|
Gérard Uféras L'amour à la folie Paris, Hotel de Ville Du 6/05/10 au 31/07/10 | | Monter. Monter haut. Très haut. Sous les toits de l’appartement de Gérard Uféras. Si haut. Dans l’émotion de Gérard Uféras. Une émotion, une attention qui d’un coup vous entoure, vous entraîne, vous séduit. La personne comme l’œuvre tiennent de la grâce. Irradie quelque chose de rare. A côtoyer le photographe humble, attentif, curieux, le regard vif, captif, parfois si malicieux et déroutant, l’œuvre semble évidente. Sa foi en l’humanisme d’un Cartier | Bresson et son amitié avec Willy Ronis décédé il y a seulement un an, donne encore à l’homme et ses images une ampleur inégalée. Après ses sublimes séries sur la mode et la danse, il s’est lancé pendant deux ans sur deux thèmes qui lui sont particulièrement chers, Paris et l’amour. Car Uféras se passionne pour la passion. Comme dans sa précédente série sur les grands danseurs : « C’était merveilleux. Ce sont des univers avec leurs codes et il faut rentrer dedans... Ce sont surtout, à chaque fois, des aventures humaines ». Et c’est ce que cherche le photographe. Aller à la rencontre non seulement du rêve, de l’éblouissement. Mais à partir de la réalité. A partir du contact. De l’échange. Et ce fou d’art, de musique, de jazz, de théâtre… rassemble au cœur de son œuvre toutes ses intuitions comme toutes ses influences. Il vous parle en vous servant un thé et des gâteaux délicieux. Avide de faire plaisir. De mettre à l’aise. Et montre encore sans relâche ses photographies sur « Paris d’amour », tourne page après page son dernier livre, dévoile ses images et se souvient de toutes les histoires qu’elles recèlent. « Ici aussi je me retrouvais dans un autre milieu mais c’étaient des gens de tous les jours ». Et il se souvient de ce couple si charmant, tellement amoureux. De cette jeune mariée qui pleure le mouchoir à la main. De ce baisé volé à la sortie de l’église. Et puis de la fête qu’il suit, poursuit jusqu’à l’aube. Sans relâche. Traquant le moment, subtil, le mouvement, magique, l’émotion, chavirée. Et dans un film montré à l’exposition le visiteur voit le photographe au travail. Ce jusqu’auboutiste qui capte le monde autour de lui. Le pénètre. S’intègre. S’engouffre. S'y fond. Presque invisible malgré l’appareil photo dans la main droite et le flash dans la main gauche. Il sait exactement quand il faut courir, s’arrêter, danser même. Reporter, il s’adapte, jongle et trouve l’équilibre. Sur le fil du rasoir. Pourquoi le mariage ? Parce qu’il exprime l’égalité de tous devant la République. Parce que c’est pour certain le plus beau jour de leur vie. Par ce qu’au-delà de toutes les races et de toutes les religions, il se veut fête, émotion, engagement de tous les instants. Et le regard de se replonger dans ces photographies sublimes. Arrêt sur un couple qui s’embrasse, offert, sous le voile de la mariée. Coup de cœur face à deux jeunes gens sortant de l’église sous une nuée de pétales. Ailleurs encore, pose sur une jeune femme d’un raffinement exquis qui sourit timidement à l’approche de l’autel. Ici, encore zoom sur un pied d’une élégance totale. Ou d’une main merveilleusement enluminées au henné. 150 photographies montrent « le partage, la joie, la danse » dit encore Gérard Uféras. Elles dévoilent surtout cette quête de rêve toujours au plus profond de l’âme. De l’homme dans son humanité. Ancré dans la grâce comme dans la vie... Sur un air sensuel de Chet Baker. (A Tom, 1996) Voir le portfolio en cliquant sur l'image.
« Gérard Uféras. Paris d’amour », Hotel de Ville de Paris, 29, rue de Rivoli, 75004 Paris. Tél. : 3975. www.paris.fr. Du 6/05/10 au 31/07/10. Entrée gratuite. (Image courtesy Gérard Uféras) |
Willy Ronis Photographe humaniste Paris, Monnaie de Paris Du 16/04/10 au 22/08/10 | | Il voulait être compositeur de musique. Mais la passion pour la photographie apprise par son père l’emporte. Une passion qui l’entraîne vers le reportage. De gauche, avec la montée de front populaire, il se rapproche des idéaux de Robert Capa . Et rencontre très vite Kertesz, Brassaï et Cartier-Bresson. Son originalité ? Une attention portée tout particulièrement à « l’harmonie chorale des mouvements de foule et à la joie des fêtes populaires ». Ses livres consacrés à Paris le rapproche de l’univers de Robert Doisneau et d’Edouard Boubat en conciliant humanisme et réalisme poétique. En 1972, il s’installe dans le sud de la France, à L’Isle-sur-la-Sorgue. Il enseigne dans les facultés de marseille et d’Aix en Provence. Ce célèbre photographe de renommée internationale reçoit de nombreux prix et sa rétrospective de 2005 voit plus de 500 000 visiteurs ! | | Le jeu de Paume et la Monnaie de Paris se sont associés pour honorer la mémoire de Willy Ronis qui préparait dans les semaines précédent son décès en septembre 2009, une grande exposition parisienne pour fêter son centenaire. Ces institutions concrétisent donc son voeux de manière posthume en présentant plus de 150 oeuvres autours de cinq grands axes ; la rue, le travail, les voyages, le corps et sa propre biographie. Sensible aux luttes quotidiennes, ce poète de l’engagement n’avait qu’un seul but : changer le monde. A.K. « Willy Ronis : Une poétique de l’engagement », Monnaie de Paris, 11 quai de Conti, 75006 Paris. Du 16/04/10 au 22/08/10. (Image : Willy Ronis, Le Nu provençal, Gordes (Vaucluse), 1949, Tirage argentique, 40 x 30 cm , Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l'architecture et du patrimoine.Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho) |
ARCHIVES Polixeni Papapetrou Paris, L MD galerie Du 06/05/10 au 26/06/10 | | “Photographier n'est pas prendre le monde pour objet, mais le faire devenir objet, exhumer son altérité enfouie sous sa prétendue réalité, le faire surgir comme attracteur étrange et fixer cette attraction étrange dans une image.”Jean Baudrillard, Car l'illusion ne s'oppose pas à la réalité…, Descartes & Cie, Paris, 1998. C’est en découvrant un ouvrage de la photographe américaine Diane Arbus que Polixeni Papapetrou a ressenti sa première grande émotion en photographie. Élève de Lizette Model, Diane Arbus dressa un portrait troublant de l’Amérique des années 60 en photographiant notamment les personnages hors-normes, les handicapés mentaux, les jumeaux, les travestis, les personnes de petite taille. Sans parler d’influence directe, l’oeuvre de l’artiste américaine constitue une source d’inspiration majeure dans le propre travail de Polixeni. | Polixeni Papapetrou est une artiste australienne, née et habitant à Melbourne. Évoquer sa nationalité est une donnée importante car son travail s’inspire de la nature, très présente sur ce continent, dans sa dimension énigmatique mais il s’inspire aussi de faits historiques ayant marqué la population australienne. Toutes ses photographies racontent une histoire en faisant directement référence à un événement précis.
Inspirée par l’enfance et par sa propre enfance, elle nous entraîne dans un monde poétique, surréaliste et onirique où les références à l’histoire de l’art et de la photographie sont une source d’inspiration constante et où l’influence de la littérature avec notamment le roman d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll, conforte son propos sur l’enfance...
Lire le texte dans sa totalité dans la partie Zoom Voir le portfolio en cliquant sur l'image Béatrice Andrieux « Polixeni Papapetrou, Between Worlds », L MD galerie, 44, rue barbet de Jouy, 75007 Paris. 01 40 62 97 46. www.Imd-art.com. Du 06/05/10 au 26/06/10. |
La modernité de Jacob August Riis Paris, Maison du Danemark Du 19/03/10 au 02/05/10 | | Un portrait sublime. Une jeune femme sous la neige. Comme touchée par la grâce, elle fixe le photographe Jacob August. Riis. Riis qui immortalise son visage doux et gracieux malgré des conditions de prises de vues difficiles. Une neige épaisse et drue tombe sur les oripeaux de la jeune femme et sur son logis : une simple tente. Installée sur le toit d’un immeuble, la tente laisse découvrir un lit de camp pour tout confort . C’est là qu’elle vit, pauvrement, comme des milliers d’autres émigrés dans le New York des années 1880. Né en 1849 au Danemark, Jacob August.Riis se définissait pourtant lui-même comme « un piètre photographe ». Il fut incontestablement le pionnier de la photographie sociale et s’imposa comme le premier vrai journaliste photographe de l’Amérique.
| | C’est en 1870, alors âgé de 21 ans, que Riis quitte le Danemark pour New York après une rupture amoureuse. Il vivra une période de grande pauvreté avant de trouver un emploi stable à la rubrique judiciaire au New York Herald Tribune puis au New York Evening Sun. Sensible au sort des plus démunis, il a très tôt conscience du faible impact de ses textes et discours en faveur d’une population en souffrance. L’invention du « Flash » lui permet d’illustrer ses conférences en faveur de l’amélioration des conditions de vies des émigrés. Il peut désormais photographier de nuit les habitations insalubres dans lesquelles se réfugient les populations les plus pauvres. Riis choisit de publier son travail dans un livre témoignage, « How The Other Half Lives », en 1890, première publication importante en matière de photographie sociale documentaire. Les vues d’architecture, d’écoles, de taudis, de sanatorium révèlent une réalité brutale couplée à une construction esthétique. La composition de l’image de jeunes enfants tuberculeux, allongés sur des transats, emmitouflés sous des couvertures, dans une pièce austère fenêtre ouverte, figure le style de Riis. Au de-là du documentaire historique que les 60 tirages présentés nous donne à voir, c’est avant tout le regard franc et honnête d’un auteur profondément tourné vers l’autre qu’il faut retenir. Béatrice Andrieux
Jacob A. Riis (1849-1914), Collection du Musée de la Ville de New York , Maison du Danemark . 2e étage,142 avenue des Champs-Élysées. 75008 Paris. Du 19/03/10 au 02/05/10. |
La racine des légumes Voir autrement Paris, Galerie Michèle Chomette Du 20/05/10 au 10/07/10 | | « Simplement ils sont là, dans leur mouvement le plus propre, et saisi au moment où magnificence et flétrissure cohabitent sans qu’un régime l’emporte sur l’autre », écrit Jean-Christophe Bailly à propos des photographies de légumes de Jacqueline Salmon. Des images comme de portraits. Des images peut-être même comme des nus. Dévoilées l’an passé au château de Chaumont sur Loire, Jacqueline Salmon montre ses superbes images remplies d’une poésie qui, à partir d’un simple légume nous ouvre sur le monde. Car tout est présent ici. | | De la racine à la fleur. Des profondeurs de la terre aux élancements vers le ciel. Posés délicatement, comme des « natures vivantes », ils apparaissent tels qu’eux-mêmes, dans un dimension esthétique à tomber. Des images comme le récit d’une vie, qui nous fait découvrir des plantes. Autrement. Magiquement.
