands, hommes politiques, couturiers, personnages de la jet set. L’artiste né à Pittsburgh en 1928, dresse un tableau d’une certaine société et crée une nouvelle forme de productions sérielle voire industrielle.  Sa méthode de travail : prise de vue des modèles au polaroïd, choix des clichés, peinture et transposition sérigraphique. L’exposition montre une sélection de deux cent cinquante œuvres parmi les milliers de portraits réalisés et présentés ici par thèmes et articulés autour des moments essentiels de Warhol. Parcours thématique et chronologique donc jusqu'à sa mort en 1987 à New York. Avec trois portraits de

l’artiste à trois ages différents. Avec les icônes modernes, l’œil et la machine qui fixe l’iconicité du sujet, la série des Mao, toutes les stars de cinéma qu’il est heureux de fréquenter, ses compagnons de route de l’art comme Beuys, Basquiat…. Le monde du glamour avec les créateurs du luxe et des paillettes, Sans compter l’aristocratie européenne et la « dernière scène », qui montre que la mort est un thème récurrent dans son œuvre. A voir de très très près.

« Le grand monde de Warhol », Galeries nationales du Grand-Palais, entrée Clemenceau. Du 18/03 au 13/07/09. A lire : « Warhol à son image », essai d’Alain Cueff, éditions Flammarion, 224 pages, 23 euros (Image : "Autoportrait", 1986, acrylique et encre sérigraphique sur toile. The Andy Warhol Museum, Pittsburgh, courtesy Andy Warhol Foundation for the visuals arts inc/ Adagp, Paris, 2009. Andy Warhol étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée à la fin de l'exposition) 

 

Nalina Malani, la grâce indienne

Paris, galerie Lelong

du 15/05 au 10/07/09

Présentée à Artparis et au Salon du dessin contemporain, on a déjà pu admirer le travail  de l’artiste indienne Nalini Malani. Née à Karachi en 1946, travaillant à Mumbai, elle entremêle les cultures et les civilisations, jouant avec les mythologies indiennes et occidentales. Elle explore ainsi au travers d’œuvres issus de tous les médias, peintures, dessins, vidéos et installations, le thème de la condition féminine. Un travail aussi tout dans le raffinement et la préciosité des couleurs,

des lavis, des sujets qui se superposent et se chevauchent.

« Nalini Malani. Cassandra », Galerie Lelong, 13, rue de Téhéran, 75008 Paris. 01 45 63 13 19. Du 15/05 au 10/07/09. www.galerie-lelong.com. (Image : Détail d'une oeuvre de Nalini Malani stand de la galerie Lelong, Salon du dessin. Photo Christine Barbe. )

 

Salon du dessin contemporain

Paris

du 23 au 29 mars 09

Pour sa troisième édition, le Salon du dessin s’installe  au Carreau du Temple. Une soixantaine de galeries et la cerise sur le gâteau, les dessins de la collection Agnès B ! On y trouve tous les médias contemporains : de l’œuvre sur papier au néon en passant par le graffiti ou le wall drawing.  Parmi les galeries, de grandes pointures comme  Magda Danysz, Yvon Lambert, Vidal Saint Phalle, Xippas,Eric Dupont… Que de la qualité.

Salon du dessin contemporain 2009, Carreau du Temple, 1, rue Dupetit Thouars, 75003 Paris.

Du 26 au 29 mars. www.salondudessincontemporain.com

 

Dans les pas de François Daireaux

Saint-Ouen L'Aumône, Abbaye de Maubuisson

du 26/03 au 01/09/09

Sur les pas, les traces de François Daireaux. Marcher. Se déplacer. Visiter. Explorer. Et métamophoser. Tel est le désir de cet artiste d’aujourd’hui.  Lors de ses nombreux voyages, en Algérie, au Maroc, en Bulgarie, Roumanie, Inde, Chine… le plasticien regarde et puise. Les gestes, les bruits, les couleurs, les matériaux. Et dans ces nouveaux mondes, c’est son propre univers qu’il trouve et dévoile dans son œuvre. Car c’est l’insignifiant et l’insolite qui l’intéressent. Il franchit ainsi encore d’autres frontières. Celles de son art qui de la sculpture

à la photographie en passant par l’installation et la vidéo ne cesse de mettre en rapport et en question les lieux et les espaces.

« François Daireaux, d’un côté// l’autre »,  Du 07/05 au 20/06/09. Galerie Les Filles du calvaire // Galerie Dix9, 17, rue des Filles-du-Calvaire 75003 Paris.01 42 74 47 05. www.fillesducalvaire.com et 19, rue des filles du calvaire. 01 42 78 91 77. www.galeriedix9.com.( Image : "Lotus, Datong", 2007, Courtesy Galerie les filles du Calvaire Paris/Bruxelles. François Daireaux "Goodbye",  du 26/03 au 01/09/09, Abbaye de Maubuisson, saint-Ouen L'Aumône. )

 

Ange Leccia métamorphose

Paris, Musée Bourdelle

du 03/04 au 30/08/09

 

 

Toujours intéressant, se nourrissant de l’intime et du mystère, Ange Leccia dévoile au musée Bourdelle une œuvre cinématographique inédite. Invité par le musée, l’artiste entraîne le visiteur dans une odyssée fantasmatique dans l’univers de la sculpture de Bourdelle. Surtout il faut être patient et se laisser entraîner dans les magnifiques 15 minutes qu’offre Leccia. Ici trois salles avec trois histoires différentes. Où le plasticien dialogue à sa façon si subtile avec l’œuvre de Bourdelle. Sa caméra scrute les surfaces, regarde les moindres détails, et sa lumière soit donne vie aux sculptures, soit les rend totalement évanescentes.

« Ange Leccia et le pavillon », Musée Bourdelle, 16, rue Antoine Bourdelle, 75015 Paris. Du 03/04 au 30/08/09. www.bourdelle.paris.fr. (Image, courtesy Ange Leccia. L'artiste étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée à la fin de l'exposition )

 

Ecritures silencieuses

Paris, Espace Culturel Louis Vuitton

du 27/03 au 23/08/09

 

Un espace immense. Blanc. Une aération et une scénographie entre les œuvres parfaites. « Ecritures silencieuses » dévoile plus d’une dizaine d’œuvres  pour la plupart monumentales qui se succèdent doucement le long des murs et des cimaises. Ce projet né en partenariat avec la « Rapa Nui Foundation », présente trois tablettes d’écritures glyphes « Rongo Rongo » venant de l’île de Pâques qui sortent pour la première fois du musée du Vatican. Débuts historiques et lointains donc, de cette écriture dite silencieuse mais qui raconte tant.  Tant de choses que disent en échos les œuvres d’artistes contemporains de toutes nationalités.  Avec l’installation colorée, comme une pluie de signes, de Charles Sandison. Avec l’alphabet on ne peut plus pur de Claude Closky. Avec un papier immense de Giuseppe Penone qui s’étale sur tout un mur. Presque de la terre. Si proche de la nature. Mais aussi les notes de musiques gravées dans du bois d’Idris Khan.  Les immenses traces  de corps en transe d’Ernesto Neto. Ou l’installation en lettres lumineuses de Tracey Emin. Ils sont donc quinze à avoir travaillé l’écriture sous toutes ses formes. Quinze à nous dire de mieux voir pour mieux savoir. On se souvient du coup des premières écritures picturales de l’après-guerre. De leurs pères. De celles de Klee, Tobey, Tapies, Twombly, Hains, Villeglé, Jasper Johns. Et Henri Michaux, bien sûr,  qui, arrivant à l’« illumination », parvenait à un « art qui chante le divin sans avoir à croire en Dieu ».

"Ecritures silencieuses", Espace culturel Louis Vuitton, 60, rue de Bassano, 101, avenue des Champs Elysées, 75008 Paris. 01 53 57 52 03. www.louisvuitton.com( Diaporama Anne Kerner : images Louis Vuitton.)

 

Grandeur nature ! Duane Hanson

Paris, galerie Emmanuel Perrotin

du 23/05 au 11/07/09

 

Né en 1925, Duane Hanson s’est lancé dans les années 60 dans l’hyperréalisme. Mais pas n’importe comment ! L’artiste utilise l’art contemporain pour créer de personnages humains grandeur nature effectuant des moulages directement sur ses modèles vivants ! « Le peuple, les ouvriers, les personnes âgées, tous ces gens que je vois avec de la sympathie et de l’affection. Ce sont ces gens qui se sont battus avec les affres de la vie et qui laissent apparaître la frustration et le dur labeur. Il s’agit de l’activité humaine, la vérité et nous en arrivons tous là ». Duane Hanson présente donc des personnages de la vie de tous les jours. Des gens que personne ne remarque. Travailleurs, personnages désoeuvrés voire désespérés. Il étudie ainsi la condition humaine dans toute sa fragilité. Il s’attaque « grandeur nature » au thèmes universels que sont la pauvreté, la maltraitance, le racisme, la solitude. Son désir : transporter des scènes de la vie quotidienne banale ou provocante au musée pour les immortaliser. Comme il privilégie la fibre de verre et la résine, reproduisant les moindres finesses du corps humain, il donne à ses modèles une nouvelle crédibilité.

Les œuvres qui l’on rendu célèbre à la fin des années 60 ? Un policier blanc tabassant un afro-américain après l’assassinat de Martin Luther King ou des scènes de la guerre du Vietnam. Il décède en 1996 à 71 ans en Floride.

« Duane Hanson. Illusions Perdues », Galerie Emmanuel Perrotin, 76, rue de Turenne, 75003 Paris. 01 42 16 79 79. Du 23/05 au 11/07/09. www.galerieperrotin.com

(Image : Duane Hanson, "Hight School Student", 1990, Lifesize, Art courtesyThe Estate of Duane Hanson/licensed by VAGA, New York, NY Courtesy Galerie Emmanuel Perrotin, Miami/Paris. L'artiste étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée à la fin de l'exposition)

 

Dans la jungle d'Aki Kuroda

Paris, Galerie Maeght

du 14/05 au 18/07/09

« Ma dernière série de tableaux s’intitule « Cosmojungle ». Et celui-ci plus précisément « You are a secret garden ». Mon sujet depuis une vingtaine d’année était « cosmogarden ». Ce qui veut dire que tout est jardin : le corps, la ville, le jardin, vous, moi…Tout y existe. Son histoire, celle du monde. Et tout cela bouge. Il y a des vagues, des changements en permanence. Tout se passe entre la troisième et la quatrième dimension. Et il faut toujours trouver une pièce sans limite…", explique Aki Kuroda.

