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Lydia D, l’inspiratrice

Le Cateau Cambrésis, Musée Matisse

Du 28/02/10 au 30/05/10

« La grande inspiratrice du maître, écrira Raymond Escholier, par sa splendeur plastique, par la beauté et l’expression de son visage, et aussi par son intelligence et son esprit, demeure Lydia Delectorskaya ». A partir de 1932 et jusqu’à la mort de Matisse en 1954, la superbe jeune femme russe devint le modèle, la secrétaire et l’amie proche du grand maître. Tout en elle ne pouvait que le séduire et épanouir son art. Ses yeux, l’ovale pur de son visage, sa chevelure blonde, ses formes tout en arabesques. Cette femme merveilleuse inspira le peintre de la couleur qui adorait la représenter environnée de fleurs et de tissus. La pose préférée de Matisse pour Lydia ? Celle du rêve. La tête couchée sur ses bras croisés ou sur le bras sur le dossier d’une chaise…

 

Pour avoir plus de renseignement sur Matisse voir le zoom en cliquant sur l’image.

« Lydia D., muse et modèle de Matisse », Musée Matisse, Palais Fénelon, 59360 Le Cateau Cambresis. 03 27 84 64 50. www.cg59.fr. Du 28/02/10 au 30/05/10. (Image : Henri Matisse, Le Rêve, Huile sur toile, 81 x 65 cm, Centre Pompidou, Paris, Musée national d'art moderne /, Centre de création industrielle, courtesy Succession H. Matisse).

Oh, ces nymphéas !

New York, MOMA

Jusqu'au 12/04/10

"Ces paysages d'eau et de reflets sont devenus une obsession. C'est au-delà de mes forces de vieillard, et je veux cependant arriver à rendre ce que je ressens". Sur l'eau, sur terre, et s'il avait pu dans les airs... Assis dans sa barque ou sur son haut tabouret, entouré de dix toiles qu'il brosse à chaque instant, le vieux papa de l'impressionnisme cherche avec frénésie à capter l'ineffable : "la surface presque invisible qui sépare la lumière de son reflet", écrit Claudel.

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"Les nymphéas de Monet", MOMA, New York, Du 13/09/09 au 12/04/10. www.moma.org (image : Claude Monet. Water Lilies, Reflections of Weeping Willows. 1914–1926. Oil on canvas. 51 1/4" x 78 3/4" (130.2 x 200 cm). Private collection. Image © The Metropolitan Museum of Art)

Les enfants modèles, pur bonheur

Paris, musée de l’Orangerie

Du 25/11/09 au 08/03/10

On les voit dans tous leurs états. Croqués avec leur parents, faisant la sieste dans l’atelier, tenant sagement leur poupée fétiche ou un cerceau, ils sont en habit d’apparat, en robe du dimanche ou en costume de Pierrot ou simplement face au peintre qui les dévisage, les envisage. Les « enfants modèles » de l’exposition donnent à voir l’univers intime des artistes, leur entourage, leurs proches. Tous ceux qui les ont soutenus, les ont aimés et que, par pudeur, l’histoire de l’art ne dévoile pas. Et les voilà tous ! Jean-Marie Le Breton, Jean-Paul Belmondo, Pierre et Catherine

Arditi, Claire, Noële, Dominique et François Denis, Pierre et Marguerite Matisse, Claude, Paloma, Paul et Maya Picasso, Claude Renoir… Cette exposition apparaît comme un miracle de bonheur. Où l’on craque devant ces portraits si tendres, emplis d’amour et de grâce. Avec des visages brossés, rapides aux tableaux les plus élaborés où les enfants ont subis de longues séances de poses qui les empêchaient de jouer ! Et les témoignages des plus jeunes d’entre eux ponctuent chaque tableau comme un éclairage, un témoignage sur un moment de vie magique et si précieux pour l'artiste. 

« Les enfants modèles, de Claude Renoir à Pierre Arditi », Musée national de l’Orangerie, Jardin des Tuileries, 75001 Paris. 01 44 77 80 07. Du 25/11/09 au 08/03/10. www.rmn.fr (image : "La récitation", Lucien Jonas, 1920, huile sur toile, 110x150 cm, collection particulière, courtesy droits réservé et ADAGP, Paris, 2009)

 

 

Archives

 

 

Dubuffet, Dr Knock de la peinture !