« La racine des légumes. Jacqueline Salmon & Robert F. Hammerstiel », Galerie Michèle Chomette, 24, rue Beaubourg, 75003 Paris. 01 42 78 05 62. Du 20/05/10 au 10/07/10. (image : la racine des Légumessérie co-signée avec Robert F.Hammerstiel Ektachromes et films N et B 4" x 5 ", diptyques couleur 250 x 96 cm sous diasec Tirages barytés noir et blanc 80 x 100 cm épreuves pigmentaires sur papier chiffon, tirages cibachrome 24 x 12 cm exp. :De Natura, Galerie d’Artistes, Amilly, 2001Histoires naturelles, Galerie Mathieu, 2001 Domaine de chaumont sur loire, 2009 Galerie michele chomette, paris 2010) |
Maleonn Dingue ! Paris, galerie Magda Danysz Du 11/03/10 au 22/04/10 | | On se croirait dans la magie d’un opéra chinois ! Contemporain. Maleonn, de son vrai nom Maliang, réalise des contes magiques et surprenants souvent teintés d’ironie. Ancien réalisateur de films, il utilise toutes les ressources numériques, toutes les techniques de recolorisation possibles. Et nous voilà partis dans un voyage imaginaire et initiatique détonnant d’une composition parfaite, de couleurs superbement posées, de mises en scènes captivantes, d’histoires absolument | | dingues ! Il a déjà fait l’objet de nombreuses expositions dans le monde, de Paris à Hong Kong en passant par Shanghai, Bruxelles, Rome, New York… A.K. « Maleonn « , galerie Magda Danysz, 78, rue Amelot, 75011 Paris. 01 45 83 38 51. www.magdadanysz.com. Du 11/03/10 au 22/04/10. (Image : courtesy de l'artiste et de la galerie Magda Danysz, Paris) |
Double Je Jacques Henri Lartigue, l’émerveillé L’Isle-Adam, Musée d’art et d’histoire Du 11/04/10 au 19/09/10 | | Une centaine de photographies. De nombreuses peintures données par l’artiste et son épouse à la Ville de L’Isle-Adam. Tout ici est rassemblé pour créer un très beau dialogue entre l’œuvre peinte et l’œuvre photographiée de l’artiste. Car Lartigue était passion, folie douce, amoureux transi. De la vie. De la beauté. De la grâce. Et les années folles seront les années Henri Lartigue. « J’aurai voulu… j’aurai voulu… je voudrais… je voudrais tout raconter… tout conserver… Seulement moi ce ne sont pas des pensées que je voudrais attraper au piège mais l’odeur de mon bonheur », avoue t-il dans « L’Emerveillé ». A.K. « Double Je. Jacques Henri Lartigue, peintre et photographe. 1915-1939 », Musée d’art et d’histoire Louis Senlecq, 31, Grande Rue, 95290 L’Isle-Adam. 01 34 69 45 44. www.ville-isle-adam.fr. Du 11/04/10 au 19/09/10. |
La chambre du secret Photographies d’Olivier Verley La Roche-Guyon, château de la Roche-Guyon Du 15/05/10 au 15/10/10 | | « Cette boîte noire d’acajou, de papier plié, de métal et de verre, n’est guère plus petite qu’un confessionnal. Je la considère comme réceptionnaire des secrets que je vais demander à des « déposants » de mon entourage de lui livrer pendant un temps imposé et rigoureusement identique pour chacun d’entre eux. …Le flux du jour s’imprimera sur son visage pendant quatre minutes. La lumière naturelle aura toujours la même provenance… Il en sera, selon les ciels, secrets de pluie, de brume ou de soleil », explique Olivier Verley. Traduire un secret sans jamais le révéler. Montrer un visage sans en dévoiler l’âme. C’est un peu ce qu’il réalisait déjà avec ses séries de paysages ou ses publications comme « Entre chien et loup, paysages », par exemple. Et dans ses superbes photographies en noir et blanc, l’artiste qui s’est installé à Auvers-sur-Oise depuis 1996, révèle pourtant des émotions fortes et subtiles qui donne l’ « esprit », l’émotion photographiée. A.K. | « La chambre du secret. Photographies d’Olivier Verley », Château de La Roche-Guyon, 1, rue de l’Audience, 95780 La Roche-Guyon. 01 34 79 74 42. www.chateaudelarocheguyon.fr. Du 15/05/10 au 15/10/10. (Image, courtesy de l'artiste) | Shai Kremer Paris, galerie Les Filles du Calvaire Du 18/03/10 au 30/04/10 | | « Mes photographies montrent l’empreinte menaçante et omniprésente de l’armée sur le paysage israélien, et par effet de miroir, cette même empreinte sur la société israélienne. L’esthétique des images, leurs compositions ordonnées imitent les mécanismes de défense des citoyens israéliens essayant coûte que coûte de tendre vers une vie « normale ». Les cicatrices cachées du paysage correspondent aux blessures de l’inconscient collectif du pays. Le paysage, infecté par l’accumulation des sédiments déposés par un conflit sans fin, devient une plate-forme de discussion », explique | | l’artiste. Né en 1974, Shai Kremer dresse donc un portrait métaphorique de la transformation du paysage israélien depuis les passages successifs des guerres et des civilisations. Loin de choquer, il invite le spectateur à regarder, se demander comment chaque parcelle de terre est désormais « infectée » par les traces et sédiments du conflit actuel. Il travaille actuellement également à une série sur New York où il réside. Claire Céline. « Shai Kremer, Infected Landscapes & Fallen Empires », Galerie Les Filles du Calvaire, 17, rue des Filles-du-Calvaire, 75003 Paris. 01 42 74 47 05. www.lesfillesducalvaire.com. Du 18/03/10 au 30/04/10. (Image, courtesy de l'artiste et galerie Les Filles du Calvaire, Paris) |
Loan Nguyen Paris, galerie Esther Woerdehoff Du 04/03/10 au 30/04/10 | | Des images subtiles. Une jeune fille se promène au fil des images. D’éléments naturels en éléments naturels. Dans le vent, la grêle, au soleil, à marée haute… La jeune artiste à la fois suisse, française et vietnamienne, née en 1977 promène le regard dans des atmosphères toujours naturelles et poétiques. Pleines de finesse et de sensibilité. Après sa série sur les mobiles, elle s’attache au sujet de l’inquiétude face aux changements climatiques. « C’est ma propre peur liée à ces problèmes qui m’a amenée à commencer ce nouveau projet : ma | | frustration face à ces difficulté globales m’a donné envie de devenir, le temps d’une photo, une sorte de petit dieu, capable d’influencer le monde qui m’entoure. Dans les images que j’ai déjà réalisée, je crée la neige, la grêle, là où il n’y en a pas. …. Il en subsiste une trace photographique, une série d’images que je veux poétique et ludique, mais qui en sourdine exprime mon angoisse, mon impression de solitude, d’échec face aux problème environnementaux », explique la photographe. A.K. « Météo et phénomènes naturels – travail récent. Loan Nguyen », Galerie Esther Woerdehoff, 36, rue falguière, 75015 Paris. 01 43 21 44 83. www.ewgalerie.com. Du 04/03/10 au 30/04/10. (Image, courtesy de l'artiste et de la galerie esther Woerdehoff, Paris) |
Josef Hoflehner Paris, acte2galerie Du 07/04/10 au 27/05/10 | | Du sublime. Du sublime au malaise. De la perfection à l’ambiguïté. Du noir et blanc calligraphique à la photographie. Josef Hoflehner immerge le spectateur dans un univers de grandes étendues ponctuées de palmiers, d’arbres, de fleurs, d’architectures comme des calligraphies. Comme un simple trait de pinceau. Ici, tout est calculé, magnifié. Ici le hasard n’a pas sa place. Merveilleusement perfectionniste, le photographe nous emmène tout au long de ses voyages, en Orient, aux Etats-Unis… pour nous donner autant à réfléchir qu’à contempler. Un univers où l’on se plonge avec délice.(légende en cours) A.K. | | « Josef Hoflehner. Sublime », acte2galerie, 41, rue d’Artois, 75008 Paris. www.acte2galerie.com. Du 07/04/10 au 27/05/10. |
Avant-après Stefan Koppelkamm Paris, Goethe-Institut Du 12/02/10 au 13/04/10 | | Il y eut un avant et un après. Un temps blessé et figé. Parfois même un temps immobilisé dans la guerre… Un temps de la renaissance. Entre. La chute du mur de Berlin et la réunification de l’Allemagne. Le photographe berlinois Stefan Koppelmamm, vivant à Berlin comme photographe et graphiste, a fixé en 1990 et douze ans plus tard, les mêmes images. Mêmes lieux. Mêmes immeubles. Mêmes rues. Même point de vue. Ici, tout semble pareil. Et pourtant. En 1990, la pauvreté et le retard d’une société apparaît flagrante sur les images. | En face, les lieux rénovés, revisités, accueillants. Prenant une nouvelle vie. Ce travail formidable à la fois esthétique et historique dévoile des clichés fascinants. «le premier voyage, c’était comme un voyage dans le passé allemand. J’avais le sentiment que ce que je voyais là-bas ressemblait à ce qu’avait été la ville dans laquelle j’avais grandi. La première fois que je suis venu à Görlitz, la ville était vide, fantomatique. C’était comme dans les années trente ; je pensais tout le temps que les Nazis allaient surgir au coin de la rue ». A.K. Voir le portfolio en cliquant sur l'image. "Ortszeit/Heure locale, Photographies de Stefan Koppelkamm. temporalités allemandes", Pavillon Carré de Baudoin, 119-121, rue de Ménilmontant, 75020 Paris. 01 58 53 55 40. Du 12/02/10 au 13/04/10. www.goethe.de/paris. (Images : courtesy Stefan Koppelkamm) |