La suite de l'article sur http://www.ouvretesyeux.fr/labo/art-contemporain.html

"Aki Kuroda. Cosmojungle", galerie Maeght, 42, rue du Bac, 75007 Paris. 01 45 48 45 15. Du 14/05 au 18/07/09. www.maeght.com ; Le 29/05/09, Ballet d'Anjelin Prejlocaj et Aki Kuroda, Pavillon Vendôme, Aix-en-Provence. (Images : photo Christine Barbe)

 

Emmanuelle Villard, débordements et scintillements

Versailles, La Maréchalerie

du 13/05 au 18/07/09

Emmanuelle Villard n’a peur de rien ! Quand elle peint, elle déborde. Quand elle sculpte elle crée des formes invraisemblables. Et elle adore la matière. Les matériaux. Sans répit elle invente un univers où se croise des toiles imposantes, des œuvres monumentales, une architecture mouvante. Et si la peinture coule, les perles, les paillettes, les miroirs tombent et dégringolent, les boules se cassent, quant une multitude de formes pendent du plafond. A la Maréchalerie, l’artiste s’en est donné à cœur joie où après une entrée à l’épreuve dans des plans sombres, le visiteur se retrouve dans un espace éclatant et féerique !

« Emmanuelle Villard, Folding Screens », Centre d’art contemporain La Maréchalerie, 5, av. de Sceaux, 78000 Versailles. Du 13/05 au 18/07/09. www.lamarechalerie.fr, www.emmanuellevillard.com. (Image : Emmanuelle Villard, "Folding Screens", La Maréchalerie, 2009, courtesy E. Villard.)

 

Pilar Albarracin, parodies ibériques

Paris, galerie Vallois

jusqu’au 19/07

 

 

Nous avions déjà pu voir le très intéressant travail de Pilar Albarracin à la Maison Rouge (Voir dans la rubrique  Vidéos). L’artiste espagnole adore parodier les lieux communs de la culture ibérique. Avec autant d’humour que d’ironie ! Pour sa première exposition à la galerie Vallois, elle s’amuse des « cartes postales flamenca » aux poses outrancières et aux sourires plus qu’éclatants. Elle s’attaque ainsi comme elle aime le faire à la politique icono-touristique du franquisme.

Car ces figurations de danses folkloriques ne sont autres depuis les années 60, que les sous-produits d’une culture totalitaire, machiste et condescendante. Pilar Albarracin désire donc ici confronter la mémoire historique à  notre société de consommation qui n’en peut plus de la gadgétisation et de la consommation effrénée. Une lutte haute en couleurs où se mêlent photographies, broderies et tissus de toutes sortes !

« Pilar Albarracin », Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, 36, rue de Seine, 75006 Paris. 01 46 34 61 07. Du 25/05 au 19/07/09. www.galerie-vallois.com (Images : "Torera", Pilar Alabarracin sans titre, 2009, courtesy Galerie GP 1 N Vallois, Paris; "Flamenca 1", Pilar Alabarracin sans titre, 2009, courtesy Galerie GP 1 N Vallois, Paris; "Flamenca 2", Pilar Alabarracin sans titre, 2009, courtesy Galerie GP 1 N Vallois, Paris; "Desventada", Pilar Alabarracin sans titre, 2009, courtesy Galerie GP 1 N Vallois, Paris; Diaporama Anne Kerner)

 

Plein feux sur Richard Fauguet

Paris, Le Plateau

du 04/06 au 09/08/09

Une rétrospective ? Cela ne va guère à Richard Fauguet qui n’a que 45 ans ! Ici, le Plateau permet tout simplement de mesurer l’étendue de l’œuvre de l’artiste où se mêlent et s’entremêlent dessins, sculptures et installations. Des œuvres anciennes à celles réalisées pour cette manifestation où le visiteur retrouve des références historiques  à l’iconographie du code de la route ! Pour mieux s’amuser. Pour être libre ! Ce qui apparaît dans son travail ?

L’étrangeté, l’aberration, l’hétéroclisme, car on ne sait absolument pas d’où sortent toutes ces pièces dont on se demande quel en est le point commun ! « J’admet que le travail prend des formes différentes, avoue l'artiste.  En même temps, comme j’ai toujours l’impression de faire les mêmes choses, j’essaie de ne pas faire la même chose. Ce qui produit des pièces, des sculptures, des dessins ou un ensemble de choses  qui peuvent paraître formellement assez différentes les unes des autres, mais qui en réalité ne le sont pas tant, et qui dans le temps composent des sortes de familles. A y regarder de plus près, je crois qu’on peut déceler un fil conducteur à travers toutes ces pièces, voir qu’il n’y a pas tant d’écart que cela entre les lingeries sur lasagnes, les pièces en verre, les draps brûlés, etc… » Et il poursuit : « Il y a l’idée que l’on puisse être dérangé. Reconnaître tout de suite l’animal, ce n’était pas satisfaisant. Il fallait que ça tiraille vers autre chose …» Alors Richard Fauguet toujours pas vu, pas pris ?

«Richard Fauguet, Pas vu, pas pris», Le Plateau, 33, rue des Alouettes, 75019 Paris. 01 53 19 88 10. Du 04/06 au 09/08/09. www.fracid-leplateau.com (image : courtesy Richard Fauguet)

 

Gilbert & George

Paris, Galerie Thaddaeus Ropac

du 19/06 au 25/07/09

 

Enfin une exposition qui en impose et remue. L’évènement est ainsi crée par la manifestation de Gilbert & George à la galerie Ropac. Le couple qui ne fait qu’un seul artiste depuis plus de quarante ans présente leur plus important ensemble d’œuvres à ce jour. Les cimaises de la galerie dévoilent ainsi les « Jack Freak Pictures » où Gilbert & George dépeignent l’existence de l’homme moderne archétypal dans son environnement urbain. Les œuvres s’articulent autour du drapeau britanique confronté à des cercles, des plans de rues, des cocardes qui réalisent des compositions et des variations totalement complexes tout en restant dynamiques. N’oublions pas que leurs premiers assemblages de photographies en damier datent de 1971 et sera désormais leur marque de fabrique. Et depuis 1980, leur langage s’enrichit en mêlant symbolisme, allégorie, érotisme, sexe, religieux ou politique… Ils viennent d’être nommés Professeur Honoraire de Philosophie par la London Metropolitan University.

« Gilbert & George », Galerie Thaddaeus Ropac, 7, rue de Belleyme, 75003 Paris. 01 42 72 99 00. Du 19/06 au 25/07/09. www.ropac.net. Film Christine Barbe

La rue s'expose

Paris, Galerie Alexis Lartigue

du 19/05 au 13/06/09

L’art urbain envahit décidemment aussi bien nos institutions que nos galeries. Après le tag au Grand Palais, la galerie Alexis Lartigue propose de faire le tour de ces mouvements de la rue, street art, post-graffiti…. Une dizaine d’artistes montrent toutes leurs explorations des stickers, pochoirs, peinture, mosaïque et installations dans l’espace urbain. Une exposition très intéressante où l’on vous explique enfin la différence entre le graffiti qui utilise la lettre et l’aérosol pour montrer un nom et le street art dont le but est de peindre une image avec des intentions souvent politiques. Leur désir est simple : que l’art soit vu par le public et le plus grand nombre. Avec des œuvres de Jonone, Speedy Graphito, Sun7. Mais aussi des palissades de Jérome Mesnager, des pochoirs de Jeff Aérosol ou Malatesa… Bref, une exposition passionnante de ce mouvement en pleine expansion.

« Le Street Art », galerie Alexis Lartigue, 64, rue du Temple, 75003 Paris. 01 42 78 91 16. Du 19/05 au 13/06/09. www.artcontemporaingalerie.com

 
(Image : J. Mesnager, "Combat d'amour, 2003, courtesy galerie Alexis Lartigue Paris et l'artiste. L'artiste étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée du site à la fin de l'exposition.)

 

Gérard Titus-Carmel d'après Grünewald

Paris, collège des Bernardins

jusqu'au 07/06/09

Après la très belle exposition Claudio Parmiggiani  le Collège des Bernardins présente  159 dessins de  Gérard Titus - Carmel  ( que l’on a peu  vu à Paris ces dernières années ) réalisés, avec quelques interruptions, de juin 1994 à juin 1996, d’après le célèbre retable de Grünewald à Colmar.  Les dessins qui ont  tous le  même format (70 x 60,5 )  se suivent  à  un rythme haletant, irrépressible sur les deux longs murs  en pierre claire avec pour clore la perspective de l’’immense nef  une très grande peinture presque aux dimensions du modèle. Donc un accrochage spectaculaire,   mais qui ne nuit jamais à l’émotion qui vous saisit lorsque l’on contemple cet affrontement  de l’artiste avec les formes, l’espace, le sujet  de ce grand chef d’œuvre. Cl. S.

Suite de l'article sur  http://www.ouvretesyeux.fr/pointdevue/art-contemporain.html

 

"Gérard Titus-Carmel", Collège des Bernardins, 20 rue de Poissy- 75005 Paris. Jusqu'au 07/06/09.
www.collegedesbernardins.fr  (Image : Photo 24: Gérard Titus-Carmel, Suite Grünewald, 19-20 juillet 1994, acrylique et papiers collés L'artiste étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée à la fin de l'exposition).

 

Tal-Coat, l'art de la matière

Paris, galerie Berthet Aittouares

du 14/05 au 20/06

"Tal-Coat est un seigneur de la terre et de l'espace", disait Charles Estienne. Hors des modes et des  académismes, pendant plus de soixante ans, cet artiste majeur du XXème siècle, a tenté de surprendre le rythme, l'essence du monde.

Démiurge celte au tempérament rocailleux, il abandonne dans les années 30 une figuration expressionniste et le groupe des "Forces Nouvelles", pour l'exaltation de la couleur et la richesse des matières. A partir de 1947,

ses figures qui passionnent Yves Bonnefoi et Maurice Blanchot, se disloquent et s'épurent. Tal-Coat rejette toute mémoire et regarde du côté de la Préhistoire et des peintures de Lascaux. Et scrute la nature, les lichens et les mousses, les cercles des champignons et les vols d'hirondelles. Il saisit l'émotion, l'instinct, le moindre bruissement de vie. Parce que l'espace est insaisissable, celui de ses tableaux est illimité. Parce que le monochrome n'existe pas dans l'univers, il travaille sans cesse la couleur, ajoute une couche, puis encore une autre, jusqu'à ne plus avoir qu'une pâte irradiante et modulée de lumière. "Ici ni construction ni échafaudage ni filet à prendre, à saisir ! Face à sa totalité, l'extrême démuni"(Tal-Coat).