Rueil-Malmaison, Atelier Grognard

Du 18/12/09 au 08/03/10

"Il nous manquait un Dr Knock de la peinture. Nous l'avons", ce sont de "vaines pitreries si elles n'étaient en fait de dangereuses escroqueries", il n'a "ni imagination ni génie" s'exclamaient en coeur René Huyghe, Louis Chéronnet et Georges Besson au milieu des années quarante. Qui, aujourd'hui,  oserait parler ainsi de Jean Dubuffet, le chantre de l'art brut, le maître du matiérisme ? Certes, à l'époque, il l'avait un peu cherché. En souillant ses peintures de cailloux, de poussière  de charbon ou d'empâtement noirâtres. En dessinant même avec ses doigts. Et surtout, pour pimenter les choses, il criait à qui voulait l'entendre: "Ce n'est pas la peine d'apprendre à dessiner pour faire de l'art. Vive l'imbécile ! A bas les galeries ! A bas les musées ! A bas les marchands de tableaux et les critiques d'art !". Ce réfractaire à l'esthétique comme à la culture, se moqua bien des consécrations officielles qui plus tard l'affublèrent. Car il

trouvait ses véritables amis parmi les enfants, les malades mentaux, les primitifs, les exclus de toutes sortes. Il s'était transformé en éditeur pour leur consacrer des livres, en collectionneur pour leur offrir un musée.  Quand il peignait, il était chaque fois au bord du gouffre. "Je suis toujours à la limite du barbouillage le plus immonde et misérable et du petit miracle", avouait-il. Tout était bon pour se libérer, s'affranchir, et ressaisir la spontanéité du geste créateur. Par la surprise et les automatismes, bien sûr. Et ses tracés endiablés et barbares de surprendre les images insoupçonnées du monde. Lorsqu'il prenait un thème, que ce soit ses Portraits, ses Hautes Pâtes, ses Collages d'ailes de papillons, ses Texturologies, L'Hourloupe et j'en passe, il s'en enivrait, les interrogeait jusqu'à l'épuisement, jusqu'à l'hallucination. Après le Jeu de Paume et le Musée des Arts Décoratifs de Paris, la Fondation Gianadda, l'Atelier grognard de Rueil-Malmaison, nous projette une nouvelle fois dans cet art de l'ivresse dont son auteur disait: "... c'est la plus passionnante orgie à portée de l'homme". Avec plus de 150 oeuvres gravées cette fois. On ne s'en lassera jamais. 

"Jean Dubuffet - l'oeuvre gravé. 1944-1984". Atelier Grognard, 6, avenue du Château de malmaison, 98500 Reuil-malmaison. Du 18/12/09. (Image : "Pisseurs au mur", 1945, planche 8 de l'album Les Murs. Lithographie en noir 38x28,5; collection Fondation Dubuffet, courtesy Fondation Dubuffet/ADAGP Paris, 2009)

Fauves et expressionnistes. Toutes griffes dehors !

Paris, musée Marmottan

Du 28/10/09 au 20/02/10

Ils sont sortis toutes griffes dehors ! Ils ont rêvé l’art et la vie. Ils vivaient l’art comme la vie et inversement. C’était lors d’une période bénie. Celle de l’avant première guerre mondiale. Les artistes allemands et français croyaient à un monde nouveau, au paradis perdu, à la « vraie vie » dont parlait Rimbaud. Ils vivaient nus aux bords de lacs, ils croyaient à la liberté des mœurs, ils adoraient l’audace et l’authenticité. Leurs œuvres ? A leur image, bien sûr ! Libres et désinhibées. Avec des femmes presque toujours nues allongées dans la

nature, dansant, jouant avec des enfants.  Des images  hurlantes de couleurs comme la vie. Un cheval bleu ? Un visage rouge et vert ? Une maison rose ? Et si Matisse et les Fauves restent plus attentionnés à l’apparence extérieure de ce qu’ils peignent, les Allemands cherchent à cerner ce qui est derrière les choses. Peu importe ! La guerre va mettre fin à ces rêves idéologiques et picturaux. Beaucoup d’artistes mourront sur les champs de bataille ou reviendront écoeurés. A ce retour de guerre honteux,  les Allemands se lanceront dans le vérisme et la nouvelle objectivité et les Français dans l’abstraction. Mais tous pleurent. Disent la douleur. Montrent que le « spirituel dans l’art » de Kandinsky n’existe plus. Et se laissent aller à la Nouvelle Objectivité qui dévoile les objets sous un nouveau jour. L’ "Unheimlichkeit" naît. Cette « inquiétante étrangeté de l’être » dont parlait Freud. Et restera longtemps en attendant la prochaine guerre…Avec la recherche d'un nouvel homme nouveau cette fois, fabriqué par Hitler. Une très belle exposition. Explosive !