Entre chien et loup Jorge Molder Paris, centre Culturel Calouste Gulbenkian Du 27/01/10 au 09/04/10 | | L’artiste portugais Jorge Molder offre un univers entre rêve et réalité, entre sommeil et veille. Entre. Un « entre » d’où sort des profondeurs du noir une main, une bouche, un corps… L’exposition présentée à Lisbonne semblait plus douce. Plus ludique. Plus théâtrale aussi. Nous plongeant dans une inquiétante étrangeté. A Paris, l’artiste ne reprend évidemment pas les mêmes images. Celles-ci, jouant toujours entre l’apparition et la désagrégation, apparaît plus tragique. Avec des visages effrayés, des figures hallucinées, des visages décomposés… Une œuvre complexe et énigmatique à découvrir absolument. A.K. Voir le portfolio en cliquant sur la photo. | « L’interprétation des rêves. Photographies de Jorge Molder », Centre Calouste Gulbenkian, 51, avenue d’Iéna, 75116 Paris. 01 53 23 93 93. Du 27/01/10 au 09/04/10. www.gulbenkian-paris.org (image, collection CAM-Fondation Calouste Gulbenkian) |
Lisette Model Paris, Jeu de Paume Du 09/02/10 au 06/06/10 | | Née à Vienne en 1901, Elise Amelie Felicie Stern étudie d’abord la musique avec Arnold Schönberg. « Si un professeur eut une grande influence dans ma vie, ce fut sans nul doute Schönberg », avoue la future photographe. Elle quitte Vienne à la mort de son père en 1924 pour étudier le chant à Paris. Rencontre. Celle de son mari, le peintre français d’origine russe Evsa Model. Elle délaisse alors la musique pour très vite se consacrer à la photographie. En 1934, sur la promenade des Anglais, elle fera l'une de ses plus célèbres séries de portraits et impose déjà des vues clandestines, des close-ups, sans retouche. De manière instinctive et directe. Trois ans plus tard, le couple émigre aux Etats-Unis où elle devient photographe professionnelle. Lisette model entre dans le courant de la Street photography qui se développe à New York dans les années 40. Elle enseignera jusqu’à sa mort en 1983. Le Jeu de Paume dévoile plus de | 120 tirages parmi les plus représentatifs de ce travail unique. A.K. « Lisette Model », Jeu de Paume, 1, Place de la Concorde, 75008 Paris. 01 47 03 12 50. Du 09/02/10 au 06/06/10. www.jeudepaume.org (image : Valeska Gert, c. 1940, Lisette Model, Tirage gélatino-argentique d’époque. 34,6 x 27,7 cm; National Gallery of Canada, Ottawa, don de la Succession de Lisette Model, 1990, sous la direction de Joseph G. Blum, New York, par l’entremise des American Friends of Canada, © The Lisette Model Foundation, Inc. (1983). Used by permission) |
Intrusions Paris, galerie Michèle Chomette Du 21/01/10 au 06/03/10 | | Pour cette nouvelle année, un nouveau regard. Celui de deux invites de Michèle Chomette, Pascal Amoyel et Nicolas Giraud. Après avoir fouillé l’antre photographique de la galeriste, ils ont trouvé chacun « leur merveille » suscitant d’autres choix pour un très bel accrochage. C.C. « Intrusions », galerie Michèle Chomette, 24, rue Beaubourg, 75003 Paris. 01 42 78 05 62. (Image, jean-Marc Bustamante, 1980 1/25, Photographie couleur, tirage C-Print d'époque, daté et numéroté, Collection galerie michèle chomette, Paris) |
Jalal Sepehr Paris, Galerie Esther Woederhoff Du 09/12/09 au 27/02/10 | | Ici, ni guerre, ni violence. Une pure recherche esthétique. Et le visiteur de se laisser aller au gré des variations multiples d’un tapis persan flottant sur l’eau, jeté à l’eau, dans un soleil plombé, Comme un appel à la légèreté et la joie. Et si derrière tout cela ne se cachait pas nos rêves des Mille et Une Nuit. Et en filigrane, si cet autodidacte qui vit et travaille à téhéran, ne posait pas la question de la Culture, de l’Identité ? A.K. |
"Jalal Sepehr, Water & Persian Rugs“, Galerie Esther Woederhoff, 36, rue Falguière, 75015 Paris. Jusqu’au 27/02/10. www.ewgalerie.com Prix de la photographie 2009 ! Thibaut Cuisset | Partir. Pour « être en état de voyage ». Libre. Détaché. Autonome. Partir. Pour « explorer de nouveaux territoires ». Et l’errance, encore, toujours, sans cesse, pour laver, purifier le regard. L’errance. Vers le proche et le lointain. Sur les bords de la Loire comme en Corse, en Italie, en Suisse. Mais aussi pour une envie d’ailleurs insistante, nécessaire, vitale, de contrées de plus en plus éloignées ou de plus en plus vastes. L’Australie, le Japon, la Turquie, l’Islande. L’errance... | | Thibaut Cuisset part en photographie comme il part en campagne. « C’est ma méthode de travail et non une philosophie de l’existence », insiste t-il. Ni nomade, ni sentimental, encore moins romantique, le jeune homme parcourt donc le monde. Dans des zones initiatiques sans histoire, sans spectacle, sans tourisme, sans pittoresque. Et depuis près de quinze ans, il livre des propositions paysagères autres. Différentes : « L’idée d’un lieu sur lequel on ne porte pas forcément les yeux, et lui trouver une émotion, une poésie ». Naissent des images de l’entre. « Des espaces incertains, périphériques, des endroits banals ou insignifiants », explique t-il. De ces morceaux de nature trouvés au bout du bout du chemin. Là où l’on n’espère plus. Où l’on ne croit plus. Où les pas ne portent plus. Mais là aussi où l’étonnement, le mystère, le secret et la beauté, oui, la beauté exhalent. De partout... A.K. Lire la suite en cliquant sur la photo. "Thibaut Cuisset", Galerie photo du Pôle Image Haute-Normandie, 15, rue de la châne, 75000 Rouen. 02 35 89 36 96. (Image : "Sans titre", série Loire, 2001, courtesy galerie les filles du calvaire.) |
Les photographies de Matisse à Tahiti Nice, Musée Matisse Du 30/10/09 au 18/01/10 | | Aux côtés de vingt-trois nouveaux tirages de Matisse et de ses ateliers représentés par de grands photographes comme Hélène Adant, Pierre Boucher, Alexander Libermann, vingt-huit images prises par l’artiste lui-même lors de son séjour à Tahiti en 1930.Le rapprochement de ces photographies avec les créations issues de souvenirs de Tahiti apportent un éclairage sur le genèse d’œuvres comme la peinture « Papeete », « Tahiti », etc… | | C’est pendant un séjour de trois mois en Océanie que Matisse a une véritable révélation pour le sentiment d’espace unissant le ciel et la mer. Là, il ne travaille pas. Juste quelques pochades et des dessins. Mais il prend des photographies qui l’entraînent à une vie contemplative dont les souvenirs, plusieurs années après, seront à l’origine de nouvelles créations. « Tout le voyage a été une continuelle surprise : la lumière et les couleurs, telles que je ne les avaient jamais vues auparavant. Et pourtant, je vis depuis des années dans le sud. De telles couleurs ne peuvent devenir fertiles que dans le souvenir, quand on les a mesurées à nos propres couleurs. J’espère que quelque chose va en passer dans ma peinture, plus tard », écrit-il. Et bien plus après : « Les souvenirs de mon voyage à Tahiti ne me sont revenus que maintenant, quinze ans après, sous forme d’images obsédantes : madrépores, coraux, poissons, oiseaux, méduses, éponges…. Il est curieux… que tous ces enchantements du ciel et de la mer ne m’aient guère incités tout de suite… je suis revenu des Iles les mains absolument vides… A.K. « Les photographies de Matisse à Tahiti », Musée Matisse, 164, av. des Arènes de Cimiez, 06000 Nice. 04 93 81 08 08. www.musee-matisse-nice.org ("Rivage", photographie : Henri Matisse, Polynésie Française, 1930, tirage argentique, Photothèque du centre de documentation Musée Matisse, Nice, photo Archives Matisse, ADAGP) | Rémy Marlot, Une sublime nostalgie contemporaine Saint-Claude, musée de l'Abbaye du 24/10/09 au 28/02/10 | | Rémy Marlot offre un univers merveilleusement atmosphérique. Subtil. D’une nostalgie absolument contemporaine. Entre réalité et fiction. Ici, des immeubles abandonnés, les sculptures d’un bas-relief, un lieu en friche, un jardin… le photographe regarde et shoot des images qui deviennent grâce à sa sensibilité et son travail, extraordinaires, où la lumière « magnifie tout », dit-il. Et cette photographie qui frôle la peinture, travaillée, retravaillée comme une toile, caresse un certain expressionnisme d’où s’exhalent la | profondeur d’où s’exhalent la profondeur et la densité. « Il y a beaucoup de références cinématographiques, poursuit Rémy Marlot, au cinéma russe, à Tati…Je me souviens aussi que lorsque j’étais jeune et voyageais beaucoup, dans les trains corails, il y a avait au-dessus des banquettes des photographies en noir et blanc de paysages… ». Résurgences. Son univers ne connaît pas le monde et sa frénésie. Au contraire. Le temps s’arrête. En suspens. En lévitation. Comme pour faire une pause dans l’intranquillité de la vie, de l’être.A.K. Voir le portfolio en cliquant sur l'image "The Valley, Rémy Marlot", Musée de l'Abbaye, 3, place de l'Abbaye, 39200 Saint-Claude. 03 84 38 12 60. www.saint-claude.fr ; www.remymarlot.com (images, courtesy Rémy Marlot) |
Extravagance fellinienne !