« Tal Coat », Galerie Berthet-Aittouares, 29, rue de Seine, 75006 Paris. 01 43 26 53 09. Du 14/05 au 20/06/09. www.galerie-ba.com (Image : "Sans titre", aquarelle sur papier 18 x 26 cm, Pierre Tal Coat courtesy Galerie Berthet - Aittouarès)

 

Agatha Ruiz de la Prada, un art frénétique et pétillant

Roubaix pour l'Europe XXL 

du 21/03 au 21/06/09

En 2004, Lille devenait capitale européenne de la Culture. En 2006, fort de son expérience, elle crée « Bombaysers de Lille » consacrée à l’Inde. Cette année, Lille voit grand, très grand, en XXL ! Et regarde donc vers l’Est, 20 ans après la chute du mur de Berlin ! La capitale du nord de la France  se met donc, entre autre, à l’heure des nuits blanches des pays baltes, des sons psychédéliques d’Istanbul, d’un bar polonais, sur le streetwear moscovite ou dans un bain électronique à Budapest. Et ceci dans toute la ville et même toute la région ! Aussi bien dans les musées comme le Musée Matisse, le Musée d’art moderne de Lille et celui des Beaux-Arts de Tourcoing ou dans des lieux insolites comme la Gare Saint Sauveur, Les Maisons Folie ou le Forum départemental des sciences. Tous sont convoqués à cette fête venue de l’Est.

Parmi les expositions à ne surtout pas rater, celle d’Agatha Ruiz de la Prada dont l’univers explosé de couleurs donne un coup de sang dans cette Europe orientale et centrale. La créatrice qui développe son œuvre dans la frénésie espagnole d’après la dictature franquiste touche à tout. Et rien ne lui échappe. Mode, décoration, livres, bijoux, elle explore l’univers dans une fantastique frénésie colorée. Celle qui a travaillé avec Pedro Almodovar, a côtoyé Karl Lagerfeld ou Ricardo Boffil, se voit consacrée à Roubaix dans une exposition exaltante. 

Voir le portfolio sur http://www.ouvretesyeux.fr/portfolio/mode.html

Agatha Ruiz de la Prada, Musée de la Piscine, Roubaix. Du 21/03 au 21/06/09. www.lille3000.com. (Image, Agatha Ruyz de la Prada, portrait. )

 

Le manège enchanté de Mary Sue

Paris, galerie Rabouan Moussion

du 18/04 au 24/06/09

Née en 1979, Mary Sue transporte le visiteur dans un univers fantasmatique absolument unique. En effet, dans son œuvre la jeune femme joue, s’amuse, raconte des histoires à n’en plus finir. Son monde apparaît peuplé de jeux toujours très colorés où elle crée un décor à sa guise… jeux d’enfants, de petites filles ou de jeunes femmes… sur le fil du rasoir de l'érotisme...on ne sait plus très bien car l’artiste est virtuose en humour,  en délices et en digressions de tous genre.

Bref, il faut absolument connaître le monde imaginaire de Mary Sue qui a transformé l'espace en un manège gigantesque ! L'artiste est toujours montrée par la galerie que ce soit à la Fiac ou Artparis. Pour notre plus grand plaisir !

Voir le portfolio sur http://www.ouvretesyeux.fr/portfolio/art-contemporain.html

« Mary goes round », galerie Rabouan Moussion, 121, rue Vieille du Temple, 75003 Paris. 01 48 87 75 91. Du 18/04 au 24/06/09. www.galerie-rabouan-moussion.com(Image, Mary Sue, "Bon pour un tir", courtesy galerie Rabouan Moussion, Paris et Mary Sue. )

 

Pascal Convert, vivre libre

Paris, galerie Eric Dupont

du 25/04 au 13/06/09

Toute l’œuvre de Pascal Convert tourne autour des questions de la mémoire et de l’oubli comme sur l’exigence de celui qui veut faire le métier de vivre libre. De 2003 à 2007, il révèle la figure oubliée de Joseph Epstein, juif communiste immigré en France dans les années trente et fusillé en 1944. L’artiste lui a consacré une sculpture, un film documentaire (Arte) et un livre (éditions Séguier) qui témoignent de ses recherches et de son engagement. Toujours fortement impliqué, Pascal Convert a récemment rendu un

hommage à la journaliste russe Anna Politkovskaïa, assassinée le 7 octobre 2006. Son œuvre émouvante et d’une extrême finesse révèle pour cette nouvelle exposition galerie Eric Dupont un travail plastique consacré à ces héros qui ne vivent que pour la liberté.

« Pascal Convert », galerie Eric Dupont, 13, rue Chapon 75003 Paris. 01 44 54 04 14.Du 25/04 au 13/06/09. www.eric-dupont.com  (Image, courtesy de l'artiste et galerie Eric Dupont, Paris.)

 

Aleksandra Mir, les péripéties d’un avion

Paris, galerie Laurent Godin

du 18/04 au 13/06/09

Née en 1967 à Lubin, en Pologne, de nationalité suédoise et américaine, Aleksandra Mir vit et travaille à Palerme. Présente à la prochaine Biennale de Venise, son projet montré galerie Laurent Godin repose sur la création d’un ballon gonflé à l’hélium, reprenant les formes et les dimensions d’un avion de ligne. Suspendu au-dessus du sol en constante position d’atterrissage, il a entamé en 2004 un tour du monde et se voit photographié devant les sites emblématiques des capitales. « Plane Landing » devient à

chaque fois un évènement avec son voyage, son gonflage, ses photographies…Lors de cette exposition sont dévoilées les photographies réalisées en 2008 à l’aéroport de Zürich et à Paris lors de la Fiac.

« Aleksandra Mir, Plane Landing in Zürich and Paris“, galerie Laurent Godin, 5, rue du Grenier Saint-Lazare, 75003 Paris. 01 42 71 10 66. Du 18/04 au 13/06/09. www.laurentgodin.com (Image : Aleksandra Mir, "Plane landing in Switzerland 13, 2008", Courtesy Galerie Laurent Godin, Paris.)

 

Dans la grotte de Boris Achour

Paris, galerie Vallois

du 22/04 au 24/05/09

 

Boris Achour adore les mises en scène. Poussé par le « Conatus », c’est-à-dire le désir comme force motrice selon Spinoza, l’artiste utilise à ce profit tous les médias possibles. Et le voilà qui métamorphose la galerie Vallois en une grotte mystérieuse peuplée d’hommes masqués à l’allure de sculptures. Et il colle encore sur les murs des papiers de couleurs inspirés des schémas de coupes géologiques qu’il nomme « Stratas » quand il ne fait pendre au plafond des "Stalactites "  et réalise au sol des « Feux de camps » à partir de tubes de néons fluorescents ! Un univers créatif très théâtral à découvrir absolument.

Voir le portfolio sur http://www.ouvretesyeux.fr/portfolio/art-contemporain.html

« Boris Achour. « Conatus : Celui dans la grotte », galerie Vallois, 36, rue de Seine, 75006 Paris. 01 46 34 61 07. Du 22/04 au 24/05/09. www.galerie-vallois.com (Image tirée du film , Conatus : AMIDSUMMERNIGHTSDREAM, 2008, Video Still, Courtesy Galerie GP & N Vallois, Paris; Boric Achour est représenté par l'ADAGP)

 

Sortilèges à la Fondation Salomon

Alex, fondation Salomon

du 14/03 au 14/06/09

Six artistes convient aux sortilèges. Six artistes sorciers qui traitent aussi bien du chamanisme, du goût du sacré, à l’attrait du mystère et de l’irrationnel. Ici, les plasticiens cherchent au plus profond de l’être et de la psyché nos aspects les plus obscurs et les plus énigmatiques. Comme Vanessa Fanuele qui prend le spectateur dans les pièges de ses toiles d’araignées. Comme Cristine Guinamand qui invente un univers où se glisse des sorciers et des ombres infernales. Comme encore Stéphane Pencréac’h qui parle de mort et d’erotisme avec des personnages ou des objets en lévitation. Une exposition qui donne de troublantes décharges éléctriques. 

 

« Sortilège », Fondation pour l’art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon, Château d’Arenthon, 74290 Alex. 04 50 02 87 52.Du 14/03 au 14/06/09. www.fondation-salomon.com (Image : Myriam Mihindou, "Dechoucaj' - 31 -", 2004-2006, tirage numérique sur papier argentique 1/3, courtesy Myriam Mihindou, Courtesy galerie Trafic, Paris.)

 

Jean-Luc Blanc

Bordeaux, CAPC

du 05/03 au 14/06/09

Cette exposition laisse dans le trouble. La fascination. Le dandy Jean-Luc Blanc emmène le visiteur dans son univers. Des zooms sur des cartes postales, des images de films, des photos de presse. Son motif isolé est travaillé, retravaillé sur la toile, au crayon ou à l’huile. 200 œuvres dans 13 salles inondent le CAPC de Bordeaux dans une mise en scène digne d’un opéra rock sonorisée par Mr Leam. Ici Jean-Luc Blanc ne veut pas «  révéler le secret derrière chaque image » mais explorer davantage l’imaginaire qui les imprègne.

« Jean-Luc Blanc – Opéra Rock », CAPC, musée d’art contemporain de Bordeaux, Entrepôt Lainé, 7, rue Ferrère, 33000 Bordeaux. 05 56 00 81 50. Du 05/03 au 14/06/09.  capc@mairie-bordeaux.fr

(Image : Jean-Luc Blanc, Sans titre, 1999, Crayons et huile sur papier. Collection particulière, Paris, Courtesy Art Concept, Paris, photo : Didier L'Honoray, Paris.)

 

Gerhard Richter, à fleur de peau

Genoble, musée de Grenoble

du 07/03 au 01/06/09

La plupart de œuvres de Gerhard Richter des musées français se retrouvent sur les cimaises du musée de Grenoble. Une grande exposition qui regroupe 25 ans de création faisant de ces œuvres, les plus représentées dans les collections publiques nationales. On y voit tout le plaisir de l’artiste à développer des styles différents, complémentaires et contradictoire, mais finalement dont l’identité, une fois comprise, apparaît remarquable. Cet ensemble permet de retracer le travail du plasticien depuis les années 60. « Je n’obéis à aucune intention, aucun système, à aucune tendance ; je n’ai ni programme, ni style, ni prétention. Je me soucie guère des problèmes spécifiques à la peinture, des thèmes et des variation et encore moins de devenir un maître. Je fuis toute détermination, je ne sais pas ce que je veux, je suis incohérent, indifférent, passif. J’aime l’incertitude, l’infini et l’insécurité permanente », explique Richter en 1966.

Et il poursuit : « Me sentir obligé de faire toujours la même chose me serait insupportable. De plus, je suis bien trop angoissé et peu sûr de moi. Par ailleurs je constate en moi une attitude fondamentalement immuable, une préoccupation constante qui se retrouve dans tous mes travaux tel un style. C’est la raison pour laquelle mes tableaux sont aisément identifiables… C’est par conséquent une erreur de parler de changements stylistiques fréquents. Nous portons différents costumes selon les occasions et ceci n’a rien n’a voir avec le style », conclut Richter. Une "incohérence" qui procure de bien magnifiques éblouissements.