« Fauves et expressionnistes. De Van Dongen à Otto Dix. Chefs-d’œuvre du musée von der Heydt », Musée Marmottan Monet, 2, rue Louis-Boilly, 75016. Paris. Du 28/10/09 au 20/02/10. www.marmottan.com (image : copyright : (c)Von der Heydt Museum/Wuppertal)

Gaston Chaissac, peintre rustique moderne

Grenoble, musée de Grenoble 

du 31/10/09 au 31/01/10

Vix, 1960. Dans sa maison perdue au fin fond de la Vendée, un homme grand, très mince, en velours élimé, casquette et chaussettes est assis sur le plancher. Devant lui, un collage à peine ébauché.   Quelques morceaux de papier peint, deux yeux hallucinés, un immense sourire et des cernes noires. Un collage si simple et pourtant tellement élaboré, fini. Irréprochable. A cinquante ans,  Gaston Chaissac reste toujours aussi curieux, inventif, un recycleur de génie des objets de notre quotidien. Loin, dans la capitale qu'il a toujours fuit, la reconnaissance arrive, les expositions s'organisent. Un peu trop tard, hélas. Car malade et désabusé, l'artiste s'éteint seulement quatre ans plus tard.

"Pur comme du cristal" selon Jean Dubuffet, hostile à toutes les traditions, rebelle aux écoles comme aux théories, Chaissac n'offre rien qui puisse séduire l’amateur de sensationnel. Ni scandales, ni aventures. Seulement un naturel renfermé et secret qu'accentue une

enfance souffreteuse, l'absence de son père et la mort de sa mère. Et pourtant. Entre deux guerres qui piègent la culture dans l’académisme ou le fascisme, l'art cherche son échappée belle. Chaissac, comme tous les précurseurs de ce début de siècle est gagné par la nostalgie de l'archaïque, du primitif. D'un retour aux sources. Au primordial. Il regarde du côté des arts africains et préhistoriques. Il louche avec bonheur sur les dessins d'enfants et l'art populaire et fantasme même sur la création d'une communauté d'artistes. Il mélange  "l'a-historique et l'historique, qui selon Nietzsche, sont également nécessaires à la santé de l'individu, d'une peuple et d'une culture". Seul son goût de la liberté  et sa malheureuse intégration à l' "Art Brut" alimentèrent  la légende d'un Chaissac "peintre rustique moderne" selon sa propre définition !

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"Gaston Chaissac, poète rustique et peintre moderne", Musée de Grenoble, 5, Place Lavalette, 38 000 Grenoble. 04 76 63 44 44. Du 31/10/09 au 31/01/10. www.museedegrenoble.fr (Image : "Bouquet Nouveau", 1944, huile sur papier parouflé sur contre-plaqué, 65X50cm. Collection particulière, ADAGP Paris)

Giacometti, l'art à l'épreuve

Bâle, fondation Beyeler

du 31/05 au 11/10/09

Paris, janvier 1966. Alberto Giacometti s'éteint, épuisé, dans son atelier minuscule et poussiéreux de la rue Hippolyte Maindron. Là, pendant près de 40 ans, ce jusqu'auboutiste de la figuration s'est acharné, face à la force de l'abstraction dominante, à faire poser le modèle, à interroger la réalité avec fureur et désespoir. Il y a brûlé ses yeux et sa vie. Il y a consacré toutes ses forces jusqu'à leur anéantissement. Le vieux maître était devenu l'ombre de ses sculptures, long, filiforme, le visage bosselé. Terrifiant. Sans aucun doute, il avait été touché par la grâce divine, métamorphosé en dieu dans sa quête de l'Absolu, de la "vraie vie" dont parlait Rimbaud.

 

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"Giacometti", Fondation Beyeler, Baselstrasse 101, CH-4125 Riehen/Bâle, Suisse. Du 31/05 au 11/10/09. www.beyeler.com Image : Alberto Giacometti dans son atelier de la rue hippolyte Maindron, env 1950, courtesy Paris/2008 ProLitteris, Zurich, Foto : Ernst Scheidegger, courtesy Neue Zürcher Zeitung 2009. ADAGP Paris. Alberto Giacometti étant représenté par l'ADAGP, la photo a été retirée du site à la fin de l'exposition.