Paris, Jeu de paume du 20/10/09 au 17/01/10 | | Une exposition fellinienne par excellence ! C’est-à-dire extravagante. Grotesque ! Avec des archives photographiques, des extraits de films, des livres, des dessins, des albums de presse, des magazines, des affiches ! Le visiteur tombe dans la folie fellinienne. Il la boit. S’en nourrit. Et se voit confronté à toutes les obsessions du cinéaste né en 1920 et décédé en 1993 à l'âge de 73 ans. Toutes les images qui l’inspirèrent. Celles dont il rêva. Celles bien sûr qu’il fabriqua. Et dans cet sorte de laboratoire ne cessent de se multiplier les dialogues entre les photographies, les | | films, les images fixes ou animées. Car celui qui bouleversa aussi bien les règles de la narration, déconstruisit le récit, repensa le cinéma, par là-même nous pose la question du 7ème art tout au long du XXème siècle. Le commissaire de l’exposition, Sam Stoudzé, créateur de NBC Editions, a divisé l’exposition en quatre grandes séquences : Fellini et la culture populaire, Fellini à l’œuvre, la Cité des Femmes, Fellini ou l’invention biographique. Et apparaissent toutes les hantises de l'immense Fellini qui apparaissent dans ses superbes films comme la Strada (1954), La Dolce Vita (1960), La Cité des Femmes (1980). Le music-hall, le cirque, la caricature, le roman, le rock’n’roll, la femme dans toute sa polymorphie, l’ambiguïté de son sentiment religieux, la psychanalyse et les rêves. Une exposition phare qui éclaire admirablement l’œuvre fellinienne. A.K. « Fellini, la grande parade », Jeu de Paume, 1, place de la Concorde, 75008 Paris. 01 47 03 12 50. Du 20/10/09 au 17/01/10. www.jeudepaume.org (Image : Anita Ekberg et Marcello Matroianni, La Dolce Vita, 1960, Photographie du tournage, photographie Pierluigi, courtesy Fondation Jérôme Seydoux-Pathé.) |
Zoom sur des instants de vie Charleroi, musée de la photographie du 17/09/09 au 17/01/10 | | A partir de 1889, la commercialisation du Kodak démocratise totalement la photographie. Tout le monde veut s’approprier les moments importants ou surprenants de leur vie. Ceux tout simplement de leur quotidien aussi. Cet enregistrement devient nécessaire et populaire. Cette exposition montre donc le choix d’une centaine de photographies prises souvent à la sauvette dans le cadre de l’intimité familiale. Ici, un enfant s’amuse sur un cheval en bois, ailleurs deux clowns jouent au xylophone ou encore un couple s’embrasse… Ici se | | multiplient les instants de vie, des fragments fragiles vécus par des gens ordinaires. Leurs auteurs ? Vous, moi, des photographes amateurs ou anonymes qui témoignent du coup de l’histoire de l’image par leur cadrage ou leur sujets inattendus. Cet arrêt sur le temps dévoile d’étonnantes surprises. « Quelque chose »… A.K. « Quelque chose », Musée de la Photographie, 11 Av. Paul Pastur, B-6032 Charleroi (Mont-sur-Marchienne). 32 (0)71 43.58.10. Du 17/09/09 au 17/01/10. www.museephoto.be |
Thierry Girard L’arpenteur du monde moderne Paris, Les Douches galerie Du 03/12/09 au 06/02/10 |
| | Thierry Girard est un arpenteur. Celui qui, au sens étymologique, mesure les terres. Depuis plus de trente ans, Thierry Girard prend la mesure du monde dans sa dimension philosophique et poétique. Il observe des parties du monde, il les parcourt et les photographie. Les récits de ses voyages qui accompagnent la plupart de ses livres, admirablement écrits, rendent compte de son profond attachement au territoire, au paysage rural et urbain. Béatrice Andrieux Voir la suite de l'article en cliquant sur la photo. | "Ville ouverte", les Douches la Galerie, 5, rue Legouvé, 75010 Paris. 01 78 94 03 00. Jusqu'au 06/02/10. www.thierrygirard;com; www.wordspics.wordpress.com; www.villeouvertes.com |
Peter Klasen Machines « humaines » Dunkerque, LAAC Du 03/10/09 au 13/02/10 | | « Le réel n’est rien d’autre que ce que je vous montrer », dit Peter Klasen. L’artiste propose un voyage initiatique dans l’univers industriel, ses paysages, ses rouages, qui le hantent depuis plus de trente ans. A partir d’images du territoire dunkerquois prises au cours des années 1980 et 1990 et plus récentes de 2008 et 2009, le photographe dévoile un monde dans tous ses états. Car il nous fait pénétrer également au cœur des villes portuaires de Los Angeles ou La Havane où il s’est | | rendu. Son but ? Partir à la recherche de la déesse machine. Et la voilà qui apparaît éclatante, opulente, omniprésente. A Dunkerque, les liens avec cette dernière se font plus proches. Plus intimes. Et son œuvre entre alors en résonance avec cette nouvelle objectivité allemande si peu connue des années vingt. Avec des cadrages étonnants, des perspectives, gigantesques qui donnent à ses engins cette « unheimlichkeit » dont parlait Freud, une « inquiétante étrangeté » qui les rend presque humains. A.K.
« Peter Klasen. La mémoire du regard, L’œuvre photographique », LAAC, Lieu d’Art et Action Contemporaine, Jardin de sculptures, 59140 Dunkerque. 03 28 29 56 00. Du 03/10/09 au 13/02/10.www.ville-dunkerque.fr (image : Peter Klasen, "Vannes", 1975, ADAGP, Paris, 2009) |
Voyages Regards de photographes japonais sur le monde Paris, Maison de la culture du Japon Du 14/10/09 au 23/01/10 | | Errance. De cinq photographes et vidéastes japonais. Ici, par exemple, Kôji Onaka sillonne son pays pour mieux en capter un quotidien en voie de disparition. Là, Toshiya Momose se penche plutôt sur les grandes métropoles de New York à Shanghai en passant par Istanbul ou Tokyo. Ailleurs, Naoki Ishikawa, aventurier de l’extrême, dévoile l’univers âpre et minéral de volcans. Partout, les images apparaissent d’une qualité et d’une beauté incroyables. D’une réalité qui peut tendre jusqu’à la fiction, d’une banalité qui se métamorphose en trésor. Grâce à un merveilleux travail de la lumière, des contrastes, des regards, des atmosphères. A.K. | « Voyages. Regards de photographes japonais sur le monde », Maison de la culture du japon à Paris, 101, bis quai Branly, 75015 Paris. 01 44 37 95 00. Du 14/10/09 au 23/01/10. www.mcj.asso.fr (image : courtesy Sayuri Naitô, "Pont du 25 avril", 2007) |
Fouad Elkhoury, rêves de jeunesse Paris, galerie Peyroulet & Cie Du 20/11/09 au 17/01/10 | | Fouad Elkhoury est un artiste engagé. Engagé dans ses recherches sur les rêves d’hier et l’histoire d’aujourd’hui. Engagé dans le reportage en couvrant l’invasion israélienne à Beyrouth. Engagé dans sa fonction même de photographe puisqu’il est cofondateur de la Fondation Arabe pour l’Image basée à Beyrouth. L’artiste se demande dans cette exposition ce qu’il est advenu de ses rêves ? Rêves de jeune homme rempli d’espoir pour une société « juste, fraternelle et égalitaire », dit-il. Mais la réalité est autre. Ses images en témoignent. Ses photomontages où se mélangent écriture et photographies en noir et blanc ou en couleur parlent de guerre, de désastre et de violence. Dans le silence et la dignité. A.K. « Fouad Elkhoury. What happened to my dreams… ?” , Galerie Peyroulet & Cie, 80, rue Quincampoix, 75003 Paris. 01 42 78 85 11.Du 20/11/09 au 17/01/10.(image courtesy de l'artiste ) |
Denise Colomb aux Antilles. L’humanisme jusqu’auboutiste. Paris, Jeu de Paume, Hôtel de Sully jusqu’au 27/12/09 | | Denise Loeb est née en 1902 à Paris et adopte son pseudonyme de Denise Colomb pendant la guerre. Après des études de violoncelle, elle réalise ses premiers portraits en Indochine, de 1935 à 1937 où elle accompagne son mari. En 1948, la photographe se rend aux Antilles à l’invitation d’Aimé Césaire qui l’invite à se joindre aux commémorations du centenaire de l’abolition de l’esclavage dans les Antilles françaises (1848-1948). Elle y retourne dix ans plus tard avec une commande de la compagnie générale transatlantique et durant ce second séjour, elle photographie aussi bien en couleur qu’en noir et blanc. Ces deux reportages constituent l’ensemble thématique le plus important dans le fonds Denise Colomb | | – plus de 9000 négatifs – en dehors de son célèbre travail consacré aux portraits d’artistes qu’elle débute avec Antonin Artaud et poursuit avec Picasso, Ernst, De Staël… et d’entreprendre de nombreux voyages en Inde, en Israël, et en Europe. Elle a réalisé donc deux grands reportages en Martinique, en Guadeloupe et en Haïti. Ici, ni images touristiques. Ni exotisme. La photographe exprime dans ces séries sa vision humaniste. Elle photographie la vie quotidienne, école, marché, bar, la vie économique, commerce, plantations, et les coutumes, jeux de rue, danse, baptême. Malgré la misère, elle montre l’homme dans ce qu’il a de plus chaleureux, de plus noble et se rapproche ainsi du réalisme poétique d’un Robert Doisneau, Edouard Boubat ou Willy Ronis. L’exposition regroupe plus de 100 photographies dont la plupart n’ont pas été montrées au public depuis 1949. « Denise Colomb aux Antilles. De la légende à la réalité, 1948-1958 », Jeu de Paume, Hôtel Sully (dernière exposition), Hôtel de Sully, 62, rue Saint-Antoine, 75004 Paris. 01 42 74 47 75. Jusqu’au 27/12/09. www.jeudepaume.org (Image : Jeux, Haïti, 1958, Denise Colomb© Ministère de la Culture - Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN) |
Claire Chevrier, drôle de monde Pontault-Combault, Centre photographique d’Ile-de-France Du 26/09 au 20/12/09 | | Claire Chevrier frôle la limite. Elle se met à distance. Elle s’approche tout doucement des villes. Les regarde d’abord de loin pour mieux se les approprier. Entre le vide et le plein. Entre la mégalopole et la banlieue. Toujours entre le proche et le lointain. De tous ses voyages, à Hong Kong, Lagos ou Bombay, elle s’interroge sur la manière dont l’homme investit l’espace. Et elle donne des noms. Des typologies. « Paysages-villes », Espace construction », « Croisement-ville »…, | | Chaque groupe représente une distance d’approche de la ville générique allant de la vision paysagère à la structure urbaine. Reste la pollution, la corrosion, les poussières…Des images qui nous interrogent profondément sur le monde et son existence. Son devenir. « Claire Chevrier, un jour comme les autres », Centre photographique d’Ile-de-France, 107, avenue de la République, 77340 Pontault-Combault. 01 70 05 49 80. Du 26/09 au 20/12/09. www.cpif.net (image : courtesy Claire Chevrier, ADAGP, Paris, 2009 |
Jean-Luc Mylayne, rêver le monde Clermont Ferrand, Frac Auvergne du 17/09 au 29/11/09 | | Pour la première fois, Jean-Luc Mylayne présente un ensemble inédit d'oeuvres acquises par trois collections publiques françaises, le Musée d'art Moderne de la Ville de Paris, le Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne et le Fond National d'Art Contemporain, des photographies grand format et produites rien que pour l’occasion. Depuis plus de trente ans, elles jouent sur les séquences, les successions, les associations. L'artiste s'attache ici plusieurs thèmes consacrés à « l’homme et l’oiseau », « l’homme et la pomme », « la mise en scène », « le parti-pris des formats », « La focale » et | | « Le temps ». Partout, il travaille merveilleusement comme un peintre. Choisissant la place des figures, retouchant les couleurs, se concentrant sur les touches de lumière. Naît une œuvre d’une poésie totale, qui s’amuse, subtile, de la précision et du flou. « La photographie permet de vérifier simplement un instant – une mise en scène – qui existe véritablement. Quand je vois une scène avec un oiseau dans un contexte humain, c’est très poétique, et j’essaye de la reconstituer. Il y a une multitude d’évènements qui ont lieu en même temps et que l’on ne peut jamais refaire. (Pourtant), autant que possible, je refais ce que j’ai vu, et la photographie est la preuve que cela a existé » (Jean-Luc Mylayne). "Jean-Luc Mylaine", Frac Auvergne, Clermont Ferrand, du 17/09/09 au 29/11/09.( Image : courtesy Jean-Luc Mylayne ) |