«Richter en France », Musée de Grenoble, 5, place de Lavalette ; 38010 Grenoble. 04 76 63 44 44. Du 07/03 au 01/06/09  www.muséedegrenoble.fr.
(Image : « Blumen », 1994, Carré D’Art-musée d’art contemporain, Nîmes. Courtesy David Huguenin. A lire, le catalogue de l’exposition, éditions Actes Sud.)

Benjamin Sabatier, l'art en chantier !

Paris, galerie Jérôme de Noirmont

du 03/04 au 27/05/09

Benjamin Sabatier met la galerie en chantier ! Ce fils d’une famille de plasticiens en fait son atelier, son lieu de travail, entre le projet et l’objet… Il dévoile le procédé de production, celui de création, basé sur des gestes simples et que tout un chacun connaît, clouer, punaiser, percer. Son but : questionner le processus et la notion de travail et insister sur l’importance de l’aliénation du corps. Pour sa quatrième exposition, il utilise toujours tous les médias possibles, peinture, sculpture, vidéo… Et ses nouvelles installations montrent aussi bien une « Brouette »

dont le contenant devient également le contenu, des « Colonnes Pots » où se superposent des pots dégoulinant de peinture ! Benjamin Sabatier s’interroge donc sur l’acte créateur même. Et si l’art et travail ne faisaient qu’un ?

« Benjamin Sabatier », galerie Jérôme de Noirmont, 38, av. Matignon, 75008 Paris. 01 42 89 89 00. Du 03/04 au 27/05/09. www.denoirmont.com (Image : Benjamin Sabatier, In situ de l'exposition "Chantier", courtesy Benjamin Sabatier et Galerie Jérôme de Noirmont, Paris.)

 

Dalek Mike Giant, deux artistes, les mêmes racines, la rue

Paris, galerie Magda Danysz

du 25/04 au 23/05/09.

Dalek et Mike Giant sortent tous deux des héritiers de l’art de la rue. Inspirés donc par l’art urbain, ils ont tous deux pris deux voies différentes. Le premier évolue dans un univers coloré où il imagine un monde et des personnages remplis d’humour. Avec des décors de jeux vidéos et de dessins animés. Tandis que Mike Giant donne une œuvre toute en noir et blanc où il multiplie les tatouages aussi bien sur la peau que sur le papier dans un travail d’une minutie remarquable. Alors contradiction ? Peut-être pas tout à fait. Puisque ces deux artistes issus du même univers établissent malgré tout des connections dans un art contemporain aux mêmes racines.

« Dalek Mike Giant », galerie Magda Danysz, 78, rue Amelot, 75011 Paris. 01 45 83 38 51. Du 25/04 au 23/05. www.magada-gallery.com (Image, courtesy Galerie Magda Danysz et l'artiste.)

 

Toxic, pionnier du graf

Paris, Nicy Gallery

du 07/04 au 21/05/09

Il a fait partie de l’exposition « Tag au Grand-Palais ». L’artiste Torrick Ablack connu sous le nom de Toxic, présente ici ses dernières œuvres, toiles et dessins. Le désormais plasticien américain né en 1965 apparaît comme l’un des pionniers du mouvement graf/hip hop du début des années 80. S’il commence à 13 ans à tagger les trains et les murs de New York, il rencontre très vite Ramelzee et Basquiat avec lesquels il formera les « Hollywood Africans ». En 1984, tout s’enchaîne. Les expositions dans le monde. Et un talent plus que reconnu. Il participe également à la première exposition européenne consacrée au graffiti au Groninger Museum des Pays-Bas. Après Paris, Toxic vit désormais à Florence, en Italie.

« Round 2 by Toxic », Nicy Gallery, 40, rue de la Tour d’Auvergne, 75009 Paris. 01 77 32 13 40. Du 07/04 au 21/ 05/09.

La Nuit des musées

samedi 16/05/09

 

La nuit des musées promet toujours autant de fascination et de bonheur, de découvertes artistiques et fait la part belle à l’art contemporain. Désormais européenne, concentrons nous tout de même sur Paris ! Alors que choisir ? Une visite aux chandelles de la cité de l’architecture et du Patrimoine ? Une soirée musicale au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris ? Des spectacles et des ateliers à la Villette ? Un spectacle de danse contemporaine au Musée d’Orsay ? Une visite de nuit du jardin du Musée Rodin ? Des expositions, des concerts, des ateliers et des films au Grand-Palais ?

Un concert de Maria Teresa au Musée de la Poste ? Un concert « Espaces des Nymphéas » au Musée de l’Orangerie aux Tuileries ? Des performances au Musée de la Chasse et de la Nature ? Ou encore franchir le seuil du magnifique bâtiment illuminé de la Monnaie de Paris ?

« La Nuit des Musées », samedi 16/05/09. (Image Musée national de la préhistoire, Eyzies-de-Tayac.)

A quatre mains

Paris, galerie Thaddaeus Ropac

du 01/04 au 02/05/09

Organisée par Robert Fleck, cette exposition réalisée par le  Belvedère de Vienne dévoile les œuvres faites par Arnulf Rainer et Dieter Roth au cours des années 70. Nées respectivement en 1929 et 1930, les deux artistes se sont rencontrés en 1960. En 1972, ils créent à Vienne pendant plusieurs jours plus de 500 dessins ! Il travaillent alors à la fois « ensemble et séparément », trouvant différentes solutions pour une même idée. Ce travail rempli d’humour mélange tous les médias possibles pour inventer un univers condensé et totalement original.  

« Arnulf Rainer & Dieter Roth », galerie Thaddaeus Ropac, 7, rue de Belleyme, 75003 Paris. 01 42 72 99 00. Du 01/04 au 02/05/09. www.ropac.net.

Arnulf Rainer a également une exposition personnelle au Musée d’art moderne de Saint-Etienne jusqu’au 26/04/09. (Image, courtesy Galerie Ropac, Paris-Salzburg.)

 

Vincent Bizien se plonge au coeur de l'homme

Paris, galerie Trafic

du 28/03 au 02/05/09

Vincent Bizien joue du crayon et de l’encre. Il dessine sans compter un monde de l’ineffable peuplé de visages en pleurs, de personnages inquiétants, de corps à peine esquissés. Il malmène l’humanité comme pour mieux en percer les secrets.  Il travaille le papier et le bois car il aime aussi bien la fragilité du support que sa résistance. L’artiste né en 1968 se trouve sans cesse sur le fil du rasoir entre figuration et abstraction, s’en amuse, comme pour toujours éprouver son propre langage. Aller comme le poète, au plus près de l’origine de l’art.

« Vincent Bizien, Et vous garderez la tête pour les enfants », Trafic Galerie, 13, cité de l’ameublement, 75011 Paris. 01 40 09 81 15. Du 28/03 au 02/05/09. Image : courtesy Vincent Bizien et Trafic Galerie.

Pizzi Canella, images de Rome

Paris, galerie Vidal-Saint Phalle

du 02/04 au 12/05/09

Des lustres scintillent dans l’obscurité. Des robes flottent dans l’air. Des chaises vides apparaissent au milieu d’un immense parc. Les images de Pizzi Cannella né en 1955, reflètent Rome où il vit et travaille. Sa vie nocturne et ses fêtes, Et la vie tout simplement. La vie quotidienne. La vie grave aussi. D’où une figuration toujours mise à distance. En abîme. Comme un frôlement. Une caresse. Et sur des fonds intenses et abstraits, se dégage l’essentiel. L’essence. Les peintures de Pizzi Cannella rejoignent presque une œuvre du signe, du symbole. Qui tend merveilleusement à l’énigme. 

« Piero Pizzi Cannella. Œuvres sur papier 1981-2009. Almanacco 2 », Galerie Vidal Saint-Phalle, 10, rue du Trésor, 75004 Paris. 01 45 55 02 06. Du 02/04 au 12/05/09. www.vidal-stphalle.com  (Image courtesy Piero Pizzi Canella et galerie Vidal-Saint Phalle)

 

Angelo Filomeno, la préciosité à fleur de soie

Paris, galerie Anne de Villepoix

du 14/03 au 25/04/09

Exquis n’est pas de trop pour parler de l’art d’Angelo Filomeno. Mais aussi précieux, raffiné, élégant. Le plasticien italien qui vit à New York propulse le visiteur dans un univers absolument poétique. Un univers refuge. Un lieu de volupté. Peut-être « Parce que le monde est cruel » dit le titre de l’exposition. Une nouvelle fois, il dévoile ses dernières peintures en soie brodée qu’entourent une installation sculpturale en cristaux, métal et bois. Et Filomeno se souvient. Du savoir-faire de ses ancêtres. Les artisans brodeurs des Pouilles qu’il transpose dans un monde fantastique et parfois macabre. Ses paysages d’un romantisme à couper le souffle ont également des échos baroques où les allégories se frôlent et s’entremêlent. Pour

mieux nous enchanter, nous désenchanter. Avec des enlacement et des désenlacements. Entre fascination et répulsion. Des plongées en avant. Des retraits. Il pousse la soie à l’extrême de sa matérialité comme pour mieux nous montrer notre immatérialité. Et aller loin, au plus profond. Dans les débordements passionnés de notre psyché. Filomeno ou un art exalté de l’extrême. Quand une boite de Pandore s’ouvre…

« Angelo Filomeno. Because the world is cruel », Galerie Anne de Villepoix, 43, rue de Montmorency, 75003 Paris. 01 42 78 32 24. Du 14/03 au 25/04/09. www.annedevillepoix.com (Image : Angelo Filomeno, "Haunted Land : olive Tree on a Cliff", 2008, Broderie sur lin, AF09 17, courtesy Galerie Anne de Villepoix, Paris.)

 

Que devient le Pop Art aujourd'hui ?

Paris, Galerie Jérôme de Noimont

du 06/02 au 28/03/09

Beaucoup d’artistes d’aujourd’hui s’inspirent du Pop Art. Cet « art populaire, consommable, peu coûteux, produit en série, jeune, spirituel, sexy, séduisant » tel que le définissait Warhol. La légende vivante du pop art poursuivait : « une fois qu’on a commencé à penser pop, on ne peut plus voir l’Amérique de la même façon ». Ses sujets ? Empruntés à la bande dessinée, la publicité, les magazines, le cinéma, la télévision… Warhol établit du coup un nouveau lien entre art, publicité, mode et argent. Les artiste explorent de nouveaux territoires, comme la pub et les medias, de nouvelles techniques comme la peinture lisse et les répétitions sérielles d’images… Bref, la galerie Jérôme de Noirmont a réunit sept de ses artistes et pas des moindres, qui s’inspirent ou se sont inspirés au cours de leur carrière du Pop Art. Avec l’incontournable Jeff Koons, fils carrément spirituel du mouvement, qui dévoile sa nouvelle série « Popeye ».  Avec David Mach qui utilise des surplus

d’objets de notre quotidien pour réaliser ses sculptures. Pierre et Gilles dont leurs premières créations demeurent des personnalités provenant tout droit du mouvement. Valérie Belin, l’une des plus grandes photographes françaises qui un temps s’est amusée à isoler de leur contexte des robots ou des paquets de chips. Quant à Bettina Rheims, c’est peut-être sa «Tentation de Jésus-Christ» qui demeure parmi l’une de ses œuvres les plus « pop »…. Alors, soyons POP !