L'insoutenable légèreté de Joan Mitchell

Giverny, le musée des Impressionnistes

jusqu'au 31/10/09

"Peindre, c'est une manière de se sentir (vivre)". Menue, timide, nerveuse, ne quittant jamais d'immenses lunettes qui mangeaient son visage, des Etats-Unis au village de Vetheuil, d'un déracinement, d'un exil à l'autre, en éternelle migration, Joan Mitchell n'en finissait pas de scruter la nature, de l'implorer. Et de la conjurer. Pour toucher l'effervescence du monde. Pour trouver enfin ses marques, son territoire aussi. Femme. Expressionniste abstrait dit de la seconde génération. Américaine solitaire à Paris. Elle a donc cultivé toutes les ambivalences, tous les paradoxes qui pouvaient la détruire. Mais rien n'a pu abattre cette jusqu'auboutiste du geste,  qui  jusqu'à sa mort en 1992, se  jetait à corps perdu dans la peinture

quand elle ne l'attaquait par d'épiques rafales dévastatrices, tentant désespérément d'unir les deux rivaux de l'art moderne, l'impression et l'expression, le visuel et le senti.

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"Joan Mitchell", Musée des Impressionnistes, 99, rue Claude Monet, 27620 Giverny. 02 32 51 94 65. Jusqu'au 31/10/09. Image : Joan Mitchell, La Grande Vallée IX, 1983, courtesy collection Frac Haute-Normandie, courtesy Estate of Joan Mitchell, Photo Jacqueline Hyde, ADAGP Paris. Joan Mitchell étant représentée par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée du site à la fin de l'exposition.

Kandinsky, une vie de formes et de couleurs

Paris, Centre Pompidou

du 08/04 au 10/08/09

 

Kandinsky ? Une avalanche de couleurs. Une profusion de formes. Une constellation de signes. L’exposition de Beaubourg apparaît comme une révélation. Un évènement. Car pour la première fois est réunie toute l’œuvre de l’artiste. De ses premiers pas vers la peinture, en 1897, à Munich alors qu’il a déjà trente ans et un métier, juriste, jusqu’à ses dernières toiles inachevées réalisée à Neuilly où il meurt en 1944. Entre temps, tout l’art de la première partie du siècle défile. Un art majeur. Somptueux. Avec une présentation à la hauteur de l’œuvre. De grandes salles où l’on peut admirer les toiles, de près comme de loin, comprendre chaque cycle, admirer la teneur des périodes. Celles-ci alternent avec trois cabinets  d’œuvres sur papier, des textes manuscrits, des dessins, des esquisses. Tout est là. Et l’on pourrait rester des heures devant les Impressions et Improvisations des années 1911 et 1912. Devant cette plongée dans la couleur d’une poésie à toute épreuve. Délectation. Dans cette période du « Cavalier bleu », symbole de « Saint Georges et le dragon » ou de l’art abstrait se battant contre l’art figuratif. C’est l’heure de l’Almanach du Blaue Reiter composé par le groupe d’avant-garde que forment Kandinsky, Paul Klee et August Macke à Munich. C’est l’heure aussi du célèbre ouvrage de l’artiste « Du spirituel dans l’art » où il s’interroge sur les pouvoirs de la couleur, sur la situation créatrice de l’homme et qui compte parmi les textes théoriques ayant bouleversé l’art moderne. « En dépit ou en raison de l’isolement de l’Art, jamais les arts n’ont été plus proches les uns des autres qu’en ces derniers temps, à ce moment décisif du Tournant Spirituel. Déjà nous voyons poindre la tendance au « non réaliste », la tendance à l’abstrait, à l’essence intérieure. Consciemment ou non, les artistes suivent le « connais-toi toi-même » de Socrate », écrit Kandinsky. Après quelques années en Russie où il croit que la révolution d’octobre amènera un nouveau courant artistique, il repart déçu à Berlin. Bientôt se crée une nouvelle école d’avant-garde à Weimar, dirigée par Walter Gropius. Kandinsky la rejoint en 1922. Il a déjà 56 ans. Il y enseigne avec Klee et Moholy-Nagy jusqu’en 1933, date de la fermeture du Bauhaus par les nazis. Maître des formes et des couleurs, ce seront des années fastes où il jongle avec les triangles, les spirales, les lignes, les cercles à n’en plus finir, inventant un univers unique réinventant le monde. Cherchant un nouvel esprit. Et comme par enchantement, comme pour fermer la boucle, l’exposition termine là où elle avait commencé : par des tableaux où se multiplient de petits animaux dans une lumière éblouissante. Les trois plus grandes collections de Wassily Kandinsky ont été réunies, celles de Münich, New York et Paris. Pour émerveiller le visiteur.   