« Anima, Jean François Spricigo", la nature au plus près. Paris, Académie des Beaux-Arts du 28/10/09 au 21/11/09 | | Il a 31 ans et a remporté le Prix de Photographie 2008 de l’Académie des Beaux-Arts. La récompense ? 15000 euros et une exposition de trois semaines dans le merveilleux lieu du quai Conti. Le jeune Belge qui se passionne pour la photographie dès l’adolescence y dévoile une série fantastique, mystérieuse, absolument poétique aussi : une cinquantaine de photographies en noir et blanc consacrée aux animaux réalisée de novembre 2008 à juin 2009. Ici l’artiste | raconte l’histoire de ses rencontres avec la nature et voudrait également montrer qu’il « photographie avec ses oreilles ». "J'utilise la photographie à la manière d'un peintre, le souvenir laissé importe plus que le moment pris. Je suis attaché au sujet de l'absence et suis convaincu que l'art, tout comme les sentiments, est contenu dans l'idée de perte..." dit-il. Une merveilleuse approche du monde. Voir le Portfolio en cliquant sur l'image « Anima. Jean-François Spricigo », Académie des Beaux-Arts, 23, quai Conti, 75006 Paris. Du 28/10/09 au 21/11/09. www.academie-des-beaux-arts.fr et www.joug.org. (Images : courtesy jean-François Spricigo) |
« Presqu’île, Cyrille Weiner », déambulation poétique Hyères, villa Noailles du 18/10/09 au 06/12/09 | | Des images si réélles qu’elle en paraissent irréelles ! En résidence deux ans à la Villa Noailles, le photographe a capté des visions de paysages préservés comme la presqu’île de Giens, les Iles d’Or, le littoral Hyèrois et l’agglomération de Toulon. Dans la verdure, l’artiste saisit la couleur. Juste un peu. Avec quelques barques posées sur le sol, la chemise d’un enfant qui joue, une cabane. Et laisse sa place à la nature. Les arbres, le sable, les rochers et l’eau. L’eau surtout qui conduit de photographie en photographie comme un fil rouge. Ses images racontent donc une sorte | d’appropriation de ces lieux par l’homme au cours de ses loisirs, de ses vacances. Apparaissent de belles images légèrement énigmatiques. Voir le portfolio en cliquant sur l'image. « Presqu’île, Cyrille Weiner », Villa Noailles, Communauté d’agglomération Toulon Provence méditerranée. 04 98 08 01 93. Du 18/10/09 au 03/01/10. www.villanoailles-hyeres.com(Image, Cyrille Weiner, Carqueiranne, Les Baux-Rouges, de la série Presqu'île, 2009, C print 80X100) |
Ferdinando Scianna. La géométrie et la Passion Paris, MEP du 24/06 au 11/10/09 | | C’est une première. Une première rétrospective du photographe italien Ferdinando Scianna. Né en Sicile, il travaille très tôt pour des journaux à Paris et Milan. Il réalise ses premières photographies de mode pour Dolce et Gabanna en 1987. Féru de littérature, il intègre également l’agence Magnum et s’abreuve de Borges et de Kundera. La photographie ? « Une façon d’être dans la vie », explique t-il et ce dont témoigne cette superbe exposition. | « Ferdinando Scianna. La géométrie et la Passion », Maison européenne de la photographie, 5/7, rue de Fourcy, 01 44 78 75 00. Du 24/06 au 11/10/09. Ouvert du mercredi au dimanche. www.mep-fr.org |
Gabriele Basilico. Dans les coulisses du Théâtre Carignano. Paris, MEP du 24/06 au 30/08/09 | | Un théâtre ? Plus ! Un lieu magique et historique ! Le théâtre Carignano a été construit à la fin du XVIIème siècle pour accueillir les représentations données pour les divertissements de ses princes. Reconstruit par deux fois, c’est le plus ancien théâtre de Turin célèbre pour tous les acteurs immenses qui ont frôlé ses planches. Après deux mois de travaux, le lieu est à nouveau ouvert depuis février 2009. Du coup, Gabriele Basilico a scupuleusement enregistré les transformations de cette rénovation audacieuse. Avec des prises de vues en | | noir et blanc, une chambre 10X12, son travail apparaît comme un véritable voyage à l’intérieur du chantier.Il sature l’espace, stratifie les visions, construit de nouvelles perspectives nées du chaos et du désordre. Le photographe met à jour ce qui désormais est caché et enfoui. Et dévoile l’envers du sublime décor, des ors et des lustres aujourd’hui restitués.
« Gabriele Basilico, le Théâtre Carignano de Turin », Un projet d’Agarttha Arte “Piémont, une définition”, Maison européenne de la photographie, 5/7, rue de Fourcy, 01 44 78 75 00. Du 24/06 au 30/08/09. www.mep-fr.org. | Picasso chez Cézanne. Photographies de Lucien Clergue Aix-en-Provence, atelier Cézanne du 04/07 au 26/09/09 | Ici les enfants jouent. Plus loin, Jacqueline coud. Pendant ce temps, Picasso vaque à ses occupations. Lucien Clergue a pris ainsi une multitude de photographies de l’immense artiste espagnol. Ami de Picasso dès 1953, Lucien Clergue entre dans son intimité et shoote la vie de l’artiste. Il permet ainsi en 82 photographies de faire découvrir au visiteur les temps de création comme la vie de tous les jours du peintre. « Picasso chez Cézanne. Photographies de Lucien Clergue », Atelier Cézanne & Cité du Livre, Aix-en-Provence du 04/07 au 26/09/09. www.atelier-cezanne.com et www.citedulivre-aix.com Image : Picasso et la colombe, La Californie, Cannes, 4 Novembre 1955. Copyright Lucien Clergue 2009 – Succession Picasso 2009. L'artiste étant représenté par l'ADAGP, la photo présentée a été enlevée du site à la fin de l'exposition. Voir les articles sur Picasso http://www.ouvretesyeux.fr/zoom/art-moderne.html |
Carla van de Puttelaar, Monique Jacot, Kumi Oguro Paris, Galerie Esther Woerdehoff du 21/05 au 07/07/09 | Elles sont trois. Trois femmes à dévoiler leur univers somptueux. Avec les photographies inspirées par Lucas Cranach l’Ancien de la hollandaise Carla van de Puttelaar. Ses grandes images de femmes nues allongées à la peau blanchie sur fond noir ont des airs de statues d’albâtre. Mais sous cette beauté parfaite, la photographe cherche le détail. L’imperfection de la perfection. La particularité… qui leur donne vie. Avec aussi les superbes paysages de l’artiste suisse Monique Jacot. Pour son 75ème anniversaire, elle montre ici parmi ses plus belles œuvres. Des images douces, paisibles. Empreintes d’une extrême intériorité. Et d’une poésie parfois mélancolique.Enfin, le travail photographie de Kumi Oguro. Rempli de jeunes filles surprises, d’instants juste avant ou après | | | une situation absurde ou tragique. Et des prises de vues picturales à souhait. Trois femmes. Trois mondes à découvrir absolument. « Carla van de Puttelaar, Monique Jacot, Kumi Oguro », Galerie Esther Woerdehoff, 36, rue Falguière, 75015 Paris. 01 43 21 44 83. Du 21/05 au 07/07/09. www.ewgalerie.com. Image : Kumi Oguro, "Sky", 2007, courtesy Galerie Esther Woederhoff, Paris. |
En voyage avec Thibaut Cuisset Rouen, Galerie Photo du Pôle Image Haute-Normandie du 15/05 au 25/07/09 | Partir. Pour « être en état de voyage ». Libre. Détaché. Autonome. Partir. Pour « explorer de nouveaux territoires ». Et l’errance, encore, toujours, sans cesse, pour laver, purifier le regard. L’errance. Vers le proche et le lointain. Sur les bords de la Loire comme en Corse, en Italie, en Suisse. Mais aussi pour une envie d’ailleurs insistante, nécessaire, vitale, de contrées de plus en plus éloignées ou de plus en plus vastes. L’Australie, le Japon, la Turquie, l’Islande. L’errance... | | Thibaut Cuisset part en photographie comme il part en campagne. « C’est ma méthode de travail et non une philosophie de l’existence », insiste t-il. Ni nomade, ni sentimental, encore moins romantique, le jeune homme parcourt donc le monde. Dans des zones initiatiques sans histoire, sans spectacle, sans tourisme, sans pittoresque. Et depuis près de quinze ans, il livre des propositions paysagères autres. Différentes : « L’idée d’un lieu sur lequel on ne porte pas forcément les yeux, et lui trouver une émotion, une poésie ». Naissent des images de l’entre. « Des espaces incertains, périphériques, des endroits banals ou insignifiants », explique t-il. De ces morceaux de nature trouvés au bout du bout du chemin. Là où l’on n’espère plus. Où l’on ne croit plus. Où les pas ne portent plus. Mais là aussi où l’étonnement, le mystère, le secret et la beauté, oui, la beauté exhalent. De partout... (Suite de l'article dans la rubrique "zoom, photo" du site) "Thibaut Cuisset", Galerie photo du Pôle Image Haute-Normandie, 15, rue de la châne, 75000 Rouen. 02 35 89 36 96. (Image : "Sans titre", série Loire, 2001, courtesy galerie les filles du calvaire. ) |
Henri Cartier Bresson aurait cent ans Paris, MEP du 15/04 au 30/08/09 | A l’occasion du centenaire de la naissance d’Henri Cartier-Bresson, les expositions se multiplient. La Maison européenne de la photographie présente 120 tirages provenant de ses collections. C’est donc Paris et Les Européens, deux séries majeures du photographe qui envahissent les cimaises du lieu. On y voit des enfants jouant le long du mur de Berlin en 1962, un pique-nique au bord de la Marne en 1938, deux jeunes gitans espagnols en 1933. Mais d’un milieux populaire on peut aussi passer | | aux fastes du « Bal de la Reine Charlotte » à Londres en 1959. Cartier-Bresson commence par étudier la peinture auprès d’André Lhote de 1927 à 1928. Puis il part faire des études de peinture et de philosophie à Cambridge. Il découvre le Leica en Côte d’Ivoire à l’âge de 24 ans, travaille en freelance et expose déjà en 1933 à New York. Ce voyageur invétéré parcourt l’Europe, le Mexique, devient assistant de Jean Renoir. Il photographie très vite les plus grands artistes du siècle comme Matisse, Rouault, Braque, Bonnard. 1947 voit sa consécration avec une exposition au Musée d’Art Moderne de New York. Il fonde alors Magnum avec ses acolytes dont Capa. Puis vient la Chine et l’Indonésie. Le Japon, le Canada …. « L’appareil photographique est pour moi un carnet de croquis, l’instrument de l’intuition et de la spontanéité, le maître de l’instant qui, en termes visuels, questionne et décide à la fois. Pour « signifier » le monde …».Son but : ne retenir que le moment décisif. Lauréat d’une multitude de prix, en 1968 celui qui sans cesse clamait que l’on ne pouvait apprendre à photographier, recommence son cheminement vers la peinture, réduisant peu à peu son travail photographique. En 1970, il épouse la photographe Martine Franck. Cette légende vivante décède à 96 ans dans le sud de la France. « Henri Cartier-Bresson à vue d’œil », Maison européenne de la photographie, 5/7, rue de Fourcy, 75004 Paris. 01 44 78 75 00. Du 15/04 au 30/08/09. www.mep-fr.org Image : "Gitans", Grenade, Espagne, 1933, courtesy Henri Cartier-Bresson/magnum Photos. |
Les Titans de Lionel Bayol-Thémines Issy-Les-Moulineaux, le Cube jusqu’au 25/07/09. |
| « Titan’s Eyes », « Titan’s Memory », « Lanscape Invasion », ces diverses séries entraînent le spectateur dans un univers étonnant. En effet, dans la nature, l’artiste installe ses immenses photographies de titans, de ce qu’il appelle « une civilisation parallèle masquée ». A l’origine de ce travail ? Les films de séries Z de la contre culture mexicaine des années 1950. Le fruit d’un work in progress fabuleux commencé il y a trois ans. | « Lanscape invasion. Photographies de Lionel Bayol-Thémines », Le Cube, 20, cours Saint-Vincent, 92130 Issy-Les-Moulineaux. Jusqu’au 25/07/09. 01 58 88 30 00. www.lesiteducube.com; www.bayol-themines.com. (Image : "Landscape Invasion", Lionel Bayol-Thémines". L'ariste étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée à la fin de l'exposition. ) |