« Influence pop », Galerie Jérôme de Noirmont, 38, avenue Matignon, 75008 Paris. 01 42 89 89 00. Du 06/02 au 28/03/09. www.denoirmont.com
(Image : "Ruth et les bigoudis", Pierre et Gilles, courtesy Pierre et Gilles et Galerie Jérôme de noirmont.)

 

54ème Salon d’art contemporain

Montrouge

du 30/04 au 21/05/09

La ville de Montrouge a confié cette année la coordination générale du salon au journaliste Stéphane Corréard. Son désir  : étendre les réseaux de prospection et proposer un panorama artistique des tendances actuelles. Ainsi 80 artistes de moins de 35 ans proposent des travaux inédits. Avec également les oeuvres d’ étudiants de la Villa Arson de Nice et trois prix  présidés par Fabrice Hergott, directeur du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Le Salon investit également un nouveau lieu de 1500m2. Ne pas rater la soirée de performances, un concert d’artistes-musiciens…. Une réussite.

54ème Salon d’art contemporain de Montrouge. Du 30 avril au 21 mai

 

Dans la pénombre avec Shilpa Gupta et Mazharin Banaji  

Paris, le Laboratoire

du 13/01 au 04/05/09

 

Le visiteur avance dans la pénombre. Il découvre des œuvres insolites  disséminées dans la grande salle d’exposition. Comme un ceinturon de police d’où dégoulinent des multitudes de sifflets qui symbolisent la démesure sécuritaire. Un peu plus loin, un panneau qui affiche d’ordinaire des heures d’arrivée et de départ, laisse défiler le nombre de gens qui migrent et qui se perdent dans ce mouvement chaotique. Plus loin encore, deux impressions sur toile. La première pose la question de comment appréhende t-on la « vérité » crée par les médias ? Le deuxième intime l’ordre de « Ne Pas Regarder. Ne Pas Ecouter. Ne pas Parler », pour mettre le doigt sur l’ignorance de ce qui nous entoure. La plus grande œuvre. Imposante. Noire. Un drôle de nuage : apparaît un « Singing Cloud ». Un immense assemblage de micros et d’éléments sonores. Dans cette grande forme amibienne suspendue au plafond, dans cette forme mystérieuse, le son navigue à travers une multitude de registres comme pour symboliser la confrontation des aventures humaines. L’artiste indienne qui travaille sur la peur et qui est directement confrontée à la question du terrorisme en vivant à Bombay interroge le visiteur sur ce sentiment universel.  Ici, le Laboratoire, avec le travail à quatre mains de Shilpa Gupta & Mazharin Banaji veut mettre le spectateur en situation par rapport à des objets  qui s’articule sur les pensées inconscientes de l’individu et celles qui ne sont pas consciemment contrôlables. Et il se laisse envahir entre intuition et répulsion. Entre désir et rejet. Par le pouvoir des mots et des images.

"While I sleep, Shilpa Gupta & Mazharin Banaji", Le Laboratoire, 4, rue du Bouloi, 7501 Paris. 01 78 09 49 50. Du 13/02 au 04/05/09.  www.lelaboratoire.org.

 

Le travail de Titan de Christo et Jeanne-Claude

Lausanne, fondation de l'Hermitage

du 13/02 au 24/05/09

Le musée de l’Hermitage accueille une réalisation d’une vingtaine d’années du célèbre couple Christo et Jeanne-Claude. Commencée en 1992, « Over the River » devrait être terminée en 2012 ! Cette oeuvre immense consiste dans le déploiement d’une toile de 9,4km de panneaux sur une section discontinue de 64km au-dessus de la rivière Arkansas au Colorado. Formée de panneaux de tissus argenté et translucide suivant le dessin du cours d’eau, elle pourra être contemplée pendant deux semaines depuis différents points de vue. Conçue spécialement pour la Fondation de l’Hermitage, cette exposition retrace les grandes étapes de la conception du projet. Elle rassemble plus de 200 dessins et collages préparatoires,cartes, dessins, photographies, techniques et matériaux composant ce travail aussi gigantesque que spectaculaire.

«Christo et Jeanne-Claude. Over the River, A Work in Progress ». Fondation de l’Hermitage, 2, route du Signal; CH – 1000 Lausanne 8 Bellevaux. Tél. : 41 (0)21 320 50 01.Du 13 février au 24 mai. www.fondation-hermitage.ch. Catalogue de l’exposition éditions Taschen.
(Image : Christo, Over th River, projet pour une rivière sur 4 à 5 miles, dessin, 1992, mine de plomb, pastel, fusain sur papaier, courtesy Christo, 1992.)

Jaume Plensa. Du fer forgé à l'albâtre

Paris, Galerie Lelong

du 13/03 au 25/04/09

Jaume Plensa apparaît comme l’un des plus grands sculpteurs de la scène artistique d’aujourd’hui. Né en 1955 à Barcelone, il a vécut aussi bien à Berlin, au Royaume-Uni ou en France. Il vit actuellement entre Barcelone et Paris où il fut professeur à l’école des Beaux Arts. Jaume Plensa s’est fait connaître au début des années 80 par un travail sur le fer forgé et des éléments de récupération. Aujourd’hui, il présente galerie Lelong une travail sur la figure humaine qui l'a toujours hantée. Ici Babel n’est plus un cataclysme. Plensa

réalise ses sculptures avec des alphabets de différentes langues. Comme pour mieux se soucier des métaphores de la diversité et de l’unité de l’homme. Ici l’un et le multiple se rencontrent. S’y ajoutent de nouvelles sculptures en albâtre et des œuvres sur papier. Et pour la foire Artparis, l’artiste installe une œuvre géante sur le parvis du Grand-Palais. En même temps, un personnage de Plensa prend place dans le centre historique de Prague pour le premier semestre 2009, en liaison avec la présidence tchèque de l’union européenne.

« Jaume Plensa. Sumberland », Galerie Lelong, 13, rue de Téhéran, 75008 Paris. Du 13/03 au 25/04/09. www.galerie-lelong.com (Image : Plensa, "Nosostros", 2008, Acier inoxydable peintW14995. Courtesy Galerie Lelong Paris. )

Keren Benbenisty et Hani Rashed. Double solo.

Paris,  galerie La B.A.N.K. 

du 26/02 au 11/04/09

Des traces. Des empreintes. Des détournements d’objets comme des sachets de thé ou des cigarettes. Elle joue même des matériaux comme l’huile ou l’encre noire. Toute son œuvre se créee entre rêve et réalité, entre symbole et imaginaire. Entre l’idéal et le physique qui laissent imaginer les  multitude de rêveries de Keren Benbenisty. Bien plus collé à son temps et aux médias, Hani Rashed intervient avec des collages et des illustrations qu’il joue et déjoue pour mieux exprimer ses interrogations sur la jeunesse et la société égyptienne. Ses personnages ? « Des gens simples, avec qui je me sens proche, et qui m’attirent ».

Contrairement au travail de Keren, celui de Hani apparaît très coloré. A la limite de la bande dessinée.

« Keren Benbenisty. Hani Rashed. Double solo », galerie La B.A.N.K., 42, rue Volta, 75003 Paris. 01 42 72 06 90. Du 26/02 au 11/04/09.  www.bankgalerie.com  (Image : Keren Nennenisty, "Sans titre", empreinte sur papier, courtesy La B.A.N.K., Hani Rashed. )

Warhol TV. Les prémices de la télé réalité ?

Paris, la Maison Rouge

Andy Warhol s’intéressait à tous les médias de son temps. La télévision en fit partie. Et il la révolutionna. L’artiste y consacrera plus de quarante émissions.

« Quand Picasso est mort, j’ai lu dans un magazine qu’il avait fait quatre mille chefs-d’œuvre dans sa vie, et je me suis dit : « Eh bien, je pourrais le faire en un seul jour ». Et je mis suis mis », raconte Andy Warhol. Jusqu’à sa mort en 1987, l’artiste a tout vu, tout fait, tout réalisé. Tout ingurgité aussi. BD, natures mortes sous formes d’objets de consommation, dessin, peinture, sérigraphie, photographie, publications, films et vidéo. Cette icône de la « société du spectacle » qui le hantait voulait par-dessus tout abolir la frontière entre culture populaire et savante. Dans son souci d’étendre la culture, Warhol fonde entre autre la revue « Interview » consacrée aux

célébrités et à la mode. Fasciné, presque avec évidence, par la télévision, il décide d’en faire le vecteur de ses obsessions à partir de 1973. Le voilà qui poursuit visuellement le principe de l’interview. S’il débute avec des « Soap Operas » qui ne seront jamais diffusés, de 1979 à 1987, l’artiste réalisera tout de même 42 programmes d’une demi-heure, diffusés sur les chaînes câblées qui se multiplient dans le paysage Télévisuel américain. Pour aller encore plus loin, dès 1980, il crée avec le producteur Vincent Frémont et le réalisateur Don Munroe, « Andy Warhol T.V.  Productions ». Et pendant trois ans, de 1980 à 1983, sa série Andy Warhol T.V. multiplie les entretiens avec Steven Spielberg, Duran Duran, Cindy Sherman, Keith Haring, Georgia O’Keeffe, Paloma Picasso ou Issey Miyake ! Et on passe ! 1985, MTV devenue l’une des plus importantes chaînes du réseau câblé demande à l’artiste une série hebdomadaire. Toute la jet set et le milieu artistique se retrouvent encore plus sous l’objectif de l’artiste. Malheureusement, seulement cinq épisodes voient le jour. Son décès en 1987 met fin au projet. La dernière émission, un hommage, merveilleux : Yoko Ono prononçant l’oraison funèbre d’Andy Warhol.

« Warhol TV », La Maison Rouge, Fondation Antoine de Galbert, 10, BD de la Bastille, 75012 Paris. www.lamaisonrouge.org. Tél. : 01 40 01 08 81. (Image : Andy Warhol dans le studio télé avec sa caméra vidéo - Christopher Makos)
 

Le dessin à fleur de peau

Paris, galerie Eric Dupont

jusqu'au 28/02/09

Eric Dupont adore le dessin et le montre. Tous les artistes de la galerie sont présents. Avec des dessins très libres au papier à peine frôlé de Damien Cabanes, fragile chez Didier Mencoboni, gracieux chez Laetitia Legros, menaçant et pourtant tellement enfantins chez Marine Joatton ou encore contrôlés dans ceux de Paul Pagk et Claire-Jeanne Jézéquel. Une très belle vidéo réalisée par des étudiants de l'ecole Le Fresnoy se projette dans la vitrine avec un subtil duo entre un dessinateur et un danseur. Où comment imaginer le mouvement de la ligne.... Une exposition toute en finesse.