« Kandinsky », Centre Pompidou, 75003 Paris. 01 44 78 12 33. Du 08/04 au 10/08/09. www.centrepompidou.fr Image : Impression III (Konzert), Impression III (Concert), Huile sur toile - 77,5 x 100 Städtische Galerie im Lenbachhaus, Munich, Gabriele Münter-Stiftung, 1957, ADAGP,Paris, 2009. Kandinsky étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée du site à la fin de l'exposition.

Calder, les mains étoilés

Paris, Centre Pompidou

du 18/03 au 20/07/09

Si vous ne connaissez pas le film consacré au cirsque de Calder, courez à l'exposition. Si vous le connaissez déjà, vous vous ennuirez peut-être un peu car il est reproduit plusieurs fois sur écran géant dans l'exposition. Mais ce n'est pa si grave. Les sculptures en fil de fer, les silhouettes dévoilant leur ombre... et le merveilleux cirque de Calder "en vrai", où l'on peut admirer tout le travail d'imagination et de précision de l'immense artiste font que l'on y cueille tout de même des trésors.

 

Paris, 1930. Un grand colosse américain, fraîchement débarqué dans la capitale, suggère à Mondrian : "Ce serait peut être très amusant de faire osciller tous ces rectangles". Mais ce pionnier de l'abstraction n'en n'éprouvait guère le besoin. A ses yeux, sa peinture allait déjà bien assez vite ! Par contre, Alexandre Calder venait de faire une découverte extraordinaire, avait trouvé sa voie. Désormais il allait jouer avec les formes, les couleurs, les lignes et les figures. Et surtout, avec leur mouvement. Les clochettes chinoises agitées par le vent, qu'enfant il avait vues avec son père à San Francisco, étaient gravées dans sa mémoire. Il ne leur restaient plus qu'à se déployer, joyeuses, dans ses mobiles. A coup sûr, ce fils et petit fils de sculpteur désirait s'échapper de la voie trop conventionnelle,  trop facile du milieu

familial. Pourtant, jamais il n'a méprisé la tradition.  Jamais il n'a prêché l'anti-art. Nul retrait solitaire, nul tapage non plus. Calder sculptait naturellement,  au jour le jour, menant une vie simple, uniquement guidé par les besoins de son travail. Certes, il obtint un diplôme d'ingénieur. Première démarche le libérant de l'héritage traditionnel ? Peut-être. Mais dès qu'il en avait l'occasion, il se précipitait au cours de dessin de Clinton Balmer qui lui appris à tracer des figures sans lever la main. D'un seul trait. Et quand le fil de fer relaya le crayon et le vide le papier blanc, surgirent ses fameux personnages du Cirque et les multiples portraits de Léger, Romulus et Remus. Ses matériaux ? Calder les prenaient à portée de sa main. Et si pendant la guerre, la tôle et le fil de fer lui firent défaut, qu'importe ! Les morceaux d'une vieille barque en bois récupérée serviront à d'étonnants assemblages d'où naquirent les fascinantes "Constellations". 

Ouvert à tout ce qui s'offrait à lui, Calder ne s'enfermait jamais dans un système. L'étonnante diversité de son travail en est la preuve. Tantôt il peignait des gouaches rutilantes, tantôt il créait des mobiles et des stabiles monumentaux. Une autre fois, il inventait des sculptures en bois, des machines motorisées ou encore des objets domestiques qu'il fabriquait pour son propre usage. Sans oublier, bien entendu, les illustrations pour "Fêtes" avec Jacques Prévert, ou "Le sacrilège d'Alan Kent" avec Caldwell aux décors de théâtre. Encore faudrait-il évoquer la création de la fontaine hydraulique de Los Angeles, de l' "Univers" motorisé de Chicago ou la voiture qu'il a peint pour les 24 heures du Mans !

Mais Calder n'est pas qu'un constructeur, un "homo faber". Bien au contraire. Jamais rébarbatif, toujours souriant, aimable et accueillant, son art puise son lyrisme et sa poésie dans le jeu, la joie et le rire. Ce faisant, il a découvert un monde nouveau, musical et naturel, où les combinaisons techniques épousent avec allégresse la Nature. Cette Nature infinie et cosmique qui gaspille le pollen et produit brusquement l'envol de mille papillons.