Claude Lévêque Paris, MEP du 24/06 au 30/08/09 | Claude Lévêque entraîne toujours dans des univers qui provoquent des émotions totalement visuelles et sensibles. Parce qu’il utilise tout. Le son, l’image, la lumière et les matériaux les plus contemporains qui soient. L’artiste aime crée des espaces et des atmosphères. Et cherche à voir le monde autrement. « Je pense que l’art contemporain peut provoquer un espace différent de redécouverte des choses, indépendant des obligations de consommation dictées par des médias avilissants, des politiciens corrompus et des marchands de jeux, de | | pavillons, ou de bagnoles », dit–il. On a pu se plonger dans le noir à la galerie Yvon Lambert, gratter du chocolat sur une sculpture à Barcelone… Et Claude Lévêque de bousculer, de provoquer, de créer un déclic en chacun de nous. « Le crépuscule du Jaguar » a été montré à Albi en 2007 et acquis par la MEP cette année. Elle présente une image vidéo en noir et blanc de deux yeux séparés par un mur. Son titre ? Un clin d’œil à « Gare au Jaguar » de Joey Starr lui-même inspiré par « Gare aux gorille » de Brassens ! Et toute cette rage, cette violence du monde que dénonce l’artiste de se retrouver ici. Dans cette œuvre. Si douloureuse. Car sur deux ans, Lévêque a réalisé son œuvre dans un hôpital pour enfants souffrant de troubles psychiques. Leurs yeux ne clignent pas. Leurs yeux ne se ferment jamais. De ce fait, l’œil est vu à travers un œilleton et comme dans un miroir, en y regardant de plus près, l’iris reflète la silhouette de l’artiste. Regard donc intense et troublant. Scrutateur. Alors, qui regarde qui ? « Claude Lévêque. Le crépuscule du Jaguar », Maison européenne de la photographie, 5/7, rue de Fourcy, 01 44 78 75 00. Du 24/06 au 30/08/09. Ouvert du mercredi au dimanche. www.mep-fr.org. (Claude Levêque étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée du site à la fin de l'exposition. ) |
Toute la grâce de Véronique Ellena Paris, galerie Alaine Gutharc du 07/07 au 13/09/09 | | « L’idée fondamentale de la série est de chercher ce lien, ce moment de transition, durant l’espace d’un instant, entre la vie et la mort. C’est aussi de montrer très frontalement une mystérieuse, triste et cruelle beauté ». Véronique Ellena, née en 1966, dit tout ou presque tout. Après ses "Voyages pittoresques", dans sa nouvelle série « Natures mortes » réalisée lors de son séjour à la Villa Médicis en 2007, elle révèle ses interrogations sur l’état de transition. Sa quête : le moment de grâce. Et c’est avec des moyens classiques dans un espace classique qu’elle a réalisé ces photographies sublimes et sensibles. | | Avec une chambre photographique qui supprime toute désinvolture. Avec une préparation très pensée de l’image. Avec une recherche nécessaire de la poésie. Une oeuvre à approcher doucement. Tout doucement. Nous avions parlé de Véronique Ellena lors de son exposition galerie Alain Gutharc. « Natures mortes, Véronique Ellena », Galerie Alain Gutharc, 7, rue Saint-Claude, 75003 Paris. 01 47 00 32 10. Du 14/03 au 09/05/09. www.alaingutharc.com Image : "Les brioches, série des Natures Mortes", Véronique Ellena, 2008, courtesy galerie Alain Gutharc, Paris. www.veronique.ellena.free.fr Rencontres d'Arles, Arles, prix découverte du 07/07 au 13/09/09. 04 90 96 76 06. www.rencontres-arles.com |
Nan Goldin, la vie, le sexe, moi et les autres... Arles, les Rencontres du 07/07 au 13/09/09 | Nan Goldin regarde. Elle explore. Elle et les autres. Elle et ses proches. Depuis plus de trente ans ses photographies montrent une sorte de journal intime qui s’étend de Boston à Berlin, de Londres à Tokyo… Son but ? Réaliser un portrait de son époque. Le cœur de son œuvre ? L’intimité. La sexualité. Et ses images de former comme des phrases musicales, de se répondre l’une l’autre en jouant sur l’ambivalence et la complexité. Drôle de travail qui ne | se situe guère où se situe partout. Dans la poésie, le roman-photo, le cinéma, la littérature, la photographie d’art et le cliché amateur. La photographe regroupe ses images. Là les femmes seules. Ici en groupe. Plus loin, les hommes seuls puis également en groupe. Enfin suivent les enfants, le mariage, les couples et la mort. Comme elle l’écrit elle-même : « ceci est ma famille, mon histoire ». Nan Goldin, 40 ans de rupture, invitée spéciale, « The Ballad of sexual dependency », Les Rencontres d’Arles, Arles du 07/07 au 13/09/09. 04 90 96 76 06. www.rencontres-arles.com . Nan Goldin étant représenté par l'ADAGP, la photo de son oeuvre a été retirée à la fin de l'exposition. |
Gérard Uféras Paris, Maison européenne de la photographie du 15/04 au 14/06/09 | | Gérard Uféras fait définitivement rêver. Ce co-fondateur de l’agence Vu, grand admirateur d’Henri Cartier Bresson, Kertesz et Koudelka, cherche tout simplement à faire partager son propre émerveillement. Et c’est dans des mondes de beauté et d’élégance qu’il évolue. Entre l’Opéra de Paris et la grâce extraordinaire de ses danseurs. Dans les coulisses des défilés de mode où il se faufile pour mieux en capter les secrets. « Lorsqu’une telle fusion s’établit entre l’esprit et le cœur, c’est qu’on se et le cœur, | | c’est qu’on se trouve face à un très grand artiste, confie son ami de toujours Willy Ronis. On voudrait employer un mot très fort, mais on n’ose pas, alors on dit qu’on est devant le grand mystère qui se nomme la Grâce ». Une exposition ? Un ravissement.
« Gérard Uféras. Etats de grâce », Maison européenne de la photographie, 5/7, rue de Fourcy, 0144787500. Du 15/04 au 14/06/09. www.mep-fr.org. (Image: Courtesy Gérard Uféras). |
William Eggleston, maître de la couleur Paris, Fondation Cartier pour l’art contemporain du 04/04 au 21/06/09 | | Après Déserts en 2000 et Kyoto en 2001, la troisième commande de la Fondation Cartier réalisée par le photographe américain William Eggleston né en 1939 à Memphis, concerne Paris. Comment le célèbre coloriste va-t-il interpréter la ville ? Qu’est –ce qui va le toucher ? L’attendrir ? En tous cas, il s’est promené dans la capitale, renouvelant l’approche de ses pères et se promenant dans les pas d’Atget ou Henri Cartier Bresson dont il revendique l’héritage. « Lorsque les gens me demandent ce que je fais, raconte Eggleston, je leur répond que je fais des photos de la vie d’aujourd’hui ». Et le voilà qui immortalise deux enfants jouant dans un café, des motos arrêtées au feu rouge, des graffitis peints sur les murs, des passants anonymes… Ici pas de Tour Eiffel, encore moins d’Arc de Triomphe ou autre ! Eggleston s’attache à un reflet sur le sol, des fleurs en plastique, un bout de jambe caché derrière un livre… Mais le roi de la couleur ne se laisse jamais aller. Le cadrage, la mise en forme coupent, découpent chaque image, chaque vision qui devient œuvre. Chaque regard devient vision. Chaque motif transmet l’émotion. Eggleston donc, maître de la photographie. Mais aussi Eggleston peintre. Oui, peintre. Avec la présentation d’une série de toiles qui lui ressemblent. Abstraites et colorées. Vivantes. Inspirées d’un Kandinsky. Et de la musique. Cette musique qu’il peut écouter pendant des heures et qui soutient, tient sa création. « William Eggleston », Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261, boulevard Raspail, 758014 Paris. 01 42 18 56 50. Du 04/04 au 21/06/09. www.fondation.cartier.com Images : courtesy Eggleston Artistic Trust, courtesy Cheim and Read, Nex York. |
Riccardo Zipoli, zoom sur les fenêtres de Venise Paris, MEP du 15/04 au 14/06 | | « L’aspect illusoire de notre existence était caché entre les voiles, le fait de penser à toi est un miroir, et il en fait découvrir les secrets ». (poème persan de Bidel). Telle est la très belle phrase d’introduction à cette exposition qui fait pénétrer le visiteur dans la ville éternelle. Zipoli entraîne entre réalité et fiction dans une Venise bien particulière. Choisie. Il en saisit les fenêtres et leurs reflets. Et c’est comme par magie que dans ces cadres merveilleux des palais et demeures légendaires que se reflètent les dômes, les arbres, les clochers, les nuages et les architectures de Venise. Cette exposition absolument poétique enchantera les amoureux de cette superbe cité. Et les autres. « Riccardo Zipoli. Venise aux fenêtres », Maison européenne de la photographie, 5/7, rue de Fourcy, 75004 Paris. 01 44 78 75 00. Du 15/04 au 14/06/09. www.mep-fr.org ( Image : "Venise aux fenêtres", 2004-2006, courtesy Riccardo Zipoli.) |
Jean-François Rauzier, entre Orient et Occident Paris, galerie Basia Embiricos du 06/05 au 07/06/09 | | "J'ai toujours été fasciné par le Japon et sa culture, explique Jean-François Rauzier. J'ai déjà réalisé une série de Haïku photographiques inspirés par mes nombreuses lectures de maîtres japonais. La lecture du chef d'oeuvre de Kawabata "les Belles endormies" a été comme un détonnateur pour moi. Ce livre fait totalement écho aux thèmes récurents de mon travail sur le rêve et l'illusion... L'histoire de ces photos est donc celle du livre de Kawabata tout en restant imprégnée de culture française. Proche de Bathus, les décors viennent de châteaux de France et notemment du Palais du Luxembourg à Paris". Miroir du monde, miroir de l'âme, Jean-François Rauzier entraîne le spectateur dans un univers merveilleux totalement imaginaire. De plus chaque image monumentale est composée de plusieurs centaines de gros plans rassemblés numériquement. Un travail de titan au résultat qui joue et rejoue sur les références dans un jeux qui n'appelle que la beauté. | | Galerie Basia Embiricos, 14, rue des Jardins St Paul, 75004 Paris. 01 48 87 00 63. www.galeriebasiaembiricos.com (Image courtesy galerie Basia Embiricos et l'artiste.) |
Ambroise Tezenas à l'heure chinoise Paris, galerie Philippe Chaume du 16/04 au 30/05/09 | | Né en 1972 à Paris, Ambroise Tezenas a fait ses études de photographie en Suisse. Basé à Londres puis à Paris, il consacre l’essentiel de son travail aux paysages. Son œuvre consacrée à Pékin se situe entre 2001 et 2005. Et le voilà qu’il happe les changements de la ville avant les fameux Jeux Olympiques. Il montre magnifiquement ces maisons, ces quartiers anciens en ruine avant leur totale destruction pour cette manifestation internationale dont il faut être à la hauteur. Témoin d’un total changement, de l’abolition du centre historique de Pékin, il donne à voir avec une superbe subtilité, quelque chose qui ne sera plus. Une Chine transformée en Eldorado de multinationales. | « Pékin, Théâtre du peuple. Photographies de Ambroise Tezenas », galerie Philippe Chaume, 9, rue de Marseille, 75010 Paris. 01 42 39 12 60. Du 16/04 au 30/05/09. www.galeriephilippechaume.com (Image courtesy Philippe Chaume , Paris et Ambroise Tézenas) |
Martine Mougin Paris, Schoolgallery du 31/03 au 07/05/09 | Martine Mougin a séjourné plusieurs fois aux Pays-Bas. Et c’est au cours d’une résidence à la Foundation Mirta Demare en 2008, à Rotterdam, qu’elle réalise cette série. Venue pour un travail sur les éoliennes, la voilà fascinée par les ports et leurs paysages industriels. Du coup ce sont les containers, les grues, les cargos et les gigantesques pylônes que son œil photographique retient. Bernd et Hilla Becher se sont penchés sur son épaule, Mondrian la frôle. Et c’est « une beauté non intentionnelle » comme le dit l’artiste | | | qui émane de sa création. Des zooms sur cet univers industriel, des aplats de couleurs vives soupçonnent, cachée derrière la photographe, une plasticienne férue de graphisme et de couleurs. La voilà qui transcende donc l’image pour dégager un univers géométrique abstrait et coloré. Sans aucun doute, les œuvres de Martine Mougin montrent toute la beauté de nos « Temps modernes ».