« A fleur de peau II, le dessin à l’épreuve », Galerie Eric Dupont, 13, rue Chapon, 75003 Paris. 01 44 54 04 14. Du 10/01 au 28/02/09. www.eric-dupont.com
(Image : courtesy galerie eric Dupont.)

 

 

Charlotte Charbonnel, exploratrice !

Versailles, la Maréchalerie

du 11/02 au 17/04/09

Elle vient de terminer un master à l’Ensad. Car Charlotte Charbonnel adore les explorations en tous genre. Exploratrice du son, du temps, de la matière, des paysages, elle développe un travail étonnant qui désoriente et fait traverser de drôles de miroirs. Pour la Maréchalerie, elle réalise un trompe l’œil et fait de Versailles une ville désaxée entre son château aux allures de Belle au bois dormant et l’urbanisation déconcertante du parc. Ainsi, la voilà qui renverse le centre d’art, fait tomber la grande baie vitrée qui se brise sur le sol et traverser le miroir au visiteur qui entend… des souffles sonores. Charlotte Charbonnel entraîne dans des dissonances absolument irrésistibles. A expérimenter absolument.

« Charlotte Charbonnel/ Rétrovision », La Maréchalerie, 5, avenue de Sceaux, 78000 Versailles. Du 11/02 au 17/04/09. Voir lamarechalerie@versailles.archi.fr. et www.charlotte-charbonnel.com
(Image : Charlotte Charbonnel, "ADN : Aperçu De Nuage", 2008)

 

Jimmie Durham, touche à tout !

Paris, Musée d'art moderne de la Ville de Paris

du 30/01 au 12/04/09

Il vit en Europe depuis 1994 et pourtant peu connaissent son œuvre. Ce touche à tout génial qui adore aussi bien la sculpture, les installations, les peintures, les dessins, les performances, les vidéos et la photographies, et on passe (!), s’amuse depuis plus de 40 ans à détourner le réel. Toute son approche apparaît autobiographique puisque cet homme de 68 ans, d’origine Cherokee, ne cesse de militer depuis les années 70 pour la cause indienne. Du coup sa production artistique relève alors d’une recherche identitaire. Hors de toute catégorie artistique, martelant de pierres par exemple un réfrigérateur pour en faire une œuvre d’art, Jimmie Durham ne s’attache à aucun mouvement si ce n’est celui de la liberté.

"Jimmie Durham. Pierres rejetées... *", Musée d'art moderne de la Ville de Paris/ARC, 11, avenue du Président Wilson, 75116 Paris. 01 53 67 40 00. Du 30/01 au 12/04/09. www.mam.paris.fr. (Image : Jimmie Durham portrait., courtesy Fedele di Catrano.)

 

 

Jean-Luc Moulène, déambulations du réel

Nîmes, Carrée d'art

du 28/01 au 03/05/09

Devant les images de Jean-Luc Moulène, il faut passer du temps. Beaucoup de temps. Et lorsque l’on s’offre ce temps-là, tout s’ouvre. Un nouvel espace vers un autre monde. Et ses scènes de la vie quotidienne, ces déambulations dans le réel prennent une forme totalement poétique. Politique. L’exposition de Nîmes présente 30 photos, 21 dessins et une vidéo de ces dix dernières années. Ici chaque présentation devient unique. « Il faut revenir au « Théâtre de la Cruauté », à cette opposition entre l’idéal et la condition. Mon travail est concrètement le lieu de ce conflit », explique l’artiste. « Pour mes images, je ne veux pas d’absence de fond : ce fond doit être aussi présent que la figure. Il s’agit de maintenir dans la surface une tension de conflit. Il n’y a pas de saillie. Ca avance ou ça recule. Il n’y a rien derrière l’image, le seul volume est entre la surface et le spectateur. C’est ça la frontalité ». Jean-Luc Moulène ne laisse donc rien au hasard.

La figure doit envahir tout l’espace du tableau. Et c‘est ce que l’on voit et l’on ressent devant ces œuvres. Personnages, formes abstraites, compositions. Et c’est aussi ce qui fait sa force. Une exigence de beauté.

"Jean-Luc Moulène", Carré d'Art - Musée d'art contemporain de Nîmes, Place de la Maison Carrée, 30031 Nîmes. Du 28/01 au 03/05/09.
(Image "Easy Jet Girl, Berlin, 7 juillet, courtesy de l'artiste & Galerie Greta Meert; Bruxelles.)

 

 

Weight Watchers, à la recherche de l'apesanteur

Paris, galerie Xippas

du 06/12 au 31/01/09

Les derniers travaux de Joseph Marioni, Dan Walsh, Ian Davenport, Peter Haley et Takis interrogent la gravité de surface et de la couleur. Sachant que les verticales et les horizontales nous donnent des perceptions différentes, ils invitent le spectateur à trouver son propre centre de gravité. Takis, dont le but de l'oeuvre est mue par les forces magnétiques apparaît naturellement au centre de cette exposition qui donne à réfléchir sur les forces de la gravitation.

Galerie Xippas, 108, rue Vieille du Temple, 75003 Paris. 01 40 27 05 55. Du 06/12 au 31/01/09. www.xippas.com  (Image : Ian Davenport, "Poured Lines : Grip, 2007", Courtesy galerie Xippas.)

 

 

Damian Ortega, une jeune mexicain bien prometteur au

Paris, Centre Pompidou

du 13/11 au 09/02/09

Damian Ortega est né en 1967 à Mexico City. Révélé à la 50ème Biennale de Venise avec son oeuvre "Cosmic Thing", rien qu'une Coccinelle Volksvagen démantelée et suspendue au plafond(!), il est l'un des artistes les plus remarqués de sa génération et expose à l'Espace 315. Cet ancien créateur de bandes dessinées adore la parodie et les jeux du langage. Son installation réalisée pour Beaubourg investit 200m2 de modules de plexiglas de différentes couleurs et

de différentes tailles. Comme si le spectateurse trouvait tout à coup immergé dans un espace moléculaire ! Ici, on est obligé de se dépasser. De dépasser sa perception, de changer son point de vue, et même changer de réalité. Dommage que l'on ne puisse pas passer entre les rideaux de pastilles pour être encore plus imprégné dans l'oeuvre. Mais c'est toutefois une expérience fascinante que nous offre ce jeune artiste mexicain bien prometteur.

"Damian Ortega. Champ de vision", Centre Pompidou. www.centrepompidou.fr. Du 13/11 au 09/02/09.
(Image : courtesy Centre Pompidou, 2008.)

 

 

Coup de coeur : après l’”Amour au Crédac d’Ivry, Stéphane Calais réinvente l’”Ornement”

Paris, Espace Claude Berri

du 16/01/09 au 28/03/09

L’exposition à l’Espace Claude Berri fait écho à une manifestation de Stéphane Calais à la galerie Aliceday à Bruxelles. En effet, ses “sculptures-collages” se retrouvent ici avec émerveillement. L’artiste joue des tours de magie avec du macramé, des ballons de basket, des plumes et des matériaux de toutes sortes qu’il détourne à volonté. Pour cette exposition, Stéphane Calais réalise une nouvelle pièce qui investi tout l’espace de la galerie. L’ornement se métamorphose donc ici en leurre ou fard. Entre crimes et délices…! A approcher avec délicatesse.

“Stéphane Calais. Ornements, crimes et délices”, Espace Claude Berri, 4, passage Sainte Avoye, 75003 Paris. 01 44 54 88 50. Du 16/01 au 28/03/09.  www.espace-claudeberri.com
(Image : Série “Ornement, crimes et délices”, Vue d’exposition galerie aliceday, Bruxelles, 2008. Photo Gilles Rentiers. Stéphane Calais.)

 

 

Les cicatrices d'Antoni Tapies

Paris, galerie Lelong

jusqu'au 31/01/09

“C‘est ce même culte de “l’oeuvre ouverte” qui, loin des perfections divines et des dogmes, ouvre la voie à toutes ces improvisations et à toutes ces ambiguïtés nécessaires au prolongement du “spectacle”. Au fond, cela signifie sans doute être plus humain et plus vivant”. Voilà ce que cherche et a toujours cherché Tapiès et qu’il cite dans la préface de ses "Mémoires". L’ancien qui retrouve le plus actuel. Les racines qui ne sont que cicatrices. Les territoires qui ne sont que vestiges. Nourri par la philosophie orientale, Antoni Tapiès quête l’essentiel dans le minime. La pureté dans la poussière. L’empreinte de la main. A déjà 85 ans, Tapies apparaît comme l’un des maîtres de la peinture du XXème et du XXIème siècle. Un guideur. Un passeur. Il a inspiré la peinture contemporaine.

 Il a inspiré la sculpture, l’utilisation de matériaux totalement incongrus mais qu’il a élevé à la beauté. Prince de la trace et du signe, l’artiste catalan multiplie toujours ses croix. A l’infini. Comme pour toujours nous montrer qu’il est là.

“Antoni Tapies”, Galerie Lelong, 13, rue de Téhéran, 75008 Paris. Tél. : 01 45 63 13 19. Jusqu'au 31/01/09.  www.galerie-lelong.com
(Image : Antoni Tapiès, Blanc i negre I, 2008, Peinture sur papier, w14410, courtesy galerie Lelong Paris.)

 

 

Dans le froid avec Nathalie Talec

Vitry, MAC/VAL

jusqu'au 25/01/09

On a un peu froid dans cette exposition. Nathalie Talec le voulait. Le désirait. Car l'artiste exploratrice emmène dans une enfilade de chambres froides où elle a installé son univers. Avec une nouvelle définition du zero degré Celsius, avec une chevreuil bien emmitouflé, une pièce dont les murs noirs nous refroidissent par leur humidité. Même si en face on peut se réchauffer dans une chambre orangée chaude. Il y a aussi de faux crampons, de faux costumes d'explorateurs... Et même une performance où une jeune fille danse sur une musique qui rappelle plus les années 70 que 2009. Alors où veut nous emmener Nathalie Talec ? Sur le fil d'un rasoir. Mais lequel ?

"Nathalie Talec, une exposition rétrospective", MAC/VAL, Place de la Libération, 94404 Vitry-sur-Seine. 01 43 91 64. Du 10/10 au 25/01/09. www.macval.fr.
Film et diaporama de Christine Barbe.