"Alexander Calder. les années parisiennes, 1926-1933", Centre Georges Pompidou, Du 18/03 au 20/07/09. www.centrepompidou.fr. Image : Alexander Calder "Josephine Baker danse", vers 1928. Courtesy 2008 Calder Foundation, New York, Adagp, Paris, 2009. Calder étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée du site à la fin de l'exposition.

"10 ans déjà ! "

Toulon, Hôtel de Arts de Toulon

du 18/04 au 24/05/09

10 ans déjà que l’Hôtel des Arts se consacre à l’art du XXème siècle. Aujourd’hui, le musée montre une partie des 160 pièces acquises par le fond départemental auprès des galeries avec lesquelles l’Hôtel des Arts collabore. Le but de l’exposition : présenter des artistes qui ont marqué de leur empreinte l’art de la deuxième moitié du XXème siècle, montrer la photographie contemporaine, et affirmer la vitalité de la peinture. Pour son dixième anniversaire, l’Hôtel des Arts a donc choisi de montrer Per Kirkeby, Sean Scully, Pizzi Cannella, Claude Viallat, Vincent Barré …. Un superbe bilan sur 400m2.

« Regard sur une collection », Hôtel des Arts, 236, boulevard Général Leclerc, 83093 Toulon. Du 18.04 au 24/05/09.  www.var.fr, rubrique culture. Image : Didier Demozay, 2003, Collection du Conseil général du Var.

Aimer la femme avec Rodin

Martigny, fondation Gianadda

du 06/03 au 14/06/09

Il y a des expositions que l’on ne peut pas toujours voir. Mais dont on ne peut que rêver la qualité. Une exposition Rodin à Martigny est déjà un évènement. Alors, dévoiler le sublime jusqu’auboutisme de l’œuvre érotique de l’artiste ne peut qu’être magnifique. Autour d’une quarantaine de sculptures inoubliables comme « Le Baiser » ou « Iris messagère des dieux », 80 feuilles parmi les 10 000 œuvres sur papier de l’artiste montrent le plus intime, le plus fou, le plus désirable. La nudité. Celle de la femme, bien sûr. Et du couple, évidemment.  De l’académisme à l’audace la plus érotique qui soit. Ici prône l’impudeur. Et il parsème ses œuvres de baisers embrasés, d’enlacements si charnels, d’étreintes amoureuses tellement amoureuses. Ses corps se soudent, s’unissent, s’aiment comme aucun corps n’a jamais aimé. Le maître montre tout, caresses, étreintes, sexes, attente, plaisir. Et monte haut, très haut, si haut dans

l’impudeur qu’il l’illumine tout simplement de son génie. Et il n’y a plus d’obscène, de transgression ou de profanation qui tienne. Il ne reste que « Le corps humain, c’est surtout le miroir de l’âme, de là, vient sa plus grande beauté », explique t-il.   

"Rodin érotique", fondation Gianadda, rue du Forum 59,1920 Martigny, Suisse. 41 27 722 39 78.  Du 06/03 au 14.06/09. www.gianadda.ch

Image : "Couple enlacé, Musée Rodin Paris. Donation Auguste Rodin, 1916, courtesy Musée Rodin. Photo Jean de Calan. Rodin étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée du site à la fin de l'exposition.

Asjer Jorn et Cobra : un mouvement explosif

Paris, Centre Pompidou

du 11/02 au 11/05/09

L'éclosion de Cobra, son existence en tant que mouvement a été fort brève : de 1948 à 1951. Mais quelles années ! Doubles, triples, quintuples ! Ses fondateurs, le Danois Jorn, les Belges Dotremont et Norret comme les Hollandais Appel, Constant et Corneille, tirèrent son nom des trois capitales - COpenhague, BRuxelles, Amsterdam - d'où ils provenaient. Explosion d'une jeunesse avide, audacieuse et iconoclaste, Cobra était bien plus qu'un mouvement ou une école. Il représentait aussi et surtout un moment de cette force trop longtemps contenue par tous les académismes de l'après-guerre. Côté politique, de tendance marxiste, ses membres rêvaient d'un art pour une nouvelle société. Leur credo ? le vitalisme, le rejet des normes vieillies, la lutte pour un art honnête et populaire. Mais aussi une volonté internationaliste, le désir des rencontres et des échanges que procure la culture des différences. Côté artistique, Cobra s'est développé à la fois contre l'abstraction géométrique de