« Martine Mougin, Photographies », Schoolgallery, 81, rue du Temple, 75003 Paris. 01 42 71 78 20. Du 31/03 au 07/05/09. www.schoolgallery.fr |
Au ciel avec Minot et Gormezano Paris, MEP du 04/02 au 05/04/09 | Depuis 25 ans, Gilbert Gormezano et Pierre Minot cheminent ensemble sur les sentiers du réel. Ici, le visiteur grimpe, grimpe, grimpe, haut. Très haut. Entre ciel et terre. Dans les reflets vibrants du cœur du monde. Le Yin et le Yang ne sont pas loin. Comme si les leçons du célèbre calligraphe Shitao avaient fait leur nid au centre de ce travail de l’indicible. Dans ces paysages magiques où les nuages s’emparent de la montagne ou la montagne caresse les nuages l’opacité jongle avec la transparence, le palpable avec | | | l’impalpable. Parfois une figure apparaît, souvenir du romantisme et des peintures de Friedrich donne une vibration supplémentaire à ces paysages aux frontières du réel et de l’imaginaire. La Maison européenne de la photographie présente « L’Ombre, le Reflet », qui retrace l’itinéraire des deux photographes en dialogue avec le philosophe Robert Misrahi. « Mino – Gormezano. L’ombre, le Reflet », Maison européenne de la photographie, 5/7, rue de Fourcy, 75004 Paris. 01 44 78 75 00. Du 04/02 au 05/04/09. www.mep-fr.org. (Image : "Le Haut pays VI", 2005, courtesy Minot Gormezano. ) |
Entre les ruines de Sophie Ristelhueber Paris, Jeu de Paume du 20/01 au 22/03/09 | Cette exposition montre le travail de la photographe depuis 1984 à aujourd’hui. Car depuis 20 ans, Sophie Ristelhueber s’interroge sur le territoire et son histoire. Et loin de tout photoreportage classique, elle s’attache à une approche singulière des ruines et des traces. Empreintes de l’histoire, traumatismes des corps, paysages dévastés, elle se concentre sur les cicatrices et les chocs. Ici, le temps s’arrête. La mémoire se brouille. Comme perdus dans ces images déformant notre vision de choses. Après être allée au Koweit et en Yougoslavie, elle a travaillé sur le département du Var sur lequel elle a réalisé une série plus sereine de plus | | | d’une vingtaine de photographies. En 2001 elle sillonne l’Irak et n’en retient qu’une palmeraie dévastée. En 2007, elle est invitée à réaliser une œuvre sur le parc naturel du Vercors. Là, contrairement aux attentes, toujours hantée par la souffrance, elle réalise un film sur le souvenir et la résistance de la nature face aux destructions provoquées par l’homme. En 2008, Sophie Ristelhueber réalise un film spécialement pour l’exposition sur l’état physique et moral des vêtements militaires, inscrivant cette fois le corps dans son travail. « Sophie Ristelhueber , Jeu de Paume, 1, place de la Concorde, 75008 Paris. Du 20/01 au 22/03/09. www.jeudepaume.org (Image : Sophie Ristelhueber, "Eleven Blowup, 2006; impression numérique couleur sur papier, collée directement sur le mur, collection de l'artiste, courtesy Sophie Ristelhueber/ADAGP, Paris, 2009) |
Terriblement faux ou beau ? Paris, Galerie Esther Woerdehoff du 20/02 au 18/03 | | Une mise en abîme. Un vertige esthétique. Entre le beau qui devient terrible et cruel et le beau quasi idéal. Entre le quotidien, la désolation et l’esthétique, l’artifice. Avec les superbes portraits féminins de Gilles Berquet, le regard humoristique de Pierre Croquet, la beauté idéale de Herlinde Koelbl. Et de l’autre la tristesse des images d’Arthur Tress, l’inquiétante étrangeté de Philippe Calandre. Ici naît la célèbre Unheimlichkeit de Freud. « Terriblement beau -Terriblement faux », galerie Esther Woerdehoff, 36, rue Falguière, 75015 Paris. Du 20/02 au18/03/09. www.ewgalerie.com Image : Arthur Tress, "Boy with Roots Hands", 1971, courtesy galerie Esther Woedehoff, Paris. |
Mark Lewis, la photo cinématographique Nogent-sur-Marne du 19/03 au 17/05/09. | | Depuis de longues années, le travail de Mark lewis s’admire galerie "Serge le borgne". Celui-ci le représente magnifiquement à Paris et lui offre d’exceptionnelles expositions. Aujourd’hui l’artiste canadien présente son travail à Nogent-sur-Marne. Il y dévoile ses dernière œuvres où il étudie toujours de nouvelles présentations de l’image en mouvement. Il donne à voir ainsi un « simulacre de cinéma » qui plonge le visiteur entre une peinture et une photographie quasi cinématographique. | « Mark Lewis », Maison d’art Berbard Anthonioz, 16, rue Charles-VII, 64130, Nogent-sur-Marne. Tél. : 01 48 71 90 07. Du 19/03 au 17/05/09. www.marklewisstudio.com Image : "5252 Washington bld", Courtesy galerie serge le borgne, Paris |
Israël Arino chez Madame de Sévigné Vitré jusqu'au 1er mars | Israël Arino a réalisé 500 photographies du jardin de madame de Sévigné. Il a choisit ce lieu symbolique, quasi mythologique pour mieux y ressentir l’âme et la contemplation. Aller au plus près des sens. Frôler la symbolique. S’enlacer avec le souvenir. Rendre hommage à une femme. Et quelle femme ! Le photographe tend à imaginer un espace de fiction. Tendre vers l’invisible. Mieux voir la nuit. S’imprégner du silence de la nuit. Comme dit Henri Michaux, « entrer dans le noir avec toi »…Naissent les images d’« un monde flottant » où l’arbre devient un symbole, entre l’homme et la nature. Entre la nuit et le jour. Entre. Un être qui meurt et ressuscite. A chaque saison. | | « Israël Arino, Un jardin à Vitré/Images d’un monde flottant », Nouvelle galerie de l’Artothèque, 52, rue Poterie, 35500 Vitré. 02 99 75 07 60. Jusqu'au 1er mars. Image : Un jardin à Vitré, courtesy Israel Arino. |
Robert Frank, révolutionnaire ! Paris, Jeu de Paume jusqu'au 22/03/09 | Avec sa vision totalement nouvelle de l’Amérique, Robert Frank a changé l’histoire de la photographie. Ce jeune suisse, fils d’une famille juive aisée qui s’est réfugiée pendant la seconde guerre mondiale à Bâle, mène une vie relativement sereine. Il découvre la photographie à 12 ans. Et fait son apprentissage en 1941, à 17 ans, chez le photographe et graphiste Hermann Segesser qui l’initie à l’art moderne, en particulier à l’œuvre de Klee. | | | En 1947, il délaisse les conventions bourgeoises et quitte la Suisse pour le Etats-Unis. Il bénéficie d’une bourse du Guggenheim et parcourt le pays pendant plus d’un an, de 1954 à 1955 avec sa femme et ses deux enfants. Le résultat : un bouleversement de l’histoire de la photographie. Et fait naître une nouvelle iconographie où des visages et des paysages anonymes prennent une nouvelle dimension. Leur publication fait l’effet d’une bombe. « Lorsque les gens regardent mes photos, je voudrais qu’ils éprouvent la même chose que quand ils ont envie de relire les vers d’un poème », explique t-il. Incompréhension. Seul Kerouac et les beatniks l'adorent. Il poursuit sa démarche par des films expérimentaux. La mort de ses deux enfants en 1974 et 1994 le rendent totalement introspectif : « je regarde toujours l’extérieur pour essayer de regarder l’intérieur, pour essayer de trouver quelque chose de vrai mais peut-être rien n’est-il jamais vrai ». Il ouvre ainsi une voie à toute une nouvelle génération de photographe. « Robert Frank », Jeu de Paume, 1, place de la Concorde, du 20/01 au 22/03/09. Voir www.jeudepaume.org Image : "Paris, 1949-1952", Robert Frank, courtesy 2008 Robert Frank. |
L'univers parrallèle de Sarah Dobai Paris, galerie Zürcher jusqu'au 03/01/09 | Aimer l’univers de Sarah Dobai. Le regarder. Le contempler. S’en imprégner. Ses paysages et ses corps nous avaient déjà profondément séduits. Aujourd’hui, ses nouveaux thèmes. Moins séduisants. Plus austère. Plus inscrits dans une contemporanéité urbaine ou semi-urbaine, passages publics, couloirs, escaliers…. apparraissent comme des “théâtres de la consommation”. Comme ses personnages pris en studio. Leur attitude se veut impersonnelle peut êre pour que le regardeur s’y retrouve. S’y voit. s’y surprend. Vite. Très vite. Avant leur disparition. Sa propre disparition. Notre disparition. Austère peut-être mais tellement inscrit dans la subtilité,le raffinement, la recherche | | | qualitative de la lumière. Alors austère n’a presque plus sa définition ici. C’est alors une austérité plutôt ténue, mystérieuse et … éblouissante. “Sarah Dobai”, galerie Zürcher, 56, rue Chapon, 75003 Paris. Du 08/11 au 03/01/09. www.galeriezurcher.com. (Image, “Sarah Dobai, “Yellow Corridor”, courtesy galerie Zürcher; à droite, “Keiji”, courtesy galerie Zürcher.) |
Patrick Faigenbaum, au coeur de l'intime Grenoble, musée de Grenoble jusqu'au 01/02/09 | | Beaucoup connaissent les images de Patrick Faigenbaum réalisées lors de son séjour à la Villa Médicis. Ses portraits tirés tout droit de familles aristocratiques italiennes et ses images d’empereurs romains réalisées au milieu des années 80. Depuis, l’homme reste son sujet pricipal. Qu’il soit intégré dans des vues urbaines, des paysages, des natures mortes. Même absente, laprésence humaine semble là. Tout près. Depuis 15 ans aussi, le photographe voyage. Il parcourt l’Europe au gré de ses commandes. Et le voilà qui fixe le portrait des villes traversées. Prague. Brême, Barcelone, Tulle… et renoue ainsi avec la forme du reportage. Bien sûr l’élément principal de ses compositions, la lumière demeure. | | Toujours travaillée. Filtrée ou crue. Jouant de l’épaisseur du temps. Et dans ses superbes natures mortes, Caravage semble revivre. Cézanne aussi. la mémoire, la sienne et la nôtre jouant des tours et des détours. “Patrick Faigenbaum. Oeuvres 1973-2008″, Musée de Grenoble, 5, place Lavalette, 38000 Grenoble. 04 76 63 44 11. Du 22/11 au 01/02/09. www.museedegrenoble.fr Image : Patrick Faigenbaum, “Raphael à la guitare”, Paris, 2004, collection de l’artiste, Courtesy Patrick Faigenbaum |