 

Raymond Depardon et Paul Virilio, au coeur du monde

Paris, Fondation Cartier

jusqu'au 15/03/09

“Avec Raymond Depardon, on se retrouvait sur la même question : qu’est-ce qu’il reste du monde, de la terre natale, de l’histoire de la seule planète habitable aujourd’hui ? “, écrit Paul Virilio. Alors que Depardon donne la parole à ceux qui, menacés de partir, veulent demeurer sur leur terre, Paul Virilio expose la notion de sédentarité face à l’offensive migratoire. Ici deux artistes réalisent une exposition avec un sujet contradictoire, une confrontation, complémentaire, de plus entre un cinéaste et un photographe. Dans une monumentale projection réalisée pour l’exposition, le Depardon montre le Chili, l’Ethiopie, la Bolivie, la France, le Brésil… à la rencontre d’indiens ou de paysans menacés de disparaître. Il fait ainsi l’expérience de la globalisation et du retrécissement des distances. De son côté Paul Virilio ” a la nostalgie de l’ampleur du monde, de sa grandeur”. Il expose ainsi la remise en cause du

pouvoir de demeurer si 200 millions de personnes forcées de se déplacer d’ici 2050, cet exode sans précedent lié à la mondialisation. Et c’est l’avenir même de la notion de terre natale qui est ainsi questionné par Paul Virilio. Une magnifique conversation.

“Terre natale. Raymond Depardon - Paul Virilio. Ailleurs commence ici”, Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261, bd Raspail, 75014 Paris. Du 21/11 au15/03/2009.
www.fondationcartier.com  ( Image : “Argentine”, 2005, exposition Terre natale-Ailleurs commence ici”, 21 /11 2008-8/03/2009; fondation cartier pour l’art contemporain, Paris, Photo courtesy Raymond Depardon.)

 

 

Dans les rêves de Djamel tatah et de Baptiste Kalim Calistru

Paris, galerie Kamel Mennour

jusqu'au 30/12/08

Né en 1959, Djamel Tatah vit et travaille à Paris. Ses nouvelles oeuvres offrent des visages et des corps immenses sur des fonds abstraits. Comme dans un théâtre imaginaire. Un écran, une scène. Personnages en suspens, endormis parfois, toujours silencieux. Djamel Tatah a décidé d’arrêter ses personnages dans le temps pour nous rendre encore plus interrogatifs. Jean-Baptiste Akim Calistru est son invité. Né en 1981, il présente des oeuvres qui engagent une réflexion sur la disparition imminente de la monnaie fiduciaire. Ainsi 3199 pièces de monnaie se voient découpées en forme d’étoiles à la scie à métaux.

“Djamel Tatah et Jean-Baptiste Akim Calistru”, Galerie Kamel Mennour, Du 28/11 au 30/12. www.kamelmennour.fr
(Images : Djamel Tatah, “Sans titre”, 2008; courtesy Djamel Tatah et l’artistes et galerie Kamel Mennour.)

 

 

Botto et Bruno décoiffent

Paris, galerie Magda Danysz

jusqu'au 06/12/08

La toute nouvelle installation de Botto et Bruno, galerie Magda Danysz, est exceptionnelle. Ces jeunes italiens désirent s’ouvrir à tous les art et abolir les frontières entre graphisme, photographie, musique, cinéma… Ici, un côté du mur dévoile leur banlieue de Turin de manière mélancolique. En face, le même paysage mais dévasté. Soufflé par une terrible catastophe. Et sur le pilier, au centre, une musique composée spécialement pour cette installation. A découvrir absolument.

“Botto et Bruno”, galerie Magda Danysz, 78, rue Amelot, 75011 Paris. 01 45 83 38 51. www.magdadanysz.com. Du 08/11 au 06/12.
(Image : Botto et Bruno, “Walls place”, installation, 2003, courtesy Magda Danysz.)

 

 

Laurent Grasso, lauréat du prix Marcel Duchamp 2008

 Paris, FIAC08

Laurent Grasso, Prix Marcel Duchamp 2008, Courtesy Galerie Chez Valentin
Photographie : Florian Kleinefen
 

 

Conférence de presse: Jeff Koons

Versailles, château de Versailles

jusqu'au 14/12/08

 

A seulement 57 ans, le plus cher des artistes du monde ne rêvait plus que de se mettre un petit peu à la place du roi soleil. C’est chose faite. Et malgré toutes les polémiques faites sur ce coup de force, il faut reconnaître l’évènement. Ses oeuvres ont fait le tour du monde. Comme son célèbre lapin gonflable. Ici tous les matériaux sont utilisés, tous les sujets sont abordés. Et Jeff Koons se baigne dans le flux d’images de l’enfance. Si certaines confrontations ne sont pas trop réussies, il est tout de même étonnant et heureux que ses oeuvres comme “Moon” dans la Galerie des glaces, la “Pink Panther” dans le Salon de la Paix… donnent une dimension nouvelle aux salles et aux grands appartements si prestigieux. C’est un flirt sans conteste entre le kitchissime et le classique avec une oeuvre contemporaine baroquissime qui investit aussi bien l’interieur que l’extérieur du château. Qu’en penser ?

“Jeff Koons à Versailles”. Du 10 septembre au 14 décembre. www.jeffkoonsversailles.com. Diaporama et film de Christine Barbe.

 

 

 

Coup de coeur : David Lefebvre

Paris, galerie Zürcher

jusqu'au 06/10

Il n’a que 28 ans et pourtant. Sa peinture déjà interpelle. Fortement. Justement. David Lefebvre s’abreuve d’abord d’images qu’il trouve aussi bien dans des magazines, sur l’écran de télévision ou celui d’internet. Il se nourrit de cette matière première et commence à sortir les personnages de leur contexte. Naissent des portraits de la vie quotidienne. Des scènes de genre. Mais il aimerait que ses peintures les rendent anonymes. Quelconques. Il supprime les sentiments, les affects, les codes.

Il ne laisse émerger qu’une image réelle. Sans complaisance. Et c’est peut-être cela qui fait sa force. Qui donne à sa peinture cette sorte d’énigme « auquel c’est en énigme qu’il faut répondre », disait Henri Michaux.

« David Lefebvre », Galerie Zürcher, 56, rue Chapon, 75004 Paris. Jusqu’au 6/10/08.
(Image : David Lefebvre, “Sans titre”, 2007, huile sur toile, 42×50,5cm, détail. Photo prise par l’auteur)

 

 

Wolfgang Laib

Grenoble, musée de Grenoble

du 05/07/08 au 28/09/08

Des pyramides de cire d’abeilles, un immense carré de pollen de noisetier. Et encore des cônes de cire d’abeilles magnifiquement superposés…Depuis plus de 30 ans, l’artiste allemand né en 1950 à Metzingen, offre une œuvre inclassable entre le Land Art et l’Art minimal. La rétrospective de son œuvre a parcouru le monde de 2000 à 2002 et il obtint de nombreux prix. Sa personnalité rare, son attitude exceptionnelle, son intérêt pour la culture et la philosophie extrême orientale n’ont aucun équivalent dans l’art d’aujourd’hui. Son travail apparaît comme un engagement total, une expérience intense, une dimension spirituelle dont le spectateur ne peut qu’être imprégné. Son parcours ?

Des voyages avec ses parents de la Turquie à l’Inde en passant par l’Iran et l’Afghanistan. En 1968, il commence des études de médecine. Mais la trop matérialiste médecine traditionnelle le dissuade. Et son diplôme en poche, il décide d’être artiste. Tout de suite, les formes et les matériaux du Moyen-Orient prennent place dans son travail. Lait, pollen, cire d’abeille, laque, prennent des formes hautement symboliques comme le rectangle, le carré, le triangle.
Son désir ? Atteindre une sorte d’unité première entre l’homme et l’univers, l’homme et le cosmos au travers d’activités contemplatives comme le tamisage du pollen, le versement du lait… Mais c’est avant tout une beauté superbe et pure, dépouillée et fascinante qui s’offre à nos yeux. Et le spectateur prend tout à coup conscience de sa fragilité, du transitoire, de la plénitude. En quête de l’insaisissable, du sacré, de l’Absolu que touche Wolfgang Laib.

“Wolfang Laib”, Musée de Grenoble. Du 5/07 au 28/09/08. www.museedegrenoble.fr

 

 

Pete Doherty et les autres, pinceau en main !

Bruxelles jusqu'au 14/09/08

Avec un commissaire génial qui a monté lui-même son propre groupe de musique rock, le visiteur ne peut que se régaler ! Jérôme Sans, ancien directeur du Palais de Tokyo, a donc réussi le pari de mettre en scène des musiciens qui furent ou sont encore plasticiens. Il montre ainsi que art et Rock’roll font plus que bon ménage ! Et il reste certain que les œuvres de stars comme Yoko Ono, Patti Smith que l’on voit aussi à la fondation Cartier, Lou Reed ou Pete Doherty fascinent.

« I It’s not Only Rock’n Roll, Baby”, Palais des Beaux-Art, rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles. Tél. : 32 (0)2 507 82 00. Du 17 juin au 14 septembre. Catalogue de l’exposition 29,50 euros. Voir www.bozar.be.
(Images : Pete Doherty, “Blood portrait”, Courtesy Bankrobber Gallery, London)

 

 

Guillaume Pilet, la modernité poétique

Paris, galerie Alain Gutharc

du 18/10 au 29/11/08

Pour sa première exposition en galerie, le jeunes suisse, issu de l’Ecole Cantonale de Lausanne, s’est lancé avec bonheur dans le polymorphisme. Ici, le visiteur trouve des pâtes à sel, des bronzes, des peintures sur toiles, des bricolages en bois, des photos, de la vidéos, bref tous les modes d’expression d’aujourd’hui. Ici encore légèreté et mystère se combinent dans des déclinaisons de couleurs absolument poétiques.

“Guillaume Pilet, Poco Loco”, Galerie Alain Gutharc, 7, rue Saint-Claude, 75003. Paris. 01 47 00 32 10. Du 18/10 au 29/11/08. www.alaingutharc.com (Image : Vue de l’exposition personnelle de Guillaume Pilet, “Poco Loco”, Galerie Alain Gutharc, Paris, Courtesy Galerie Alain Gutharc, Copyright Marc Dommage.)

 

 

Les installations de Kienholz

Paris, galerie Lelong

du 17/10 au 22/11/08

Décédé en 1994 aux USA, Edward Kienholz a crée en collaboration avec son épouse Nancy Reddin, des installations spectaculaires. Critiques de la société, scènes féroces et souvent ironiques, souvent troublantes, ils offraient un travail où se mélangeaient des pièces de mobilier, des objets de rebus. Une oeuvre représentée au MoMA, au Moca, au Stedelijk d’Amsterdam, au Centre Pompidou… qui n’a pas été montrée à Paris depuis des années et réalisée par sa veuve Nancy Reddin.