l'Ecole de Paris et la peinture littéraire des calqueurs de rêves. A leur encontre, ils revendiquaient un art matérialiste et physique, dénué de toute théorie stricte et dogmatique. Leurs sources ? Les arts populaires, les arts viking et esquimaux, ferments comparable à ce que fut l'art nègre pour les cubistes. Mais aussi l'expressionnisme d'un Nolde, d'un Munch ou d'un Kokoschka, les oeuvres de Klee ou Miro, sans oublier la philosophie de Bachelard. Bref, tous ces courants refondus dans l'idéologie et la praxis Cobra, donnèrent naissance à un art sensoriel et imagé, à l'expression véhémente. Parmi les peintres, Karel Appel est certainement celui qui a poussé le plus loin et maintenu à un niveau de fougue et de violence exceptionnel toutes les revendications du mouvement. Travaillant directement en pleine pâte, il faisait jaillir des profondeurs mêmes de la matière, des figures symboliques et agressives dont la morphologie et le dessin se disloquaient comme sous l'effet d'un torrent de lave. Ses monstres et ses loups-garous dévoilent devant nos yeux hagards, la vérité de la bête, de la nuit, du cri de l'être humain. A cette totale liberté de ligne répond une liberté non moins absolue du chromatisme. Et c'est dans un climat de fête barbare que des jaunes ensoleillées, des bleus stridents s'opposent en de longues balafres à des rouges portés aux limites de l'embrasement. Sans aucun doute, Appel et Asger Jorn sont les ambassadeurs idéaux de la liberté Cobra, païenne, panthéiste et dionysiaque, de ce groupe qui a réussi à dépasser les notions jusqu'alors antagonistes d'abstraction et de figuration. Aussi nous paraissent-t-ils encore d'une merveilleuse actualité.

A lire : "Asger Jorn, 1914-1973", essais de Jonas Storsve, Dorte Kirkeby Andersen et Troels Anderson, coéedition Editions Gallimard/ Centre Pompidou, 192 pages, 39 euros. Asger Jorn étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée du site à la fin de l'exposition.

Giogio de Chirico. L'angoisse de l'art moderne

Paris, MAMVP

du 13/02 au 24/05/09.

Vingt cinq ans que son œuvre n’avait pas vu Paris. 25 ans que Giorgio de Chirico n’avait pas eu les honneurs de notre capitale. C’est choses désormais résolue grâce au conservateur du MNAMVP, Fabrice Hergott. Et la « pittura metaphysica » d’envahir les cimaises du Musée d’art moderne. Cette œuvre chiriquienne tellement mythique, fantastique et donc métaphysique. Peintre de l’onirisme par excellence, inspiré par le peintre romantique allemand Böcklin, Chirico en a fasciné plus d’un. Et il attire ou envoûte Apollinaire, Paul Guillaume, Magritte, Ernst, Picabia, Eluard, Breton qui voit en lui le démiurge d’une « mythologie moderne ». Et ce sont ses déplacements de la ligne d’horizon, ses compositions architecturales, ses places vides et énigmatiques, ses statues silencieuses et encore bien plus qu’immobiles, ses mannequins sans visages qui jonchent les cimaises du musée. On y goûte partout cette inquiétante étrangeté dont parlait si bien Freud. A partir des années quarante,

Max Ernst le voyait «  détruire jusqu’à la valeur commerciale de ses oeuvres les plus anciennes… et s’acheminer vers un travail d’autodestruction ». Et voilà le spectateur placé devant des cadres sans noms. Des interrogations sans réponses. Des images de l’homme loin de l’humain. Dans le dénuement, la dépossession, l’inaccomplissement. Jean Clair dit «  rien n’aura jamais « lieu ». L’espace a cessé d’être, les corps ont  cessé de vivre. Nul air n’a d’ailleurs jamais inondé ces terrasses ». Et en conclusion « Enterré, il le fut de manière anonyme : son œuvre comme son tombeau attendent encore un nom ».