Evènement : Lee Miller, la beauté libre Paris, Jeu de Paume jusqu'au 04/01/09 | | Cette retrospective unique montre l’extraordinaire parcours de Lee Miller, à la fois égérie, mannequin, muse des surréalistes, compagne et assistante de Man Ray et bien sûr, photographe. Venues des plus grandes collections de renommée internationale, plus de 150 oeuvres qui montrent dévoilent à quel point le travail de Lee Miller est d’une poésie à couper le souffle. Et presque en avance sur son temps. Sa merveilleuse beauté inspira entre autres Jean Cocteau qui lui donna l’un des rôles principaux de son film “Le Sang d’un poète”. | Surtout prenez votre temps et ne ratez surtout pas le documentaire fantastique réalisé notamment avec l’aide de son fils sur la vie tumultueuse et absolument étonnante de cette femme photographiée à 17 ans nue par son père, mannequin et photographe pour Vogue, femme de Man Ray, de Roland Penrose, d’un riche égyptien, photo reporter pour l’armée américaine qui fut l’une des premières à découvrir et prendre des photos des camps de Dachau et Buchenwald….et à investir l’appartement déserté par Hitler, y prenant le bain dans sa naignoire comme l’un de ses grands amis photographe…. Et se chercha tout au long de sa vie au travers de ses photos. “Lee Miller”, Jeu de Paume, 1, place de la Concorde, 75001 Paris. www.jeudepaume.com. Du 21/10 au04/01/09. (Images : courtesy Lee Miller Archives, England 2008. All rights reserved www.leemiller.co.)uk |
Sarah Moon on the moon Paris, galerie Camera Obscura jusqu'au 06/12/08 | Sarah Moon apparaît comme une étoile filante de la photographie d’aujourd’hui. Depuis les années 70, elle hante aussi bien les images des publicités de Cacharel, les podiums de mode que les cimaises des expositions. Son livre “12345″ composé de cinq chapitres et de nombreuses photographies dévoile une oeuvre magnifiquement accomplie avec une esthétique reconnaissable entre mille comme on peut le voir galerie Camera Obscura. Une exposition qui vous assaille de beauté. “Sarah Moon”, Galerie Camera Obscura, 268, bd Raspail, 75014 Paris.01 45 45 67 08. Jusqu’au 06/12/2008. Livre aux éditions Delpire. (Images : “L’avant-dernière”, Sarah Moon, courtesy galerie Camera Obscura) | |
Super Glam' par Patrick Demarchelier Paris, Petit Palais jusqu'au 04/01/09 | C’est le photographe super glamour d’aujourd’hui. Après le flou et la plongée dans la quotidienneté dans ce qu’elle a de banal comme d’horrible des années 70, Patrick Demarchelier apporte toute l’élégance et la subtilité des années 90. Il les a toutes eues devant son appareil. Les plus belles. Les plus sexy. Les plus séduisantes. Lady Diana, Madonna, Scarlett Johansson, Nicole Kidman, et on passe. Il les a métamorphosé en princesses des mille et une nuit et en belles de contes de fées. Bien sûr son palmarès presse est imprenable puisqu’il a réalisé des reportages pour Glamour, Mademoiselle, Elle, Vogue sans oublier ses campagnes de presse pour Dior, Chanel ou Versace. C’est encore lui qui a immortalisé Karl Lagerfeld, Bill Clinton ou Jean-Paul Gaultier. Une star parmi les stars… Et nos yeux qui pétillent. | | “Patrick Demarchelier. Image et mode au Petit Palais”, Avenue Winston Churchill, 75008 Paris. 01 53 43 40 00. Jusqu’au 04/01/09. (Image : “Madonna”, 1990, courtesy Patrick Demarchelier) |
Les Seventies sans complexes Paris, BNF jusqu'au 25/01/09 | | Au coeur des Seventies ! Avec des images devenues historiques; De ces images audacieuses et fantastiques d’un quotidien transcendé. Voici les premiers personnages totalement hors normes de Diane Arbus, la jeunesse choc et dénudée de Larrry Clark, les people de Larry Fink. Voici encore les premiers “snapshots” du mythique ouvrage américain de Ken Graves. Enfin fini les poncifs et les conventions ! Déboulent comme une vague dévastatrice mais bienheureuse, les Robert Frank, Lee Friedlander, Ed Rusha, Walker Evans… Avec leurs flous artistique, leurs superpositions accidentelles, leurs compositions et cadrages hyper atypiques et déjantés que nous envoie l’Amérique de cette incroyable décénie libertaire qui danse sur les airs androgynes de David Bowie. “Seventies. Le choc de la photographie américaine”, BnF, site Richelieu; Galerie de Photographie, 58, rue de Richelieu, 75002 Paris. 01 53 79 59 59.. Du 29/10 au 25/01/09.( Image : Série “Déjà vu”, 1973, BnF, courtesy Ralph Gibson.) |
Les yeux bridés Paris, Mois de la photo et Paris Photo au Carroussel du Louvre du 27/10 au 30/11 et du 13 au 16/11/08 | | D’abord, il y a Paris photo au Carroussel du Louvre. Avec 107 exposants de 19 pays différents ! Avec à l’honneur le Japon. En effet, ce premier pays d’Asie à avoir adopté la photographie en 1850, s’impose désormais sur la scène artistique internationale. Mais c’est un panorama exceptionnel qu’offre Paris photo avec des images rares de l’ère Meiji, des expériences des années 30 et bien entendu tout la production photographique contemporaine avec comme emblème le plus que célèbre Araki dont une galerie américaine a fait un magnifique one man show. Ambiance en tout les cas toujours chaude dans les belles allées du Carroussel où comme vous pouvez le voir dans le diaporama ci-dessus, on trouve beaucoup de chef-d’oeuvres, d’amateurs et d’acheteurs. Mais il y a aussi le Mois de la photo qui se veut cette année “entre tradition et mutation”. Musées, institutions, galeries, tous se mobilisent pour montrer aussi bien mouvements historiques que la photographie européenne contemporaine. Avec ses célébrités, ses artistes confirmés comme de jeunes talents. Alors que Beaubourg dévoile “Les expérimentations photographiques en Europe des années 20 à nos jours”, le Musée d’art Moderne de la Ville de Paris montre” Objectivité” avec tous les acteurs de la photographie de l’Académie des beaux art de Düsseldorf tandis que le Jeu de Paume offre un merveilleux regard sur l’oeuvre de Lee Miller. … Bref un Paris qui offre à chaque détour de galerie ou de musée une nouvelle découverte, de nouvelles aventures visuelles. “Paris photo”, Carroussel du Louvre, 75001 Paris. www.parisphoto.com Du 13 au 16/11. Le mois de la photo du 27/10 au 30/11. (Diaporama Christine Barbe) |
Des japonaises en fleur Paris, Colette du 03/11 au 29/11/08 | | Voici en exclusivité le travail d’un jeune japonaise exposant pour la première fois en France dans le cadre de Paris-Photo spécial Japon. Tomoko Sawada se prend elle-même en photographie pour représenter la jeune génération de Tokyo. Elle a crée ainsi sa dernière série “Décoration” dans laquelle elle décrit ce type de mouvement de mode comme étant un symbole de la culture “KAWAI” mais aussi comme étant un style typiquement japonais. A découvrir à l’étage chez Colette. “Tomoko Sawada”, Colette, 213, rue Saint-Honoré, 75001 Paris. www.colette.fr Du 03/11 au 29/11/2008 |
Coup de coeur : Guillaume Lemarchal, sublime désolation, Paris, galerie Michèle Chomette du 06/11 au 17/01/08 | | Le jeune photographe vient d’obtenir le prix HSBC. “Je m’intéresse aux zones de troubles, de douleur, de blessure, et le fil conducteur est la mémoire. Mais je ne parle pas du lieu en question ni de son identité. Je veux laisser une liberté au regard… J’ai cherché des lieux qui pouvaient faire écho à une mémoire collective et individuelle”, explique t-il dans les pages du Monde. Pourtant ses paysages désolés, le choix pertinent des sujets, le regard toujours scrutateur, en éveil, ses compositions fouillées et savantes, ses jeux subtils entre les formes, ses couleurs tristes et souvent froides, le tout balayé par une lumière rasante et d’une extrême douceur reflètent une véritable “unheimlichkeit”, un dépaysement, une inquiétante étrangeté qui fait rêver et fascine. Absolument. | | "Guillaume Lemarchal. Paysages exfiltrés. 2005-2008″, galerie Michèle Chomette, 24, rue Beaubourg 75003 Paris. 01 42 78 05 62. Du 06/11 au 20/12. Livre “Paysages de l’après”. Actes Sud, 25 euros. (Image : ci-dessous, “Salon de musique I, Ukraine, 2008. Photographie couleur marouflée sur aliminium, Courtesy galerie michèle Chomette, Paris. Ci-dessus, “Zone III”, Ukraine 2008, Courtesy galerie Michele Chomette, Paris) |
Lilou a dit (18-05-2009 16:10:14):
Fabienne a dit (18-05-2009 16:10:52):
Philippe a dit (18-05-2009 16:11:33):
Emmanuel a dit (04-09-2009 17:28:35):
Seb a dit (14-10-2009 13:03:36):
Jacques a dit (14-10-2009 13:05:26):
Laissez un commentaire
|
|
|
|
|