“Kienholz. Rétrospective 1969-1994″, Galerie Lelong, 13, rue de Téhéran, 75008 Paris. Tél. : 01 45 63 13 23. www.galerie-lelong.com. Du 17/10 au 22/11.( Image : Edward & Nancy Reddion Kienholz, “The Returning”, 1976, installation multimedia, courtesy LA Louver, Venice, California, Courtesy galerie Lelong)

 

 

Les battements du coeur de Christian Boltanski

Paris, la Maison Rouge

du 13/09 au 05/10/08

Retour à l’enfance. A la vie. Au coeur de la vie. Au coeur. Tout simplement. L’oeuvre le “Coeur” de Christian Boltanski crée en 2005 devient à la Maison Rouge le centre d’une exposition intitulée “Les archives du coeur”. Dans le prolongement de ce travail,  tout Boltanski est là. Présent. Magnifiquement. Dans une salle obscure, le visiteur découvre ce fameux coeur. Et son battement. Celui de l’artiste. A l’aide d’une lumière qui s’allume, s’éteint, s’allume, s’éteint. A l’infini. Au fond de la salle, la vidéo “Entre-temps” datée de 2003 dévoile le visage de Boltanski dans des fondus enchainés qui le montrent de sa petite enfance à ses 60 ans. Magie de la transformation. Evolution de l’homme. Interrogations sur le devenir. Cette vidéo donne à réfléchir sur notre propre histoire. Notre propre parcours. Et pour poursuivre encore cette quête sur la mémoire, l’artiste invite le visiteur à enregistrer dans une cabine les pulsations de son propre coeur. Son but ? Créer les “archives du coeur de Christian Boltanski”. Et vous pouvez même demander à acquérir cet enregistrement sur un CD.

L’exposition sera ouverte au public lors de l’évènement de la Nuit Blanche le 4 octobre.

“Christian Boltanski, Les archives du coeur”, La Maison Rouge, Fondation Antoine de Galbert, 10, bd de la Bastille, 75012 Paris. 01 40 01 08 81. Du 13 septembre au 5 octobre. www.lamaisonrouge.org. Image : Courtesy Christian Boltanski.

 

 

Sergueï Serp

Paris, galerie Orel Art

du 09/09 au 25/10/08

A 41 ans, Serguei Barekov dit Serp, travaille entre Moscou et Paris. Pour la galerie Orel Art il a construit « l’Ile du bûcheron ». C’est l’île du naufragé, celle de Robinson. « Un lieu où il faut recréer le monde à partir de l’homme », explique Thierry Dufrêne. C’est aussi la cabane de Baba Yaga avec des nappes en dentelles, de petits tableaux, une vidéo sortant d’un cadre en bois… Mais la maison ressemble étrangement aux corps peints accrochés aux cimaises de la galerie, à ceux accrochés encore dans la cabane même.

Disloqués. Coupés à la hache. Ici les fenêtres tombent. Là, les bûches restent dipersées. Comme les membres des corps de ses tableaux. Sans têtes, sans bras, sans jambes. Ici, nous sommes dans un univers étrange où il n’y a ni vie ni mort. A l’image d’une certaine Russie.Tout en noir, gris et blanc. Mais où la cabane peut, peut être tout de même apporter une solution. Un idéal. Un endroit pour se retrouver, pour retrouver l’unité. La paix. Le monde.

“Sergeï Serp”, Galerie Orel Art, 40, rue Quicampoix, 75004 Paris. Tél. : 01 47 20 22 24. Du 09/09 au 25/10/08. www.orelart.com (Image prise par l’auteur)

 

 

Les années 70. Enfin libres !

Lisbonne, CAM, Fondation Gulbenkian

Jusqu'au 03/01/10

Une exposition de grande envergure. Magistrale. Car pour le Portugal, il s’agit de la première grande rétrospective sur l’art des années 70. L’immense espace d’exposition du CAM de la fondation Gulbenkian accueille un ensemble d’œuvres dont la majorité proviennent de sa collection. Le visiteur découvre ainsi l’art portugais du bouillonnement pré-révolutionnaire comme celui de la post révolution des œillets de 1974. « Il n’y a pas encore eu d’exposition sur l’art des années 70 au Portugal car c’est un sujet tabou, explique Ana Filipa Candeias, commissaire de l’exposition. C’est une époque de transition très mal connue dont on n’aimait jusqu’à présent pas trop parler ». Et enfin les œuvres sont dévoilées. Révélées. « C’est un projet très riche car nous avons des artistes actifs dès les années 60 comme d’autres  plus jeunes qui ont même reconstitué des oeuvres pour la manifestation ». Lire la suite de l'article en cliquant sur la photo.

"Les années 70 à travers les frontières", CAM,Fondation Calouste Gulbenkian,  Dr Nicolau de Bettencourt, 1050 Lisbonne, Portugal, 351 21 782 30 66. www.gulbenkian.pt. Jusqu'au 03/01/10 (Images : Anne Kerner, Jasmin Uhlig, Fondation Gulbenkian, légendes en cours))

Regards d’artistes pour la cathédrale de Chartres

Chartres, collégiale Saint-André

Du 06/11/09 au 19/12/09

Dix artistes pour Chartres. Dix artistes choisis par Claude Schweisguth pour donner leur vision de la cathédrale. Pour le 30ème anniversaire de son inscription à l’UNESCO au patrimoine mondial, la conservatrice honoraire du patrimoine, ici commissaire de l’exposition, a désiré rapprocher ces magnifiques lieux historiques  de l’art contemporain. L’impulsion donnée aux artistes ? Tenter de capter l’esprit d’une époque antérieure par l’intermédiaire d’une œuvre réalisée pour cette grande occasion. « Il fut donc demandé à dix artistes de réfléchir, de rêver, d’imaginer une œuvre en relation avec ce que pouvait leur évoquer Chartres, tout en restant dans la cohérence de leur travail », explique la commissaire. Les plasticiens choisis apparaissent très divers à l’image de l’art d’aujourd’hui. Ils photographient, installent, peignent…et ont travaillé avec passion sur l’iconographie, l’architecture ou encore la mémoire de ce lieu unique. Ainsi Francisco Arraya  a « cherché à mettre en valeur en fragmentant visuellement l’édifice… sa légèreté, vibration, musicalité, mouvement, diversité, harmonie…. ». Ainsi, Véronique Bigot dont les «  ailes pour la cathédrale

de Chartres saluent les anges, archanges et chérubins qui peuplent l’univers sacré de la religion ». Ainsi encore Pierre Buraglio qui  n’a « pu faire qu’ici, que quelques linogravures (mais quelles linogravures !) d’après les statues-colonnes ». Ainsi encore Philippe Demontaut : « je ne voulais pas seulement rendre compte de l’atmosphère de cet endroit hautement symbolique, je souhaitais aussi lui donner vie. J’ai alors pensé à intégrer ma fille dans mes compositions ». Claude Schweisguth a donc réussi à Chartres un très beau pari. Celui d’allier l’histoire et l’art d’aujourd’hui et de rendre cette rencontre accessible au grand public.

« Regards d’artistes pour la cathédrale de Chartres », collégiale Saint-André, 2, rue Saint andré, 28 000 Chartres. Du 06/11/09 au 19/12/09. (Image : Philippe Demontaut, Alexandra 3, courtesy de l'artiste)

 

Jean-Michel Othoniel, érotisme sacré

Paris, galerie Emmanuel Perrotin

Jusqu'au 23/12/09

Quelle est votre source d’inspiration pour cette nouvelle exposition, « Les nœuds de Janus » ?

C’était l’occasion de mettre en avant une préoccupation que j’ai en ce moment … Mon travail revient à ses premières amours qui sont des choses plus minimales. Et je désirai mettre en valeur des œuvres que j’ai faites cette année : les lassos étant les pièces les plus anciennes, les grands lacets bleus étant les oeuvres que j’ai faites cet été pour Monaco comme les œuvres sur papier. Enfin, le livre est inspiré des nœuds borroméens crées pour l’exposition. Tout tourne autour de l’idée de transformer le collier en une œuvre plus minimale et de l’ouvrir, le fermer, faire des nœuds, le travailler vraiment comme une forme plus sculpturale.

Entretien réalisé par Anne Kerner le 27/10/09

Pour lire l'entretien, cliquez sur l'image.

 

« Jean-Michel Othoniel. Les Nœuds de Janus », Galerie Emmanuel Perrotin, 10, impasse Saint-Claude 75003 Paris. Tél. : 01 42 16 79 79. Jusqu’au 23 décembre. www.galerieperrotin.com. Inauguration d’une œuvre monumentale de Jean-Michel Othoniel à la boutique Chanel de Shangaï début décembre. Rétrospective au Centre Pompidou du 02/03/2001 au 23/05/2011. (Image : Jean-Michel Othoniel, "Blue Lasso", 2008,  Verre Murano, 130x140x40cm, Copyright Othoniel/ADAGP, Paris, 2009 & Courtesy Galerie Emmanuel Perrotin, Paris-Miami)

Fouad Elkhoury, rêves de jeunesse

Paris, galerie Peyroulet & Cie

Du 20/11/09 au 17/01/10

Fouad Elkhoury est un artiste engagé. Engagé dans ses recherches sur les rêves d’hier et l’histoire d’aujourd’hui. Engagé dans le reportage en couvrant l’invasion israélienne à Beyrouth. Engagé dans sa fonction même de photographe puisqu’il est cofondateur de la Fondation Arabe pour l’Image basée à Beyrouth. L’artiste se demande dans cette exposition ce qu’il est advenu de ses rêves ? Rêves de jeune homme rempli d’espoir pour une société « juste, fraternelle et égalitaire », dit-il. Mais la réalité est autre. Ses images en témoignent. Ses photomontages où se mélangent écriture et photographies en noir et blanc ou en couleur parlent de guerre, de désastre et de violence. Dans le silence et la dignité.

 

« Fouad Elkhoury. What happened to my dreams… ?” , Galerie Peyroulet & Cie, 80, rue Quincampoix, 75003 Paris. 01 42 78 85 11.Du 20/11/09 au 17/01/10.(image courtesy de l'artiste et galerie Peyroulet, Paris).



Bijou a dit (18-05-2009 14:05:47):
Superbe !!! les articles sont superbement bien écrit.
Je trouve le contenu vraiment bon !
De plus je trouve le design du site web vraiment vraiment beau ! C*est de l*excellent travail tant sur le fond que sur la forme ! B R A V O...

Philippe a dit (01-07-2009 14:14:22):
Un très beau site avec un très bon contenu. C*est très bien. Continuez !

Teamintime a dit (04-09-2009 22:05:55):
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Valérie a dit (14-10-2009 12:59:23):
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Alain a dit (21-11-2009 17:21:34):
Merci.
Votre site est superbe, aéré, accueillant, dynamique tout comme votre travail d*écriture, de critique !
Meilleures pensées
Bonne continuation
Alain

Maria a dit (20-12-2009 20:01:23):
Je ne me suis pas lassée de regarder, un vrai plaisr autant esthétique qu\* intellectuel

bravo de nous montrer le travail des artistes contemporains

Carrierchr a dit (31-01-2010 19:10:20):
Excellent site, très documenté et bien illustré. Félicitations.

John a dit (16-03-2010 21:33:51):
Un très beau site avec un très bon contenu et très bien documenté.
Bravo pour les vidéos de Christine Barbe

john



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