« Giorgio De Chirico, 1888, 1978, la fabrique des rêves », Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 11, av. du Président Wilson, 75016 Paris. 01 53 67 40 00. Du 13/02 au 24/05/09. www.mam.paris.fr  Image : "Piazza d'Italia", 1962, huike sur toile, collection particulière, Italie, courtesy Waddington Galleries, Londres/ Prudence Cuming Associated Ltd

A lire, « Malinconia » par Jean Clair, éditions Gallimard

A toute vitesse ! le futurisme

Paris, Beaubourg

jusqu'au 26/01/09

Les futuristes italiens ont l’air de bons bourgeois cravatés et moustachus. Mais quelle révolution voulaient t-ils faire ? Quels manifestes proclamaient t-ils ? Ils parlaient haut et fort de la “peinture de l’avenir”, de “sculpture totale”, d’art mécanique ou de Manifeste du Moto-bruitisme. Leur maître à tous ? Bergson, bien sûr et sa simultanéité d’espace, de temps et de lieu ! Et c’est ce principe qu’il veulent appliquer dans l’art, leurs peintures, leurs sculptures.

Et c’est ainsi que l’on comprend et lit leurs oeuvres. Surtout plongez-vous dans ce livre rouge et bien épais du spécialiste du futurime et de la théorie de l’Homme Nouveau, Giovanni Lista, “Futurisme”, Bible de ce mouvement qui prône l’Art Total. En fait toute l’avant-guerre se retrouve tous dans la volonté de faire la révolution, de tourner autour de l’objet pour le cubisme et d’y rajouter le temps à la Bergson pour les futuristes. Bref. Une belle exposition mais sans surprises.

“Le Futurisme à Paris. Une avant-garde explosive”, Centre Georges Pompidou. www.centrepompidou.fr. Du 15/10 au 26/01/09. Image : Luigi Russolo, “La Rivolta”, 1911, huile sur toile, Gemeentemuseum Den Haag, La Haye, courtesy Gemeentemuseum Den Haag, courtesy ADAGP Paris. Luigi Russolo étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée du site à la fin de l'exposition.

Entrer dans l’intimité de Matisse

Noce, Musée Matisse

du 31/01 au 25/05/09

Après les archives, témoignages, lieux uniques jamais dévoilés au public ! Les photographies de Brassaï, Hélène Adant, Serge Lido ou Roger Schall… dévoilent l’univers de création du grand mâitre Matisse. Sa façon de travailler, sa manière de faire poser les modèles, ses lieux de création comme le cours Saleya, Le Regina ou la Villa Le Rêve. Des moments de pur bonheur que le peintre voulait rendre dans ses toiles. Le musée Matisse dévoile aujourd'hui l'intimité du maître avec ses objet quotidiens.

« L’objet dans l’œuvre de Matisse », Musée Matisse, Nice, Du 31/01 au 25/05/09 Image : “Hélène Adant, Séance de pose avec Lucienne Bernard, Villa Le Rêve, Vence, 1946. Copyright fonds Hélène Adant, Bibliothèque Kandinsky, centre de documentation et de recherche, Centre Pompidou, Paris.

De Miro à Warhol, la collection Berardo

Paris, musée du Luxembourg

jusqu'au 22/02/09

Plus de 400 oeuvres de la collection du portugais José Berardo sont acceuillies depuis 2007 dans un musée portant son nom à Lisbonne. Aujourd’hui, les parisiens peuvent admirer 74 chefs d’oeuvre de cette collection hors du commun dont l’un des points forts de la collection demeure l’abstraction de l’immédiate après première guerre mondiale. On y voit donc Mondrian, Tanguy, Arp…. Mais aussi un penchant extrême du collectionneur pour les oeuvres des années 60 avec le Nouveau Réalisme et le Pop Art. Bien entendu Warhol,  Klein, Soulages ou Mitchell.  Si l’exposition commence avec une très belle tête de femme de Picasso, elle se termine par une sculpture monumentale en bronze de César posée sur le parvis du musée.  .

“De Miro à Warhol. La collection Berardo à Paris”, Musée du Luxembourg. Tél. : 01 45 44 12 90. Du 16 octobre au 22 février. Voir www.museeduluxembourg.fr. Réservations www.fnac.com/www.ticketnet.fr  Image, Tom Wesselman, (Cincinnati, 1931 - New York, 2004), “Great American Nude”, 1963. Emulsion et acrylique polymère sur carton avec des reproductions imprimées. Musée Collection Berard, Lisbonne.  Tom Wesselman étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée à la fin de l'exposition.

 



Lou a dit (01-07-2009 14:11:11):
Une très belle écriture

Etienne a dit (01-07-2009 14:12:03):
De bons sujets qui tiennent la route. Très bien les liens et ceux avec les autres rubriques

Rémy a dit (01-07-2009 14:12:42):
Bonnes biographies

Juliette a dit (14-10-2009 12:57:56):
Un excellent choix de sujets



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